‹ Le Rhumatisme Articulaire TuberculeuxChapitre 42 sur 74 · Diagnostic clinique de la nature tuberculeuse · texte numérisé non relu

Diagnostic clinique de la nature tuberculeuse

d’un rhumatisme.

Ce diagnostic est la plupart du temps difficile à établir, surtout lorsqu'il s'agit de rhumatismes primitifs, cas le plus habituel de la pratique médicale journalière.

I faut savoir tout d'abord qu'un tuberculeux pulmonaire, pleural... peut faire un rhumatisme qui n'est pas

dû à la dissémination du baaille de Koch. I] peut s'agir alors de rhumatismes protéiniques, indépendants d'une infection bacillaire locale directe, ainsi que l’a démontré BezaxçoN. Mais il nous semble que ces rhumalismes non bacillaires sont rares. Ils méritent néanmoins l'appellation de rhumatisme tuberculeux, puisqu'ils sont conditionnés par une infection viscérale bacillaire. On sait d'autre part qu'une tuberculose peut succéder à un rhumalisme sans que ce fait implique nécessairement une identité d'origine : ainsi, un rhumatisme gonococcique peut faire le Hit de la tuberculose, et déterminer une évolution vers une tumeur blanche.

La clinique pose donc la question du rhumatisme tuberculeux. Elle apporte des présomptions, parfois même des quasi-certitudes. Encore faut-1l savoir rechercher minutieusement les raisons qui font craindre l'origine tuberculeuse d'un rhumatisme.

Il faudra fouiller les antécédents du malade pour découvrir une contamination familiale de l'enfance, chercher s'il n'a pas présenté une bacillose « à minima » dans son jeune âge, qui a pu passer complètement inaperçue.

L'examen devra être minulieux et complet, il s’agit de dépister une tuberculose latente, parfois cicatricielle, qui mettra sur la voie du diagnostic. L’auscultation pulmonare rapide est insuffisante, Le bilan doit être fait complètement et s'accompagner d’une radiographie, qui en montrant une sclérose apicale, des ganglions trachéo-bronchiques hypertrophiés, parfois même une calcificalion, cicatrice d'un chancre d'inoculation, révèlera une altemle bacillaire antérieure que l’on aurait ignorée.

L'étude des caractères cliniques de la polyarthrite n'apporte aucun argument décisif ; c'est à peine si l'on peut se baser sur l’inefficacité du salicylate de soude, sur l'allure plus subaiguë qu'aiguë de l'affection, sur les récidives se faisant plus volontiers au niveau des mêmes articulations et laissant après elles une hydarthrose plus durable, sur la généralisation aux petites articulations. Quelle que soit la raison clinique qui permette de songer à une origine tuberculeuse il ne faudra en aucun cas se contenter du diagnostic de rhumatisnie franc, goutteux, subaigu... Il faudra discuter l'étiologie, au même Utre que l’on discute le rhumatisme gonococcique chez la femme. [l faudra donc éliminer, d’abord par la clinique, les Infections capables de simuler le rhumatisme tuberculeux, qu'il s'agisse de la goutte, du rhumatisme blennorragique dans sa forme polverticulaire surtout. de la syphilis qui peut créer soit des arthropathies fugaces de la période secondaire, soit le rhumatisme cstéophytique de Fournier.

Enfin, il faut savoir éliminer les autres rhumatismes infectieux ou toxiques.

Pour toutes ces raisons : similitude avec le rhumatisme articulaire aïgu dit franc, difficulté de distinction avec les autres rhumatismes infectieux, el surtout absence à peu près complète de caractères différentiels. le rhumatisme tuberculeux est difficile à identifier ; 1l faut cependant le démasquer, ne serait-ce qu'en raison de la sanction thérapeutique : le rhumatisant tuberculeux devra être soigné comme s'il était porteur d’une bacillose viscérale en sommeil et surveillé de façon attentive, pour prévenir à l'occasion d’un réveil articulaire une déter-

mination viscérale, osseuse... ou autre, plus grave et de pronostic infiniment plus sombre.

La clinique permet de soupçonner fortement la nature bacillaire d’un rhumatisme, parfois même de l’affirmer ;

décisive, irréfutable de cette origine Seul Ic labora-

mais elle est incapable d'apporter la preuve

toire permet de vaincre les dernières hésitations. Encore faudra-t-il se souvenir que la clinique et le laboratoire doivent se superposer, et que si les arguments biologiques ont, certains d’entre eux tout au moins. une valeur absolue, leur absence ne permet pas d’infirmer de facon définitive un diagnostic que la chinique avait permis d'établir.

Page 1