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CHAPITRE IX

déjà brûlant nous annonçait une belle matinée.

Le grand-duc arriva en voiture découverte jusqu'au milieu du village de Neudorff, où l'attendait son état-major, monta à cheval vers sept heures, et fut reçu à rentrée du polygone par le général Fransecky. De petite taille, bien pris dans son uniforme de général d'infanterie, portant sa barbe grisonnante demi-longue et montant un cheval bai-brun plein de feu, le grand-duc traversa au galop le champ de manœuvres côte à côte avec le général Fransecky, reconnaissable à sa haute stature, à sa taille élancée, à ses longs favoris blancs flottant au vent. Tous les généraux présents à Strasbourg, ainsi que les officiers supérieurs d'état -major, faisaient partie du cortège qu'escortaient de beaux officiers de gendarmerie à la tunique verte, au collet brodé d'or.

Après une courte conférence sur le terrain , le grand-duc, prenant le trot, parcourut le front des six bataillons rangés en bataille et. terminant en quelques minutes cette inspection sommaire, alla se placer, accompagné seulement de ses aides de camp, à 1,500 mètres environ de la brigade, sur un mamelon, au pied des buttes. Les troupes, maintenant disloquées, lui faisaient face et prenaient régulièrement leurs dispositions de combat sur un front d'environ 800 mètres.

Placé au sommet de l'une des buttes, je distinguais à la lunette leurs moindres mouvements.

Les tirailleurs eurent bientôt pris leur distance, couvrant toute la ligne de bataille, très rapprochés les uns des autres, presque coude à coude, alignes. Je remarquais avec intérêt, la chose étant nouvelle pour moi, que les tirailleurs de chacune des unités tactiques laissaient entre eux, sur le front, un intervalle évaluable au quart environ de Tespace occupé par eux.

On pouvait compter, en d'autres termes, quarante tirailleurs déployés, un vide suffisant pour vingt hommes coude à coude, et ainsi de suite sur toute la ligne. Au fond de ces créneaux, ménagés à dessein, on apercevait les soutiens groupés, égaux en effectif à la Ugne des tirailleurs. Sur ce champ de bataille assez restreint, les soutiens ne se tenaient pas à plus de 100 mètres des tirailleurs. A 250 mètres des soutiens apparaissait le gros. Enfin, la réserve se tenait à 150 mètres du gros.

Au signal aigre et criard donné par les fifres, la ligne des tirailleurs, lentement suivie par les soutiens, se porta en avant, face aux buttes et au grandduc, par bonds successifs, se couchant et tirant à blanc tous les 30 mètres environ.

Une première résistance simulée entraîna l'arrêt

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