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taient soulagées que par l’aspirine. Cette crise fébrile, accompagnées de sueurs abondantes, entraîna une altération notable de l’état général.
Peu à peu les douleurs articulaires s’amendèrent en même temps que l’éruption s’effaçait à la suite d’un traitement par de la pommade au goudron.
Dès que le malade put se mobiliser à l’aide de cannes, il vint consulter dans le service Milian où il fut hospitalisé pour la première fois en août 1932. Il présentait encore de nombreux eléments psoriasiques disséminés irrégulièrement sur les membres, le dos et l’'abdomen. Au genou droit persistait un léger gonflement avec choc rotulien et atrophie des muscles de la cuisse correspondante. L'articulation métacarpo-phalangienne de la main droite était épaissie et douloureuse, ainsi que les articulations phalango-phalanginiennes le Pannulaire gauche. Les coudes et les chevilles enraidis et douloureux.
Traité par la pommade à l’acide chrysophanique, les téguments se nettoient, les douleurs disparaissent presque complètement permettant au malade de reprendre son travail de menuisier. Pendant 10 mois il l’exerce sans interruption, ne présentant pendant toute cette période qu'une sensibilité articulaire très grande, très sensible aux variations atmosphériques. Au réveil, les articulations enraidies étaient douloureuses, mais peu à peu la douleur disparaissait avec la mobilisation.
En juillet 1933, nouvelle poussée de psoriasis, d'emblée généralisée, suivie 15 jours plus tard d’une reprise du rhumatisme. Douleur s'accompagnant de tuméfaction et de rougeur de la tibio-tarsienne, puis les coudes et les poignets, les doigts furent successivement atteints et le malade dut à nouveau se faire hospitaliser en province.
Dès qu’il peut marcher à l’aide de béquilles il revient dans le service (octobre 1933). Les douleurs sont alors assez intenses, calmées par le repos, mais réapparaissent à toute tentative de mobilisation et sont plus marquées la nuit que le jour. Elles prédominent au niveau du cou de pied gauche, du médius de la main droite, de l’annulaire de la main gauche. Les coudes sont également sensibles.
Rue
A l’examen, on constate une érythrodermie psoriasique généralisée s’étendant au cuir chevelu et aux ongles, éléments caractéristiques s’acompagnant d’un léger prurit et d’une desquamation assez fine.
Manifestations articulaires :
Mains :
— à droite : les articulations entre les deux dernières phalanges sont enraidies, par contre les articulations métacarpo-phalangiennes sont normales.
Le médius de la main droite est très déformé, grosse tuméfaction de l’interligne entre la 1"° et la 2° phalange, qui donne au doigt un aspect en fuseau, avec ankylose presque complète des articulations interphalango-phalanginiennes et phalangettiennes.
— à gauche : les articulations des deux dernières phalanges sont légèrement enraidies. On note de plus une ankylose complète des articulations entre les 2° et 3° phalanges de l’index et de l’annulaire, s’accompagnant d'un épaissis-
sement de l’interligne. Le 5° doigt commence à se déformer, la 2° phalange ayant tendance à s’ankyloser en demi-flexion sur la 1re.
Les articulations radio-carpiennes paraissent normales.
Les coudes sont enraidis, la flexion ne peut dépasser 80°, l'extension complète est impossible, limitée à 140° environ; la mobilisation passive douloureuse s'accompagne de craquements articulaires.
Les épaules, les hanches sont normales.
Les genoux sont le siège de gros craquements articulaires, mais les mouvements articulaires ne sont pas limités, ils sont sensibles.
Au niveau des tibio-tarsiennes qui apparaissent tuméfiées, on note une raideur articulaire très accusée, surtout du côté gauche, l’amplitude des mouvements de flexion et d’extension n’atteint pas 20°, les mouvements de latéralité sont complètement abolis.
Les pieds sont aplatis, par tassement du tarse, et prennent un aspect cubique.
Tous les orteils sont plus ou moins ankylosés au niveau des
a DOS.
articulations unissant les 1re, 2° et 3° phalanges ; ils sont déjetés sur le bord interne du pied. Des deux côtés les lésions prédominent au niveau du 2° orteil qui, tuméfié, présente un aspect cylindrique ; la 2° phalange du gros orteil a tendance à se subluxer sur le bord interne de la 1re,
La colonne vertébrale manque de souplesse, sans qu’il existe d’ankylose vraie ni de déformation.
La température subfébrile se maintient entre 37° et 38°.
Enfin, notons l’existence d’adénopathies cervicale, axillaire et inguinale discrètes, petits ganglions, durs, roulant sous le doigt sans péri-adénite. Le reste de l'examen n’apporte aucun renseignement complémentaire, la rate n’est pas percutable ; la tension artérielle est de 8-12.
Dans les antécédents personnels et héréditaires de la malade, rien ne mérite d’être retenu et l’on ne retrouve aucune mention de maladie familiale ou héréditaire, ni rhumatisme, ni tuberculose, ni psoriasis.
Un certain nombre d'examens complémentaires ont été faits chez ce malade à son entrée dans le service :
— La réaction de Bordet-Wassermann a été négative.
— Une numération globulaire indiquait :
Hémiiies ke CR RER 4.800.000 Letitocyies se. den 4.400 avec une formule qui s’établissait :
Polynucléaires neutrophiles .......... 74 Polynucléaires éosinophiles .......... 2 Grands mononucléaires .............. 1 Moyens mononucléaires .............. 6 Lymphocyptes rie ARR EN DORE 14 Forte de-transiion ste r 2
L'examen chimique du sang ne révélait aucune perturbation importante :
Gholestérine 4.4 ER ae 1 gr. 64 Ur Eu, NI ES 0 gr. 20 ADIGE: TINQUE LAS PACE 0 gr. 039 Graistesttotalen.x mme 80 gr. 82 DÉLITS CON LS PER TOO 45 gr. 52 Giobuling en EsVSEsRnr 35 gr. 30
Azote non protéique .......... 0 gr. 22
Gl
Rapport : — 4931100
albumines totales (DATA CIS te D D DE TO SP TE CU 0,099
La réaction de sédimentation, selon la méthode de Westergreen, est très accélérée, au bout de 1 h., 2 h. et 24 heures elle donne 51, 78, 116.
Les recherches bactériologiques entreprises demeurèrent négatives par ensemencement de sang sur milieu de Lœwenstein, et inoculation de deux cobayes.
Etude radiologique :
Mains : Décalcification diffuse prédominant au niveau des épiphyses, pincement des interlignes articulaires unissant les phalanges entre elles ; soudure osseuse entre les 2° et 3° phalanges de l’index et du médius de la main gauche.
Pieds : Importante décalcification des os du tarse, des métacarpiens et des phalanges. Tous les interlignes articulaires entre les phalanges des 2°, 3° et 4° orteils ont disparu, elles apparaissent soudées et les contours osseux sont flous.
Les coudes, les genoux apparaissent décalcifiés.
Evolution : On entreprend un traitement par la crisalbine, le 13 octobre 1933, à la dose de 0 gr. 20 ; la deuxième injection est suivie d’une accentuation de l’érythème psoriasique avec céphalée et malaise général qui oblige à suspendre la thérapeutique. Puis, à partir du 20 octobre, la température s’élève pour se maintenir 8 jours entre 38 et 39° et l’examen décèle chez ce malade un foyer congestif à la base du poumon droit, et quelques râles humides du côté opposé, Le 24 octobre, un syndrome pleurétique s’est constitué à la base du poumon droit et la ponction exploratrice ramène un liquide citrin, riche en lymphocytes, contenant quelques polynucléaires, liquide stérile à la culture. L’inoculation au cobaye ne donna aucune manifestation tuberculeuse.
Dans les jours qui suivent, une petite lame de liquide apparaît du côté gauche, la ponction ramène un liquide présentant les mêmes caractères. Cet épanchement bilatéral constitué, la température revient à son degré antérieur et l’épanchement se résorbe en quatre semaines.
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Le psoriasis, traité par la pommade à l’acide chrysophanique, s’eface en deux mois en même temps que les douleurs s’amendent. Au début de février 1934, le malade quitte l’hôpital, blanchi de son psoriasis, ne souffrant plus de ses articulations, mais conservant une raideur articulaire importante au niveau des articulations les plus atteintes.
En résumé :
Homme âgé de 27 ans, psoriasis généralisé datant de 6 ans, psoriasis intense avec lésions unguéales. Crise de rhumatisme articulaire aigu fébrile, il y a deux ans, coïncidant avec la troisième poussée du psoriasis, prédominant à droite, ayant touché les chevilles, les doigts, les coudes et les épaules avec hydarthrose des genoux. Le salicylate ne soulagea nullement le malade qui a souffert terriblement durant 6 mois. Cette crise est suivie d’une légère raideur des articulations atteintes et d’une sensibilité articulaire très marquée aux variations atmosphériques.
Un an plus tard nouvelle poussée de psoriasis suivie 15 jours après d’une reprise du rhumatisme frappant les mains, les pieds, les tibio-tarsiennes, avec température et fluxion articulaire, grande tendance à l’ankylose et début de déformation. Pendant la crise rhumatismale, pleurésie séro-fibrineuse bilatérale.
L’examen radiologique montre l'importance de la décalcification et l’évolution vers l’ankylose des articulations les plus atteintes (doigts et orteils).
Les examens cytologiques et chimiques bactériologiques du sang ne révèlent aucune anomalie. L’inoculation du liquide pleural au cobaye ne donna aucun résultat,
Parfois c’est insidieusement que ces multiarthrites évoluent ; elles n’entraînent que des arthalgies discrètes, passagères, exacerbées tantôt par l'effort, tantôt au contraire plus marquées au repos, s’amendant quand l'articulation est dérouillée, et le malade est surpris de constater un certain enraidissement de ses doigts en même temps que l’apparition de déformations ; parfois de grosses articulations peuvent être atteintes en premier : genou, coude, tibio-tarsienne. L’examen clinique réveille une douleur discrète à la palpation et à la mobilisation de l'articulation qui paraît enraidie, quelquefois déformée ; elle peut être également le siège de craquements. L’on n’observe pas de nodosités d'Heberden ni d’exostoses.
Une de nos observations précise l’aspect que peuvent présenter ces manifestations localisées le plus
souvent au niveau des mains.
Obs. 4. Madame Deb.….., née Ca, âgée de 55 ans, concierge, nous est adressée le 13 septembre 1933 pour un rhumatisme psoriasique.
Le psoriaris a débuté deux ans auparavant, à la paume des mains, « petite tache rouge, écaillée, de la dimension d’une pièce de un franc », qui a persisté sans extension pendant environ une année. Puis les lésions se sont généralisées à toute la face palmaire de la main et aux doigts. Ce sont ces lésions cutanées qui décident la malade à venir nous consulter et c’est au cours de l’examen que nous découvrons les manifestations articulaires qui n’ont jamais préoccupé la
malade.
L'examen révèle une hyperkératose palmaire importante avec fissures profondes, lésions bien limitées, à bords polycycliques, ne laissant persister que de rares éléments de peau
saine. Ces lésions prennent un aspect particulièrement typique au niveau des phalanges et à la face dorsale de la main où les éléments psoriasiques sont du type guttata.
Les ongles sont peu atteints, mais leur bord libre est décollé, hyperkératosique. Le genou gauche est également le siège depuis un an de quelques éléments typiques de psoriasis occupant sur la face antérieure du tibia la dimension d’une pièce de cinq francs, le reste des téguments est respecté.
Les manifestations articulaires demeurent discrètes. Depuis un an environ, la malade ressent des douleurs dans le genou gauche. Douleur ayant le maximum d'intensité le matin au réveil quand la malade est « bien reposée ». Douleurs sourdes, diffuses, disparaissant lorsque l'articulation est dérouillée. Cette arthralgie évolue par poussées avec phase d’accalmie relative, mais la malade éprouve une grande sensibilité aux variations atmosphériques. Le genou droit ne l’a jamais fait souffrir, ni aucune autre des grosses articulations des membres. |
Seul l'index de la main droite a été le siège de douleurs apparues au niveau de l'articulation interphalango-phalanginienne, durant quelques instants et ayant laissé une sensation d’endolorissement.
Ces arthralgies se manifestent surtout lorsque la malade met les mains dans l’eau, le soir ou le lendemain de sa lessive.
L'examen, pratiqué le 13 septembre 1933, montrait :
Mains : Légère raideur articulaire au niveau des articulations entre les 1re et 2° phalanges. Cette raideur est plus accusée au niveau des articulations entre les 2° et 3° phalanges. Leur mobilisation est indolente et la malade n'éprouve que peu de gêne dans son travail.
Les doigts ne sont pas déformés, seules les articulations interphalangiennes sont épaissies.
A l’index de la main droite, l’ankylose de l'articulation phalango-phalaugini-nne est presque complète et la 3° phalange est subluxée en dehors,
L’auriculaire de la main gauche a tendance à présenter la même déformation, subluxation de la 2" phalange sur la 3°,
Coudes : Normaux.
Epaules : Normales.
Pieds :
— droit : gros orteil, légère raideur articulaire.
2° orteil : ankylose entre la 1re et 2° phalanges, avec légère subluxation.
3° orteil, 4° et 5° ne présentent qu’une légère raideur articulaire.
— gauche : lésions plus accentuées :
Gros orteil : raideur articulaire.
4° orteil : ankylose des 1r° et 2° phalanges et de la 2° et 3° phalanges ; déformation due à la subluxation de la 3° phalange en dedans.
3° et 4° orteils : raideur articulaire assez serrée des articulations interphalango-phalanginiennes et phalangettiennes,.