‹ Le Rhumatisme Articulaire TuberculeuxChapitre 65 sur 74 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Essai pathogénique.

Nous ne voulons pas, dans ce chapitre, établir une pathogénie certame et définitive du rhumatisme tuberculeux. Les relations complexes qui existent entre ces polvarthrites et Le bacille tuberculeux, sont loin d'être élucidées. Nous rappellerons simplement les faits qui peu-

vent expliquer cette genèse encore obscure. Aucune de ces théories ne peut à elle seule éclairer la pathogénie de tous les cas de rhumatisme bacillaire : elles s’appliquent chacune à des cas déterminés, ou même expliquent concurremment la constitution d'une même polvarthrite. Quoi qu'il en soit, directement ou indirectement les lésions articulaires sont sous la dépendance de l'infection tuberculeuse.

Poncer voulut déjà expliquer le mécanisme intime de la formation des lésions articulaires. Il est certain qu'il

fit en partie fausse route ; mais pourquoi lui fait-on constamment grief d'avoir invoqué les toxines diffusibles du bacille de Koch, voire les poisons adhérents dont AucraiR avait montré le rôle ? On passe trop sous silence la dernière hypothèse qu'il formula : il y aurait bacillémie passagère, avec arrêt et colonisation en certains points du système articulaire. Il invoque nettement l'action directe du bacille à laquelle on «est bien obligé de revenir aujourd'hui, L'absence de preuves établissant la réalté des autres conceptions, et les données bactérrologiques récentes, lui ont donné raison.

Parmi les autres hypothèses, nous ne retiendrons que celle de J. Trissrer et Mayer : existence d'un terrain rhumatismal, permettant à l'infection tuberculeuse de se développer : « par un mécanisme pathogénique complexe, où les lésions du système médullaire occupent la première place, sous l’action provocatrice d’une Infection lente encore non précisée, qui semble bien être très voisine de la tuberculose, se développe cette maladie de misère, de froid humide prolongé, qu'est le rhumatisme chronique déformant ».

Actuellement, plusieurs explications peuvent être données : nous les étudierons sans ordre apparent, car dans la réalité, 11 semble bien que la pathogénie du rhumaisme luberculeux ne soit pas univoque: les lésions articulaires peuvent ressortir à plusieurs des causes envisagées.

Un fait domine toute la pathogénie des polyarthrites bacillaires: cette affection se développe à peu près exclusivement sur un terrain particulier qui lui-même est conditionné par certaines prédispositions humorales.

Page 1