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CHAPITRE IX

Arrivée du grand-duc de Bade. — Une brigade à inspecter. — Un combat de parade. — Le défilé devant une Altesse. — La conférence. — Sainte-Odile. — Les manœuvres de division.

— Critique des méthodes allemandes. — L'initiative des. chefs. — La discipline et le silence. — Quelques anecdotes.

— Un trompe-l'œil.

Les manœuvres de brigade touchaient à leur terme. Les troupes allaient quitter Strasbourg pour commencer les manœuvres de division. Je désirais assister, avant de les suivre, à la revue d'inspection du grand-duc de Bade.

Le 5 septembre, ce prince fut reçu à la gare par les généraux de Fransecky, de Ziemietzky, Berger et Verdy du Vernois, accompagnés d'un nombreux étatmajor en grande tenue. Après les présentations d'usage et avant de monter en voiture pour traverser la ville, dont les établissements publics étaient pavoises de loin en loin de drapeaux badois rouges et jaunes mêlés aux drapeaux prussiens, le grand-duc avait informé le général de Fransecky, commandant

lo8 LE RHIN FRANÇAIS.

en chef du 15e corps, qu'il commencerait le lendemain malin son inspection par les six bataillons de la 61« brigade (général Berger).

L'Altesse descendit à l'hôtel de la Ville de Paris, sous le porche duquel on avait placé deux sentinelles devant d'énormes guérites jaunes et noires. Il y eut visite des autorités, le président supérieur en tête, dîner de réception, et le soir retraite aux flambeaux par les musiques de la garnison, au milieu de l'inattention générale. Les porte-torches, en passant sous le -balcon du grand-duc, poussèrent énergiquement le hourrah réglementaire.

Le lendemain, il me fut facile de suivre en voiture les manœuvres, un certain nombre de curieux et surtout de curieuses d'outre-Rhin ayant obtenu la faveur de suivre l'état-major de l'Altesse. Nous formions ainsi un convoi qui tantôt fuyait devant l'attaque des troupes, tantôt les poursuivait dans leur retraite.

Dès six heures, le régiment rhénan n" 25 et le régiment saxon n" 105, sous le commandement des colonels de Bosse et Hulsemann, étaient massés en grande tenue d'été, pantalon blanc tombant sur la botte, derrière les buttes du polygone, dans les immenses terrains situés à k kilomètres de Strasbourg. Le brouillard du matin s'était dissipé et le soleil

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