Le rhumatisme tuberculeux subaigu
Le rhumatisme articulaire tuberculeux à évolution subaiguë est sans conteste le plus universellement admis : et la grande majorité des rhumatismes présentés comme «rhumatismes type Poncet » sont des rhumatismes subaigus. Powez le citait déjà; Poxcer en rapporte de nombreux cas. Depuis, les observations avec preuves bactériologiques se sont multipliées. Ses caractères cliniques. sont en général assez nets, pour qu'à défaut même de ces preuves, on puisse l’admettre. C’est une véritable polysynovile subaiguë, que l’on peut rapprocher de l'infecton tuberculeuse des autres séreuses, avec laquelle elle coexiste souvent (0bs. 16, 17, 18, 19, 20). C’est habituellement une manifestation précoce de la tuberculose, que BEZANCON considère comme un véritable phénomène de Koch, traduisant l'état allergique du sujet.
Cette polyarthrite est parfois secondaire à une tuberculose viscérale : son diagnostic est facile. Mais, si l’on considère les rhumatismes subaigus primitifs, survenant en dehors de toute lésion bacillaire évidente, le problème peut être plus délicat, mais plus intéressant, car il se pose souvent dans la pratique médicale courante. On peut avoir affaire à deux types distincts sinon dans leur évolution. du moins dans leur mode de début,
La polyarthrile subaiguë d'emblée est fréquente, elle coexiste souvent avec une fluxion des autres séreuses. Les phénomènes articulaires se manifestent de préférence au niveau des grandes articulations, restant souvent mono ou oligo-articulaires, évoluant parfois de Jomture
op
en jointure, mais avec lenteur, et ne quittant jamais définilivement l'article qu'ils abandonnent. Les signes généraux sont peu marqués . la fièvre oscille autour de 38, il y a des sueurs profuses ; il n'y a souvent pas d'angine, mais l’'anémie, l’asthénie et l’amaigrissement sont constants.
L'évolution est variable : la tendance à l’ankylose est peu marquée ; il se fait quelques poussées plus aiguës. L'atrophie musculaire se développe rapidement. Enfin, le salicylate est peu actif : il calme les algies, mais n’a aucune action sur l’hydarthrose : ceci est commun dans tous les processus subaigus.
Le rhumatisme subaigu secondaire à un grand rhumalisme lype Bouillaud comprend tous les autres cas. Après une crise polyarticulaire bruyante, qui se répète parfois à plusieurs reprises, on voit le rhumatisme s’attarder au niveau d’une articulation : l'évolution subaiguë va commencer et se caractérise par des poussées polyarticulaires successives, tenaces, entrecoupées d'arthralgies. Là aussi, les signes généraux sont moins marqués que dans les processus aigus.
C'est le type que Larpericn appelle : polyarthrite aiguë hydarthrosique ; elle se retrouve dans une observalion typique avec preuves bactériologiques rapportée dans la thèse de Léoxarp. Ces deux tvpes de rhumatisme subaigu sont identifiés par les deux observations suivantes.
OBS. XXXIX. — A. Pic et A. Chapuy : 1929.
Jeune fille de 27 ans: Série de crises de rhumatisme subaigü, avec hydroposie récidivante des deux genoux. Rétrécissement imitral fruste.
NO
Poumon : Sclérose au sommet gauche avec inspiration rude et granuleuse. Quelques frottements.
Radioscopie : Cœur : Abaissement du point G.
Poumons : Opacité très marquée au 1/3 supérieur du champ pulmonaire gauche.
Os. XXXX. — A. Pic et À. Chapuy : 1919.
Femme de 28 ans qui, en juillet 1919, présente un rhumatisme articulaire aigü. Vue en novembre de la même année : sclérose au sommet droit, emphysème, frottement péricardique. ;
En 1920 : Grand rhumatisme type Bouillaud, qui se prolonge par des douleurs rhumäatoïdes.
Six mois plus tard : rhumatisme subaigü avec localisation au niveau des coudes, poignets, chevilles, articulations des doigts qui sont tuméfiés.
Genoux : poussée intermittente d'hydarthrose.
Poumons : Sclérose apicale intense, avec voile radioscopique.
Evolution : Amélioration, puis guérison par traitement hygiéno-diététique , héliothérapie, zomothérapie prudente, mésothorium.
L'origine véritable de ces rhumatismes doit être recherchée soigneusement, en s'aidant au besoin du Iahoratoire, car il en découle une notion importante : leur pronostic est loin d'être bénin. Ils ne sont que la signature d'une tuberculose larvée, mais ils mettent le malade à la merci d’une localisation plus grave. Pour celte raison, parlant de leur analogie clinique absolue avec la tuberculose des séreuses, M. Pic à pu dire qu'il fallait « soigner ces malades comme des pleurétiques ».
CASE 4, — Le rhumatisme articulaire aigu tuberculeux.
Nous éliminerons de cette étude les rhumatismes aigus chez les tuberculeux et la granulie articulaire. Le rhumatisme primitif type Bouillaud, d'origine tuberculeuse, est le plus intéressant : c'est devant un malade comme celui dont nous rapportons l'observation que se pose la question infiniment délicate à résoudre de l’origine baaillaire possible du syndrome observé. Le problème est parfois épineux, et si l’on n’admet pas la valeur des antécédents tuberculeux comme preuve clinique, seul le laboratoire permet de se faire une opinion exacte.
La maladie de Bouillaud est une maladie infectieuse dont l'agent est parfois le bacille de Koch.
Le rhumatisme aigu tuberculeux peut avoir une symptomatologie et une évolution qui rappellent en tous points la maladie de Bouillaud. On a cependant voulu séparer ces deux termes, et conserver d'une part comme entité clinique, la maladie de Bouillaud, ou rhumatisme aigu « franc » et créer, d'autre part, un rhumatisme aigu tuberculeux, avant des caractères propres : on n’a réussi qu'à créer une confusion, Il est malaisé de comprendre pourquoi nombre de cliniciens veulent conserver dans son intégrité le rhumatisme de Bouillaud, car cette affecüon n’est qu'un syndrome clinique d'ordre infectieux, et peut relever de causes très diverses, notamment du virus tuberculeux. La maladie de Bouillaud ne comporte aucune signature bactériologique ; ses caractères, voire