MARIENTHAL
avec une troupe bien armée dans les broussailles de la »bunte Kuh«. La nuit était survenue; une nuit noire et profonde, bien propice pour un coup de mains. Cependant du marchand et du chariot point de nouvelles. Enfin, après une longue attente un des bandits vint annoncer qu^ils approchaient. Le chevalier donne ses derniers ordres et chacun se prépare à l'attaque. Tout à coup le son argentin d'une sonnette se fait entendre. Dans la croyance que c'était un prêtre qui portait à un mourant les dernières consolations de la foi, le chevalier et ses satellites dont les crimes n'avaient pu étouffer dans le cœur les sentiments religieux, tombent à genoux en se frappant dévotement la poitrine. Le son se rapproche de plus en plus et le marchand s'éloigne. Il était déjà en sûreté, lorsqu'on reconnut le véritable motif de la sonnerie. A la lisière d'un fourré on vit apparaître une vache portant une sonnette au cou et qui errait à l'aventure. Furieux de cette grossière méprise, qu'ils attribuaient à Satan en personne, les bandits se relèvent avec d'horribles blasphèmes et le chevalier saisissant l'innocent animal le taille en pièces et le précipite dans l'Ahr. Quand cette délivrance extraordinaire fut connue dans la contrée, le peuple surnomma le rocher qui s'élève sur la route de Marienthal la »bunte Kuh«.