‹ Le Rhin francaisChapitre 87 sur 166 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

cipe une grande supériorité numérique d'hommes et, par conséquent, de feux, sur un adversaire (le Français, par exemple) qui, trop préoccupé des anciennes méthodes en appliquant les nouvelles, lance sa première carte avec une certaine hésitation, n'ose pas jouer atout, et dissémine un peu trop sa chaîne.

La méthode allemande a ses avantages, mais il importe d'examiner si elle n'entraîne pas avec elle des conséquences graves, et si elle est applicable avec une autre armée que l'armée d'outre Rhin. Je constate tout d'abord que cette préoccupation bien marquée de l'état-major prussien à s'assurer une supériorité numérique de sa chaîne sur la nôtre, dès le début de l'action, l'entraîne, bien qu'il connaisse on ne peut mieux les effets foudroyants du tir actuel, à commettre une très lourde faute, au moins dans les combats simulés.

Dans aucun cas, je n'ai vu les soutiens massés (notons encore qu'il n'y a pas de renfort) assez éloignés de la chaîne. Ils étaient toujours en pleine zone dangereuse, aussi bien et même mieux placés pour subir d'énormes pertes, à cause de leur concentration, que les tirailleurs dispersés. Je vais plus loin et j'invoque ici le témoignage des spécialistes présents aux manœuvres, les attaques dont j'ai été

témoin auraient échoué contre des troupes de sangfroid, égales en nombre, usant du système actuellement en usage chez nous, les trois échelons. Leurs soutiens déjà décimés seraient arrivés en ligne, et par leurs feux de salve auraient probablement fait reculer la chaîne de l'ennemi grossie de ses renforts, question d'effectif, mais l'entrée en scène de soutiens absolument frais aurait rétabli victorieusement le combat.

Nos adversaires n'ont, à proprement parler, qu'une ligne de bataille placée dans la même zone dangereuse. Si nous rapprochons l'expérience des grandes manœuvres de 1879 en Alsace de certains faits connus de la guerre de 1870, nous verrons qu'à effectif égal, toute armée allemande dont le premier effort n'aurait pas été couronné de succès serait battue en subissant des pertes considérables. C'est par ce rapprochement des échelons de combat que s'explique le massacre de la garde prussienne à Saint-Privat-la-Montagne , le 18 août 1870, par la fusillade du 6* corps que commandait le maréchal Canrobert.

Que restait-il de ce corps d'armée après l'assaut manqué? Rien! Le rapport officiel allemand dit à ce sujet : « Le prince de Wurtemberg fut contraint d'interrompre son attaque et d'attendre la coopé-

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