‹ Le Rhumatisme Dentaire: Ses deux variétésChapitre 8 sur 16 · ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE

Ayant ainsi brièvement exposé la symptomatologie du rhumatisme dentaire, nous allons maintenant essayer de montrer, en nous basant sur un certain nombre d’observations, les relations qui existent entre les lésions rhumatismales et infectieuses dentaires et certaines infections générales, et nous tâcherons de démontrer l'existence de deux rhumatismes, d’étiologie différente : l’un étant l’origine de pseudo-rhumatismes infectieux, se développant par la suite, l’autre n’étant qu'un épi-phénomène, au cours de la maladie de Bouillaud, le virus frappant l'articulation alvéolo-dentaire au même titre que les autres articulations.

La lésion dentaire, comme du reste tout autre foyer d'infection chronique, est susceptible de causer des septicémies latentes et torpides, capables elles-mêmes de se fixer sur un organe et d'y déterminer à la longue des lésions indélébiles.

Le retentissement à distance de l'infection dentaire n’est pas une nouveauté. Il fut signalé dès le milieu du siècle précédent, par Chassaignac, Lejars et Richet, qui, sous les noms de « cachexie buccale », « cachexie dentaire » ou «intoxication putride », avaient signalé la possibilité d’une infection générale, par la stagnation de produits putrides au niveau des gencives.

Galippe, en 1890, montre l'influence de la pyorrhée sur les organes, indiquant qu'elle peut déterminer delanéphrite, du diabète, ete...

Sebileau et Tellier, en 1900, signalèrent que l'infection la plus redoutable dans ses effets pourrait bien n'être pas produite par le pus dégluti, mais bien par les toxines

lancées dans le torrent circulatoire ou encore par le passage du microbe lui-même.

Sous l'influence de la pyorrhée, des abcès à répétition, il ÿ à un apport léger, mais continu, de toxines dans le sang, toxines qui altèrent la vitalité cellulaire par un empoisonnement lent, par la septicémie chronique.

S'il se produit une série de décharges brusques, c’est la septicémie aiguë. Si le microbe lui-même passe -enfin dans le sang, c’est la pyohémie avec ses infections à distance.

Nous citerons les complications les plus fréquemment observées

À, — Complicalions pulmonaires

Certaines pneumonies, broncho-pneumonies (Netter), pleurésies purulentes (Dickmann et Godlee), gangrènes pulmonaires et bronchites fétides (Mouisset).

B. — Complicalions gastriques

Les travaux de Hunter et de Tellier ne laissent plus aucun doute à ce sujet, et ceci résulte de multiples observations qu'ils ont recueillise. Cette «gastrite septique » peut aller de la forme la plus simple, simulant le majaise gastrique, jusqu’à la forme grave de septicémie chronique, avec troubles nerveux localisés dans les groupes des éminences thénar et hypothénar, ou des troubles psychiques avec mélancolie et tendance au suicide.

Il est, d’après Tellier, deux symptômes pathognonomiques de l’infection gastrique, qui la fait entrer dans le cadre nosologique : c’est la douleur sans cause apparente, survenant à n'importe quelle heure, sur laquelle n’ont d'effet, ni les boissons, ni les alcalins : c’est ensuite l'odeur particulière qui n’est pas vraiment fétide, mais fade et écœurante.

Page 1