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appuyée d’inoculations négatives au cobaye, faites avec une grande quantité de liquide, en se souvenant qu'il faut utiliser largement les réinoculations, car pour les exsudats pleuraux ou articulaires, c'est là, souvent, le seul moyen de réactiver le virus tuberculeux atténué, qui est la cause de ces sérites.
Cependant les manifestations articulaires qui se voient au cours des pleurésies tuberculeuses, ne sont pas toujours dues au bacille.
Il en est qui sont manifestement d'ordre protéinique ; aussi bien, ne conviendrait-il pas de classer ces polyarthrites qui sont la conséquence directe de l’inflammiaton pleurale tuberculeuse, dans les rhumatismes tuberculeux ?
Chacun sait que les caractères des fluxions pleurales rhumatismales ne sont pas univoques. Il existe de nombreuses fluxions pleurales, ou pleuro-pulmonaires, survenant au cours du rhumatismie, qui font invinciblemen! songer à la tuberculose. Avec MM. A. Prc et P. DELORE, nous rangerons dans ce cadre :
— les pleurésies fixes étudiées par MM. Morrarp et Favre, à début.insidieux, évolution traînante, laissant souvent après elles des séquelles : adhérences ou symphyse.
— les pleurésies para-rhumatismales hémorragiques,
dont Srock a rapporté 3 cas constatés chez l'enfant.
— certaintes atteintes pleuro-pulmonaires, survenant au cours du rhumatisme : cortico-pleurites, splénopneumonies.
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La symptomatologie de ces affections est parfois très difficile à individualiser. F. BEzaANçoN, WEissManN, NET- TER et Mlle ScnERRER ont rapporté récemment un cas de maladie rhumatismale à longue précession pleurale, où les signes cliniques, l'évolution des lésions pleurales précédant les arthralgies, faisaient songer à la tuberculose. Mais ce diagnostic fut infirmé par des inoculations négatives. Dans tous ces cas, c'est le laboratoire qui doit avoir le dernier mot.
Il en est de même des cortico-pleurites rhumatismales, précédant les fluxions articulaires, et dont le diagnostic est parfois difficile, avec les cortico-pleurites tuberculeuses.
Le problème est donc infiniment complexe. 11 demande un sens clinique aiguisé, et surtout des examens de laboraltoire systématiques. |
b) Les polysérosites.
La prédilection du bacille tuberculeux pour les séreuses est à l’origine d’une forme particulière d'infection bacillaire des synoviales articulaires, en liaison avec d’autres sérites : ce sont les polysynovites qui entrent dans le cadre du rhumatisme articulaire subaigu : leur origine tuberculeuse est à peu près universellement admise. Si, dans ces cas, on ne discute pas la nature de l'atteinte pleurale, péricardique, méningée..…, il est bien difficile de nier que les lésions des synoviales qui coexistent avec ces dernières font seules exception à cette règle. De nombreuses observations ont été pubiées, nous ne citerons que les plus typiques.
LR nee.
Os. XVII. — Findlay.
Enfant de 9 ans, sans antécédents tuberculeux ni rhumatismaux, qui présente une première crise d’arthrites aiguës multiples qui dure 7? semaines.
Ce malade est vu à l’occasion d’une deuxième atteinte 4 mois après : douleurs articulaires généralisées, température élevée, sueurs profuses, anémie, insomnie, pouls rapide, toux. Existence d’un frottement péricardique et de frottements pleuraux à la base droite. Le traitement salicylé fait disparaître les arthralgies et la péricardite. Mais la fièvre persiste et quelques semaines pius tard, le malade meurt de méningite tuberculeuse.
Autopsie : aähérences pleurales, ganglions médiastinaux caséeux, péricardite hémorragique, granulations méningées.
OBs. XVIII. — Sergent.
Malade de 20 ans, issu d’une famille dont tous les membres sont entachés de tuberculose. Il présente une polyarthrite aiguë accompagnée de péricardite et de pleurésie dont le liquide tuberculise le cobaye. Aucune action au salicylate de soude.
Parfois même, à cette infection de plusieurs séreuses vient encore s'ajouter une signature évidente, et presque superflue, telle qu'une adénite suppurée. C’est le cas de l'observation suivante.
Ogs. XIX. — Caussade et A. Tardieu.
Jeune homme de 21 ans : mère tuberculeuse.
A 14 ans: Rhumatisme articulaire aigü violent qui dure 7 mois.
À 16 ans : Nouvelle crise qui dure 4 mois. .
À 17 ans : Troisième crise qui dure 3 semaines.
A l'entrée : Malade qui présente une micropolyadénopathie généralisée, une maladie mitrale et une symphyse du péri-
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carde avec hyposystolie. Peu après son arrivée à l'hôpital débute une crise de rhumatisme articulaire aigu qui dure 5 semaines. À son déclin, apparaissent une congestion pulmonaire localisée d’abord au sommet gauche puis au sommet droit, un épanchement pleural gauche, à formule lymphocytaire.
Enfin, une laryngite et une adénopathie carotidienne.
Ogs. XX. — Bezançon, de Gennes, Et. Bernard et Oumansky
Malade de 41 ans, sans antécédents tuberculeux, ayant eu à l’âge de 20 ans, une urétrite gonococcique avec polyarthrite aiguë. Il entre à l’hôpital pour une hydarthrose des deux genoux.
A 37 ans : Pleurésie séro-fibrineuse bilatérale, et péricardite.
A 39 ans : Hydarthrose du genou droit, dont le liquide tuberculise le cobaye.
A l'entrée : Hydarthrose des 2 genoux, indolore. Le liquide du genou gauche donne, sur Petroff, du Bacille de Koch en colonies.
Le coude gauche est ankylosé : les gaines synoviales du bras gauche sont distendues.
Légère hydarthrose du coude droit, des deux chevilles, des bôurses retro et sous-calcanéennes. Dyspnée vive, température subfébrile, pouls à 110, oligurie. Grosse dilatation du ventricule gauche.
Laboratoire : Bordet-W. : négatif.
Vernes. Résorcine 75. Besredka négatif.
Sédimentation 61 %, en 4 h. 50.
Inoculation du sang au cobaye donne une tuberculose ganglionnaire, avec bacilles acido-résistants.
Réactions à la tuberculine :
Cuti-réaction : forte, croûteuse et persistante, à plusieurs reprises. è
Sous-cuti et intra-dermo-réactions : réactions locales vives, au niveau des articulations malades, mais seulement des jointures à liquide puremeñt séreux, à l'exclusion des autres,
car à la longue il se forme 4 foyers de suppuration tubereuleux : coude gauche, deux genoux et cheville gauche. Il s’agit là de véritable suppuration, sans fongosités, par transformation purulente d’une synovite à liquide clair. À ce moment, le liquide synovial du genou droit est purement séreux et donne des colonies de bacille tuberculeux, sur Pétroff.
Il s'agit donc d’une véritable synovite purulente, processus très spécial que nous retrouverons dans l’une de nos observations personnelles. Dans toutes ces observaüons, s'établit la preuve clinique et même bactériologique, que de simples manifestations rhumatismales accompagnent parfois une atteinte bacillaire polyséreuse.
Au cours de cette évolution, la polyarthrite affecte souvent un type bien clinique nettement individualisé : la polysynovite tuberculeuse subaïguë, qui est d’ailleurs en rapport avec la résistance vive du sujet, et la moindre virulence du bacille généralement responsable de ces tuberculoses atténuées.
Mais le rhumatisme, surtout dans la forme aigué, peut accompagner toute autre localisation de tuberculose des séreuses. Nous voulons envisager maintenant l'association éventuelle de rhumatisme et de méningite tuberculeuse.