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« rhumatismes localisés », peu mobiles, qui mènent à l'arthrite fongueuse, et propose l'appellation de « tumeur blanche rhumato-scrofuleuse, indiquant à la fois l'originé rhumatismale et la transformation fongueuse ».
LANNELONGUE, en 1878, cite un nouveau cas de granulie articulaire, mais son observation de « complications articulaires chez un lupique traité par la Iymphe de Koch » est infiniment plus intéressante ; elle soulève le problème complexe des réactions focales à la tuberculine, dont le mécanisme n’est pas encore élucidé.
Nous ne ferons que mentionner le travail de BrissAuD en 1879, sur les diverses formes de granulie articulaire. Dès ce moment, la notion de tuberculose pulmonaire accompagnant, ou précécant le rhumatisme articulaire, est tellement connue, que PETER, en 1879, peut écrire: « Rien n'est plus fréquent en effet, au cours du rhumaüsme chronique, de voir, après de longues années de souffrance, la tuberculisation pulmonaire entraîner la mort du malade ». Il ajoute, montrant que personne n'avait encore vu à cette époque la relation de cause à effet existant entre ces deux affections, que cette évoluton fréquente est la conséquence de la déchéance de l'organisme.
Ricarp, dans sa thèse (Paris, 1881), reconnaît qu'il n'y à pas antagonisme, entre les « diathèses rhumatismales et scrofuleuses ».
Lanpouzy, en 1882, puis en 1886, dans ses lecons à la Charité, étudie les polysérites tuberculeuses et signale parmi les « tuberculoses invraisemblables, des sérites articulaires qui simulent les polvarthrites du rhumatisme de Bouillaud et les mono-arthrites des pseudo-rhumatis-
mes infectieux gonococciques de Bouchard et Bourcy ».
H. Mozuière, en 1887, rapporte une observation Ce purpura rhumatoïde suivi de tuberculose à marche rapide.
CLARAC, dans sa thèse (Paris, 1893), constate chez un tuberculeux fibreux l'apparition d’une crise de rhumalisme articulaire aigu qui récidive, en même temps que se développe une tuberculose pulmonaire ulcéro-caséeuse. Ce furent enfin les travaux de Josserann (Lyon médical, 1893), de M. PoLLosson qui inspira notamment la thèse de CazauBoN (Sur la granulie des synovialés articulaires, Paris, 1883).
Nous avons vu, au cours de cet exposé. rapporter par différents cliniciens, des observal'ons où l’association tuberculose-rhumatisme était mise en évidence, qu'il s'agisse de lésions purement inflammatoires devenant à la longue arthrites « fongueuses », ou de rhumatisme précédant ou accompagnant la tuberculose viscérale. L'un d'eux, plus osé, affirme même que le bacille tuberculeux peut atteindre une articulation, sans y déterminer de lésions folliculaires ; mais généralement tous
ces auteurs s’embarrassent de la vieille notion des dia-
thèses, hésitant à affirmer l'absence d’antagonisme entre la diathèse rhumatismaile et la diathèse scrofuleuse, n'expliquant leurs observations que par le « métissage de ces 2 tempéraments ».
Aucun d'eux n'avait affirmé que le rhumatisme sous toutes ses formes et la tuberculose ne sont que deux expressions d'une même infection due au bacille tuberculeux de virulence atténuée. C'est à Poxcrr que revient le mérite de cette conception nouvelle. Il ajoute à celte
affirmation déjà bien osée, la notion de tuberculose inflammatoire qu’on lui a tant reprochée, et que l’on reprend aujourd'hui sous le vocable d’inflammation tuberculeuse. Ses premiers travaux furent accueillis avec septicisme, et peu à peu se dessina une violente réaction, qui s’affirma encore, lorsqu'il étendit la doctrine à certaines affections à qui l’on donnait une origine toute autre que la tuberculose.
Le grand tort de PoncerT, au dire de ses détracteurs, fut de n’apporter aucune preuve réelle de l'existence du rhumatisme tuberculeux. Il est évident que les preuves indiscutables, telles que les preuves bactériologiques, lui firent ‘défaut le plus souvent, et, sauf quelques rares inoculations positives au cobaye, ilne put étayer sa doctrine que sur la clinique. Or, il s’avère que les lois sur lesquelles s’appuya, dès son début, la conception du rhumatisme tuberculeux, n'ont pas été prises en défaut. Ce sont bien les lois cliniques établies par une longue et minutieuse observation, qui sont les plus fécondes, les plus vivantes, les plus durables. Maïs, dans la mesure où le laboratoire le lui permettait, Poxcer et son école ont montré la voie. Aujourd'hui, à la lumière de très nombreux travaux, de recherches de laboratoire récentes et complètes, l'existence clinique du rhumatisme tuberculeux s'affirme de plus en plus. Nul ne saurait lui contester la place indiscutable qui lui revient, et si les procédés de laboratoire sont capables par leur évolution et leur progrès de modifier encore légèrement la conceplion que nous avons du rhumatisme tuberculeux, ils ne peuvent que lui donner une place plus grande que celle que nous lui accordons en nosographie.