COBLENCE
Depuis ce temps il fut comme transformé. Il ne se plaignit plus de voir sa race s'éteindre et la vieillesse enchaîner son bras, mais remerciait le ciel de lui avoir donné deux cœurs tendres et aimants pour dorer et embellir ses derniers jours.
Histoire. Le manoir d'Hammerstein, sur la rtve droite du Rhin, vis à vis du petit village de Namedy, est bâti sur une puissante masse de roche qui s'avance jusque près du Rhin; il se trouve près de la petite ville d'Andernach, jadis résidence des rois Francs Mérovingiens. Au 1 1© siècle ce chatecu appartenait au Gaugraf Otton le Salien et relevait de Tempire. Ce seigneur par suite de son mariage avec sa parente Ermengarde, encouru l'excommunication de Tarchevêque de Mayence Erkenbold et son château fut assiégé et pris par Henri II. Cette excommunication ne put le décider à abandonner son épouse et il lui testa fidèle jusqu'à sa mort. En 1374, Henri IV fit présent de ce manoir à Cuno de Falkenstein prince électeur de Trêves, et releva parconséquent de cette dernière principauté. L'archevêché dé Cologne en demanda la destruction après la paix de Westphalie.
Coblence.
Son histoire et le corporal Spohn.
Coblence, au confluent du Rhin et de la Moselle, dans un site de toute beauté, était au temps des Romains un château fort, nommé Confluentia, Cependant cette ville, relativement aux autres cités Rhénanes, ne se développa que très-lentement II est vrai que les rois Francs possédaient près des ruines de Tancien Castel Romain une cour royale (Cobolenka), mais cette ville dont le développement s'accentuait le long de la Moselle, resta longtemps une place peu importante. Ce ne fut que lorsque les Français, s'avançant chaque jour de plus en plus dans la contrée de la Moselle, forcèrent les princes de Trêves
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à fixer leur résidence, d'abord à Ehrenbreitstein, puis à Coblence, que cette ville commença à s'agrandir et à jouir d'une certaine prospérité. Vers la première moitié du 14e siècle, l'archevêque de Trêves, Balduin de Liitzelbourg, fit construire sur la Moselle, le beau pont qui resta longtemps un des plus remarquables monuments de la ville. Coblence fiit agrandi et transformé en 1884. Dans la guerre de 30 ans elle fut tour à tour assiégée et prise par les Suédois, les Français et les Impériaux; le terrible bombardement qu'elle eut à essuyer en 1688 de la part des Français en détruisit la plus grande partie. Lors de la révolution française, elle était le camp principal des émigrants et c'est du château de Schônbom , détruit peu-après, que le comte de Provence (Louis XVIII) et le comte d'Artois (Charles X) adressèrent leur protestation à Louis XVI. Pendant l'occupation firançaise elle fut, de 1798 au i^r janvier 1 814, le chef-lieu du département de Rhin et Moselle; après la guerre de l'Indépendance, elle devint par Ehrenbreitstein et ses forts détachés une place forte de premier ordre. Le château, construit de 1778 à 1786 par le dernier prince électeur Clément Wenceslas, fut en 1850 pendant quelques temps la résidence du prince royal de Prusse (L'empereur Guillaume I) et le séjour favori de l'impératrice Augusta, à laquelle Coblence est redevable de ses belles plantations du Rhin. Vis à vis de l'église St. Castor, se trouve la fontaine Castor que le dernier préfet fi-ançais à Coblence fit ériger à la mémoire de l'entrée des armées firançaises à Moscou, et sur laquelle il fit graver l'inscription suivante: » En l'an 181 2, remarquable par la campagne de Russie; sous la préfecture de Jules Douzon.« Lorsque les Français se retirèrent, le général russe St. Priest, après son entrée dans la ville, laissa cette inscription intacte, se contenant d'y
6o STOLZENFELS.
ajouter dans la même langue, la remarque suivante: »Vu et certifié exacte par nous Commandant russe de la ville de Coblence, i^r janvier i8i4.«
On raconte à Coblence ainsi qu'à Ehrenbreitstein un émouvant épisode de cette époque de guerres et de troubles.
Dans la bataille des trois empereurs, Napoléon se vit serré de si près à droite et à gauche par Tennemi, que ce ne fut qu' avec peine qu'il parvint à se faire jour et à se retirer. En fuyant, il s'engagea imprudemment dans un bosquet sans issues. L'empereur que les cosaques poursuivaient aurait été inévitablement perdu, si Spohn, ancien charpentier et depuis caporal dans le 36e de ligne, n'eut remarqué la position critique de son maître et volé à son secours.
— »A moi le cheval et le célèbre chapeau à cornes, s'écria-t'il ; puis fuyez et laissez moi remplir votre rôleî«
L'empereur se rendit à cette demande et prit le chapeau du caporal qui sauta sur le cheval de l'empereur. Entretemps, les cosaques qui n'avaient pas remarqué la métamorphose qui venait d'avoir lieu, arrivèrent et cernèrent le prétendu empereur. Lorsque le chef du détachement s'aperçut de la supercherie, il donna l'ordre de sabrer sans pitié le fidèle soldat Les cosaques obéirent Quelques instants après, Spohn tombait percé de coups, mais Napoléon échappa par cet héroïque dévouement aux mains de ses ennemis.