‹ Le Rhumatisme Dentaire: Ses deux variétésChapitre 14 sur 16 · OT · texte numérisé non relu

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Dans ces trois observations, le rhumatisme dentaire est lé manifestement à l’infestation de l'organisme par le virus de la maladie de Bouillaud : il se caractérise cliniquement par de l’alvéolo-arthrite généralisée, éphémère, fluxionnaire : toutes les dents paraissent allongées, toutes sont douloureuses à la pression et sont plus où moins branlantes dans leurs alvéoles.

L'aspect des malades, leur sensibilité au salicylate et à l’antipyrine, l'alternance des articulations prises, la lésion endocardique chez la jeune fille de l'observation IL, la réapparition des crises, tout fait conclure qu'il s’agit bien de rhumatisme articulaire aigu franc, autant que la clinique peut l’affirmer.

Chez les malades des observations 11 et IIL, l'examen clinique et radiologique des gencives et des articulations alvéolo-dentaires ne révèle rien d’anormal. Cependant les lésions affectent plusieurs dents jusqu’à l’apex et provoquent visiblement sur les radiographies, l’aspeet du granulome.

Nous estimons que ces lésions dentaires doivent retenir l'attention dans la chronologie des accidents présentés par les malades.

Comment ne pas être frappé de voir dans l’observation IT les crises dentaires annonciatrices à bref délai de la polyarthrite fébrile débuter à l’âge de douze ans, de voir dans l'observation III les crises dentaires débuter à l’âge de sept ans, se répéter toutes les années au printemps, atteindre toutes les dents des deux maxillaires et s'accompagner des sensations d’allongement et d’ébranlements dentaires ?

Ceci donne à penser qu'il s’agit d’une localisation première du virus du rhumatisme articulaire aigu sur les multiples aiticulations des dents dans leurs alvéoles, s’accompagnant ou non de phénomènes infectieux de la cavité buccale et du pharynx.

L'absence de suppuration dans les alvéoles comme dans les articulations des membres, serait un témoignage de l'identité du processus, de nature seulement inflammatoire.

De même, la disparition brusque des douleurs dentaires,

NDS

dès qu’une articulation, genou ou coude, se prenait comme par une véritable métastase.

Tantôt donc le virus rhumatisant infeste les alvéoles dentaires, longtemps avant les déterminations articulaires des membres, tantôt il le fait dans les jours qui précèdent la crise de rhumatisme articulaire aigu. Tantôt symptôme prémonitoire, tantôt symptôme tardif, il demande toujours à être recherché avec soin, pour pouvoir établir sa filiation avec les accidents légitimes de la maladie de Bouillaud.

Il faut encore envisager la question des arthropathies régionales. Si l’on admet que le virus de Bouillaud siège dans les premières voies digestives, on comprend qu'il puisse gagner la région si proche des alvéoles dentaires et même l'articulation temporo-maxillaire.

Pour le premier groupe d'observations, l'infection par contiguité est moins évidente. Il faut noter cependant ces myalgies du cou, ces torticolis, ces arthrites cervico-rachidiennes, qui précédaient la crise rhumatismale des membres chez le malade de l’observation I. Le pseudo-rhumatisme infectieux d’origine dentaire se caractérisait ainsi d’abord par des manifestations régionales sur les muscles et les articulations de l’extrémité céphalique.

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