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CHAPITRE III

Les données fournies par le laboratoire, dans le diagnostic de la nature tuberculeuse d’un rhumatisme.

Les épreuves de laboratoire sur lesquelles on peut élayer un diagnostic de rhumatisme tuberculeux sont nombreuses, mais de valeur très inégale. Les unes ont une valeur absolue, telle linoculation au cobaye ; d’autres ne constituent qu'une présomption, et la signification -de certaines d'entre elles est encore discutée ; il en est aussi qui permettent de prévoir l’évolution, ou de traduire assez exactement l’état articulaire. Tant de données multiples, d'interprétations contradictoires, font que la plupart des examens de laboratoire ne peuvent apporter une certitude. Fort heureusement, l’un d'eux est de valeur indiscutable : la constatation du bacille dans le sang ou les exsudats articulaires constitue, avant toute

autre preuve, l’assise même du diagnostic -de rhumalisme tuberculeux.. Depuis quelques années se sont affirmés les progrès de la technique baciériologique ; la recherche de la tuberculose expérimentale est infiniment plus complète ; elle permet de déceler cette forme atténuée de la tuberculose du cobaye qui ne signe son existence que par une hypertrophie ganglionnaire quelconque, sans lésions spécifiques. Cette notion a comporlé une sanction immédiate : de nombreuses observalions avec preuves bactériolagiques sont venues élablir sur des bases indiscutables le syndrome complexe que nous étudions. Il est maintenant bien plus universellement admis qu'au temps où Poxcer lindividualisa sans pouvoir convaincre d'impitoyables censeurs qui lui demandaient des preuves que nul n'aurait pu fournir à ce moment.

Cependant, l’école lyonnaise avait montré la voie à suivre et désigné les armes dont on se sert maintenant : pourquoi eut-on cette méfiance regrettable à l'égard de ses travaux ? Pourquoi cette étude pourtant si attachante et pleine d'enseignements fut-elle délaissée? On s'est contenté de discuter sur l'efficacité du salicylate de soude, médicament excellent certes, mais qui ne suffit pas à enrayer l'évolution souvent grave des rhumatismes tuberculeux, alors qu'on pouvait prévenir un retour offensif de l'infection bacillaire par un traitement approprié. Ce fut non pas une régression, mais un oubli total. Personne, à part quelques défenseurs de la première heure, ne voulut où plutôt n'osa plus parler du rhumatisme tuberculeux. Le premier résultat de cet abandon injusüfié fut la stagnation de l'étude des procédés de labora-

toire et ce fait explique l'incertitude de certains d’entre eux, malgré des travaux récents, complets et très minutieux.

Il faut s'aider de tous les procédés bactériologiques. sérologiques, radiographiques, et anatomo-pathologiques, pour établir Ja nature tuberculeuse d'un rhumatisme. Celle étude est souvent difficile, toujours longue; ses résultats doivent être interprétés judicieusement. Nous verrons que certains des procédés de laboratoire sont encore en pleine évolution, d’autres, tels l'étude anatomo-palhologique en sont encore à leur début. Malgré celà, il n'est plus permis de douter : le rhumatisme, sous quelque forme qu'il se présente, peut reconnaître comme agent pathogène, le bacille tuberculeux.

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