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CHAPITRE IX

de la ligne, sur laquelle se portèrent vivement les soutiens qui y exécutèrent des feux de salve très réguliers. Les tirailleurs se lancèrent de nouveau en avant, exécutant cette fois une immense conversion, et les soutiens reprirent leur place, sans à-coups, en seconde ligne.

Quelques minutes après, laligne des tirailleurs, parvenue aux principaux obstacles marques et repoussée de nouveau, fut enfin grossie parles soutiens cette fois complètement déployés.

'Renforcée, cette ligne, désormais continue, hérissée de baïonnettes, se jeta à corps perdu en avant, parcourant au pas de course 150 mètres sans tirer, se couchant ensuite franchement et donnant, avec énergie, tous ses feux, pendant que les colonnes formant le gros s'avançaient au grand pas accéléré, au son des tambours et des fifres grondant et sifflant la charge. Encore un instant, et la première ligne ramenée se couchait pendant que le gros exécutait à son tour des feux de salve debout. Ces unités tactiques se disséminaient également, et tous les bataillons engagés, sauf l'extrême réserve, formaient une seule ligne d'attaque de trois ou quatre hommes d'épaisseur.

Le spectacle devenait de plus en plus émouvant; les soldats, excités par leurs chefs, poussaient de longs

hourras. La masse se lança enfin, l'arme basse, à l'assaut des buttes.

Après un court repos, les mouvements inverses furent exécutés en retraite, un bataillon en équerre sur l'un des flancs, protégeant, par des feux de salve obliques, la reconstitution des autres.

La manœuvre étant terminée de la façon la plus satisfaisante, les troupes reformées s'apprêtèrent à défiler devant le grand-duc de Bade, entouré d'un nombreux état major, le général de Fransecky à sa gauche, les musiques lui faisant face.

Le général Berger commandant la brigade défila le premier, salua de Tépée et vint ensuite se ranger derrière le grand-duc. Les colonels et les majors, placés sur un rang, leurs adjudants derrière eux, suivirent. Puis les drapeaux et leur garde, enfin la troupe marchant le pas de parade cadencé la pointe à terre, en colonne serrée.

Aussitôt après le défilé, les régiments formèrent les faisceaux et tous les officiers montés ou non montés se réunirent en cercle autour du grand-duc et de rétat-major.

Le général Fransecky, commandant le 15« corps, commença à haute et intelligible voix la critique de l'opération, entrant dans les plus petits détails, interpellant les colonels et les majors, se plaignant du

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