‹ Le Rhumatisme Articulaire TuberculeuxChapitre 67 sur 74 · II. — LA THÉORIE ANAPHYLACTIQUE · texte numérisé non relu

II. — LA THÉORIE ANAPHYLACTIQUE

Un certain nombre des cas de rhumatisme tuberculeux peuvent s'expliquer de cette façon: c’est à celte théorie que se rallie DuvERNAY.

Dans un organisme neuf, l'infection tuberculeuse se révèle d'emblée par des lésions spécifiques. Dans un organisme préparé, l'action du bacille sera toute différente.

En effet MM. P. Courmonr et A. DurourT ont montré dans leur article sur l'anaphylaxie dans les maladies infectieuses (Presse médicale, 11 octobre 1914), que « dans les maladies chroniques, il y avait pour ainsi dire prolongation Indéfinie de l’état d'anaphylaxie ». Or, tout

adulle peut être considéré comme infecté chroniquement par le bacille tuberculeux. Les sujets qui ont résisté à celle infection, voient se développer une allergie parfois très active, et sont hypersensibles aux toxines, ou aux corps microbiens.

Une réinfection même minime réalisera une véritable infection déchainante, et déclanchera une crise polxarticulaire vive Cette réinfection peut être produite : par une injection de toxines bacillaires, par l’introduction accidentelle fréquente, et la destruction dans Îles voies aériennes ou digestives de bacilles tuberculeux, enfin par la réactivation d’un foyer bacillaire torpide.

La poussée congestive est plus vive au niveau des articulations antérieurement atteintes, et nulle au niveau de celles qui ont définitivement succombé à l’attaque bacillaire ; c'est ce que montrent les observations que nous avons citées, où les réactions à la tuberculine faites au niveau des jointures, sont très intenses pour celles qui réagissent fortement, négatives au niveau de celles qui sont saines, ou qui présentent des lésions caséeuses. Elles témoignent ainsi de l'intensité de la résistance locale.

Chacune de ces fluxions articulaires congestives s'accompagne, au niveau des articulations, d'une réaction cellulaire qui se traduit au début par des lésions inflammatoires d'intensité ou de type différents, mais à la longue, parvient à réaliser le syndrome anatomique confus du rhumatisme chronique. |

On peut ainsi s'expliquer l’existence de ces foyers de vérilable sclérose articulaire, dont la structure anatomique est banale et ne peut révéler la nature de l'infection

causale. On peut également comprendre la raison de la rareté des bacilles au niveau des tissus articulaires. I s'agit de bacilles atténués n'apparaissant généralement pas sous leur forme acido-résistante et pathogène, et ne créant chez le cobaye qu'une infection légère et difficile à identifier. L'évolution clinique serait ainsi conditionnée avant tout par les variations de la défense de l'organisme, et par celles de la défense locale. Mais la théorie humorale du rhumatisme tuberculeux, pour séduisante qu'elle soit, ne peut s'appliquer à tous les cas ; elle ne peut notamment expliquer la bacillémie tuberculeuse et surtout l’action locale du bacille que l’on parvient de plus en plus fréquemment à identifier dans les üssus ou les exsudats articulaires.

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