STONES
La malade ne présente à signaler en outre qu’une artério-selérose très nette avec artères sinueuses un peu indurées, avec souffle léger Systolique rétrosternal, des bourdonnements d'oreilles fréquents et une albuminurie indosable.
Comme on peut s’en rendre compte, ici, le rhumatisme articulaire aigu de Bouillaud n'existe pas. Malgré les crises répétées, pas d’endocardites. L'action du salicylate n’est pas péremptoire. Les accidents présentent d’ailleurs une évolution assez curieuse : pendant de longues années, les crises de rhumatisme articulaire surviennent presque toujours après les séances chez le dentiste, soit après des ex- : tractions de racines, soit après des obturations. La dernière crise aiguë de rhumatisme suivait exactement le’développement de deux abcès dentaires et se terminait avec l’évacuation du pus d’origine dentaire.
On ne peut donc nier ici le rôle de la septicité dentaire, et il est probable que ce sont les mêmes germes qui sont responsables à la fois des infections au voisinage des dents et des accidents articulaires.
Ces différentes observations, sans être absolument affirmatives, permettent cependant d'admettre l'existence de septicémies latentes à point de départ dentaire.
Personne aujourd’hui ne doute de la septicémie à point de départ pharyngé (Castaigné et Nobécourt), de septicémies lympho et phlébo-phlegmoneuses d’origine buccale, établies par Sebileau, des néphrites à la suite d’angines, et des arthrites à point de départ pharyrgé.
La porte d'entrée buccale n’a donc rien de subversif en matière de rhumatisme, et l’origine dentaire n’a rien de paradoxal, la part étant faite des prédispositions mdividuelles.
NE
Deuxième Groupe
À coté de cette première classe de rhumatisme dentaire, origine de pseudo-rhumatismes infectieux, il en est une seconde, qui est celle du rhumatisme dentaire, coexistant avec d’autres manifestations articulaires, ou n’étant qu'une localisation au niveau de l’articulation alvéolo-dentaire du virus de la maladie de Bouillaud. Nous voulons ainsi parler de l'atteinte, au cours du rhumatisme articulaire aigu, franc, généralisé, de l'articulation de la dent, au même titre que celle des autres articulations.
Les observations suivantes, recueillies : les deux premières à l'hôpital de la Charité, et la troisième à l'hôpital Laënnec, dans le service de M. le docteur Troisier, semblent venir à l'appui de cette conception.
Observation II
Mia.., dix-huit ans.
La malade à présenté quatre crises de rhumatismes. La première à l’âge de douze ans (décembre 1916) ; la deuxième à l’âge de quatorze ans (octobre 1918) ; la troisième à l’âge de dix-sept ans (juin 1921) ; la quatrième à l’âge de dix-huit ans (février 1923).
La première crise en 1916 fut la plus violente. Fébrile, généralisée à toutes les articulations, présentant un maximum aux genoux, aux épaules, à la colonne cervicale, aux mâchoires, la malade resta trois jours sans pouvoir desserrer les dents. La cerise se prolongea trois mois, durant lesquels la malade resta alitée, traitée au salicylate de soude et par des enveloppements salicylés, la température oscillant entre 3805 et 390.
Elle se remit tout à fait et remarqua seulement un peu de dyspnée d'effort.
La deuxième crise à l’âge de quatorze ans, en 1918 fut moins violente. Ici encore, toutes les articulations étaient atteintes, mais les douleurs beaucoup moins violentes. Elle aurait été compliquée de pleurésie double et le médecin diagnostiqua une complication cardiaque.
Depuis cette seconde crise, les palpitations, l’essoufflement à l’effort ont été en augmentant.
La froisième crise a lieu en juin 1921.
La quatrième en février 1923. Les douleurs articulaires sans orand gonflement, mais l’essoufflement et la dyspnée l’ont caractérisée.
Fait particulier : les quatre crises ont débuté de la même façon, précédées de douleurs dentaires à type névralgique, et parfois d’angine, à tel point que la malade pouvait prévoir sa crise rhumatismale huit jours avant son apparition.
En effet, huit jours avant la crise, en général, la malade est prise
-de douleurs dentaires siégeant dans le territoire des deux maxillaires, sans localisation maxima d’un côté ou de l’autre, sans irradiation du côté de l'oreille, parfois un peu vers l’œil gauche. Les dents ne sont pas sensibles à la pression pendant la crise, la malade mâche sans douteur. Elle n’a pas non plus la sensation de mobilité anormale des dents.
Les douleurs cessent à l'apparition des douleurs articulaires.
La malade n'éprouve jamais de semblables douleurs en dehors des crises rhumalismales.
L'arigine accompagne généralement la crise de névralgie dentaire, elle cède rapidement.
La malade en février 1923, fut examinée dans le service. Les articulations présentaient un aspect normal huit jours après le début
de la crise. Du côté du cœur on notait : une pointe battant dans le cinquième espace, pas de frémissement. Un gros souffle systolique, en jet de vapeur s’entendant dans toute l’aire précordiale, se propageant vers l’aisselle, jusque dans le dos.
Tension artérielle : 12-6.1-2 au Pachon.
Le foie débordait de un travers de doigt les côtes, il n’était pas douloureux.
Du côté de l’appareil pulmonaire, on percevait une respiration soufflante dans l’espace inter-scapulo-vertébral droit, avec pertosoufflante dans l’espace inter-scapulo-vertébral droit, avec pectoriloquie aphone.
Du côté de l’appareil génital, des règles irrégulières, supprimées à chaque crise de rhumatisme, retardées dans l'intervalle de celles-ci.
Rien aux autres appareils. Pas d’œdème.
La radioscopie (18 avrilk1923) montre un gros cœur triangulaire, l’oreillette dilatée occupant l’espace clair médian.
A cette époque (Avril 1923), la malade quitte l'hôpital pour une maison de convalescence.
Le 8 mai 1923, elle entre à nouveau. Depuis cette date jusqu'à ce jour (décembre 1923) la malade a été suivie dans le service, qu'elle n’a pas quitté.
Elle était revenue à l'hôpital après une crise de rhumatisme léger localisé au niveau du genou, pendant son séjour à la maison de convalescence. C'était moins pour cette crise, qui fut peu importante que pour l’oppression, les douleurs précordiales qui s'étaient accentuées depuis son départ qu'elle était venue consulter.
Elle a donc surtout été soignée pour son état cardiaque depuis le 8 mai à l'hôpital.
En effet, on note à cette époque : un même souffle systolique, sans dédoublement du deuxième bruit.
Le foie était nettement augmenté de volume, dépassant de deux travers de doigt les fausses côtes. Pas d’œdème. A la radioscopie : un gros cœur augmenté dans sa totalité.
En juillet 1923, la malade fail une petite poussée articulaire, localisée aux membres inférieurs.
Poussée précédée, comme les autres de névralgies, dentaires, ayant le même caractère qu'aux crises précédentes, c'est-à-dire débutant huit jours avant la crise. F
Accompagnant la crise : un peu de lachvcardie, et une douleur inter-scapulo vertébrale gauche.
Depuis cette crise qui n'a duré que huit jours, la malade se plaint d'éprouver à la moindre faligue, au plus léger effort, une douleur localisée au point auriculaire postérieur, point que la malade indique nettement localisé et sensible à la pression.
Les douleurs précordiales, les palpitaltions au moindre effort sont des plus nettes.
Le 25 novembre 1923 : crise de névralgies dentaires. La crise a débuté le matin par la moitié inférieure gauche du maxillaire. Les deux mâchoires ont été rapidement gagnées par les douleurs.
La malade dit avoir souffert à la pression des dents au moment de la crise, qui s’est terminée le soir.
Le lendemain la malade s’est plaint de douleurs à la déglutition, on n'a pas noté de rougeur aux piliers, ni à l’amygdale.
Le 26 et le 27 novembre, les palpitations ont augmenté.
Le 28, on prescrit de l’antipyrine, à défaut du salicylate mal toléré, à la dose de trois grammes pendant trois jours et cinq gouttes de digitaline.
Le 30, des douleurs apparaissent dans la région thoracique droite.
L’auscultation ne révèle rien d’anormal, la température est à
Les phénomènes douloureux se sont calmés en quatre jours.
Etant donné le rapport des crises douloureuses dentaires avec les crises rhumatismales, on avait fait pratiquer un examen dentaire complet par M. Houssais
Le 13 novembre : En bas et à droite : Evolution d'une dent de sagesse, la partie distale, recouverte par un capuchon muqueux. La percussion ne révèle aucune douleur. La dent voisine de la dent de sagesse est sensible à la percussion. Elle fut obturée en mai 1923. Carie de la canine.
A gauche : deuxième petite molaire présente une carie pénétrante des deux côtés de la dent.
En haut : une carie des dents de six ans et douze ans droites, de la canine et de la deuxième prémolaire. A gauche, carie de la face triturante de la dent de six ans ; les incisives sont toutes atteintes.
Au total, très mauvais état des dents, mais les gencives sont saines.
On remarque une plaque dépapillée au niveau de la langue.
La radiographie ne permet pas de constater de lésions diffuses des alvéoles, ni des apex, dont la plupart sont sains.
Observation III
Ber..., dix-sept ans.
Entre à l'hôpital pour une crise de rhumatisme articulaire aigu.
Le début remonte à huit jours. Le patient s’est senti mal à l'aise, a présenté une lègére angine avec dysphagie, anorexie, céphalée, courbature.
Puis des douleurs articulaires sont apparues d’abord à la cheville droite, puis à la gauche. Le genou droit s’est ensuite pris, puis le gauche.
Actuellement, le malade présente un gonflement des deux genoux, surtout du droit, avec position en flexion légère, teinte rosée des téguments, douleur au palper de l’interligne.
La fluxion des articulations tibio-tarsiennes a déjà disparu.
Il s’agit donc d’une crise légère de rhumatisme articulaire aigu. La température est à 380. Quelques sueurs. Pas d’anémie notable. L'examen macroscopique donne un taux d'hémoglobine à 90.
L'examen du cœur montre toutefois quelques troubles du rythme, extra-systoles, des bruits légèrement assourdis, tous signes ayant fait juger nécessaire l’administration outre la médication salicylée, de digitaline.
L’étude des antécédents apprend l'existence d’une crise précédente, apparue il y a deux ans, à l’âge de quinze ans, crise ayant atteint les membres inférieurs et supérieurs, ayant immobilisé le malade deux mois environ. Mais surtout, l’anamnèse montre une histoire de douleurs dentaires, survenant périodiquement chaque année, ayant débuté à sept ans et dont la dernière est apparue à quatorze ans.
Le malade raconte que, depuis l’âge de sept ans, chaque année, au mois de mai, il ressentait une douleur sans signe précis, tant à la mâchoire supérieure qu’à l’inférieure. Douleur sourde, avec agacement des dents, exagérée par la mastication qu’elle rendait pénible, au point que l’alimentation solide devenait impossible. Ces douleurs, en outre, présentaient fréquemment des paroxismes nocturnes.
Le malade avait la sensation d’allongement des dents, de mobilité dans les alvéoles, sans irradiation otalgique.
Ces douleurs ne s’accompagnaient pas, semble-t-il, de phénomènes généraux. La durée de ces phénomènes comprenait tout le mois de mai ; le reste de l’année, pas de.douleurs semblables, non plus qu’artieulaires.
Les douleurs dentaires ont disparu depuis 1918.
La première crise de rhumatisme articulaire est apparue en 1920.
La seconde en novembre 1923.