‹ Le Rhumatisme Dentaire: Ses deux variétésChapitre 7 sur 16 · BACTÉRIOLOGIE · texte numérisé non relu

BACTÉRIOLOGIE

La bactériologie de ces différentes infections a été fort bien étudiée :

en France, par Joseph Mendel et Housset ;

en Amérique, par Rosenow, Ganving, Hartzell, Talbot et Billings ;

en Angleterre, par Goldmann.

La flore microbienne des foyers péri-apicaux est très étendue : cependant, le microbe le plus fréquemment isolé a été le sireplocoque et des deux variétés :

Le streptocoque à chaïînettes longues ;

Le streptocoque à chaïînettes courtes ou sireplococcus viridans, de Schôtmuller. |

Ce dernier se trouve facilement dans les dents infectées et aussi souvent dans la sérosité de certaines arthrites. Richard et Maranon l’ont retrouvé parfois par l’hémoculture. j

Au point de vue de sa virulence, la variabilité de ce streptocoque est grande. Elle peut s’exalt:r, surtout par association. Le streptocoque isolé dans les foyers péri-apexiens est moins virulent que celui d’autres affections, telles que l’érysipèle, la scarlatine, la variole, etc...

D’après Guyot, le rhumatisme pourrait être d’origine infectieuse buccale par l’entérocoque de Thiercelin, qui paraît se confondre avec le diplocoque de Triboulet et Coyon et le microcoque de Galippe. Son opinion est confirmée par le fait que le rhumatisme est une affection avec polynucléose, ne conférant pas l’immunité, c’est-à-dire, d’après les travaux d’hématologie de Bezançon et Labbé, produite par un saprophyte de l’organisme.

Or, l’entérocoque, ou les bactéries lui ressemblant, ont toujours été trouvés, et dans la salive et dans le sang des individus atteints.

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SYMPTOMATOLOGIE

L’arthrite alvéolo-dentaire, ou rhumatisme dentaire, est essentiellement constituée par l’inflammation du ligament.

Nous envisagerons successivement l’arthrite aiguë, puis l’arthrite chronique.

I. — Pour l’arthrite aiguë, au point de vue fonctionnel, les premiers signes sont. : une sensation d’agacement au civeau de la dent, augmentant jusqu’à la gêne et à la tension, et qui porte le patient à serrer fortement les mâchoires. Cette pression faite sur la dent malade détermine un soulagement marqué. Dès que la pression cesse, les mêmes symptômes recommencent.

.Puis survient la congestion du ligament : la dent, sous son influence, est légèrement repoussée hors de son alvéole : sensation très nette d’allongement, que le malade perçoit avec d’autant plus d’acuité que ce déplacement empêche l'articulation normale avec la dent antagoniste.

Il se produit, à ce moment, une vive douleur, chaque tois que la mâchoire est fermée, et chaque fois que la langue, les lèvres ou la joue viennent toucher la dent malade. Il existe des douleurs spontanées, rendant tout sommeil impossible.

En même temps, malaise général marqué et élévation de température.

Au point de vue physique, on perçoit : une rougeur très nette de la gencive, s'étendant dans la direction du périoste enflammé.

Très souvent une fluxion : la fluxion est caractérisée par un gonflement œdémateux des tissus mous, de siège variable suivant la dent causale. Elle est constituée par

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de la sérosité, qui s’inflitre vers la tempe et Jusque sous la paupière inférieure, au point de fermer l’œil : toutes les dépressions disparaissent, en particulier celle de la fosse canine, et le sillon naso-génien est également nivelé.

Cette fluxion augmente de volume dans la nuit, sous l'influence du décubitus, et elle présente son maximum le matin. Elle peut persister plusieurs jours, en général trois ou quatre. Elle reconnaît pour cause une infiltration de sérosité albumineuse dans le tissu, sérosité qui peut disparaître par résorption, ou bien alors se transformer en pus, occasionnant des phlegmons diffus.

À la percussion, la dent est douloureuse, surtout dans le sens vertical.

Elle est aussi mobile dans tous les sens. Les racines ellesmêmes accusent une certaine mobilité et ce fait peut être mis facilement en évidence de la façon suivante : on percute la dent de la main droite, alors que la pulpe de l'index de la main gauche est appliqué sur l’apex. Sur une dent normale, on ne perçoit rien. Sur une dent atteinte d’arthrite, au contraire, le choc est transmis sur l’apex, qui vient buter sur le maxillaire, déterminant ainsi, en même temps qu'une réaction douloureuse de la part du malade, un son sourd bien perçu par le doigt.

La chaleur est mal supportée ; par contre, le froid atténue la douleur par suite de la vaso-constriction qu'il produit au niveau du ligament.

Les gencives sont douloureuses.

À cette période, il y a généralement formation d’un abcès au niveau de l’apex, abcès que caractérisent : une tuméfaction, de la fluctuation et de la crépitation parcheminée.

Le pus se forme et s’élimine :

® Soit par le collet de la dent, en fusant sous la gencive :

Soit en soulevant la gencive elle-même, et quand l’abcès est à maturité, 11 crève et se vide, et si la cause persiste, détermine des fistules.

Ceci est l'éventualité la moins grave.

Mais il arrive assez souvent que le pus de ces abcès peut s'engager le long de replis aponévritique et fuser fort loin de son origine.

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C'est ainsi qu'à la mâchoire supérieure, l’abcès peut émigrer :

Entre l'os et le périoste de la voûte du palais :

Au niveau de l'orbite :

Au niveau de l’antre d'Higmore.

À la mâchoire inférieure, la pesanteur entraîne le pus vers le menton, dans la région sous-maxillaire, provoquant la formation d’adénites, d'adéno-phlegmons, d’angines de Lugwie.

Il n’est pas rare d'aboutir à la nécrose des maxillaires.

IT:— Quant à l’arthrite chronique, si les symptômes sont moins bruyants, ils n’en existent pas moins : ce sont surtout des douleurs à la pression et à la percussion des dents, avec gêne notable de la mastication. Ce sont les symptômes amendés de l’arthrite aiguë.

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