‹ Le Rhumatisme PsoriasiqueChapitre 29 sur 42 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Obs. 5. Rhumatisme chronique généralisé.

Le nommé B... Joseph, âgé de 64 ans, livreur, est hospitalisé salle Saint-Louis, service Milian, pour un rhumatisme psoriasique. Le psoriaris date de 30 ans, le rhumatisme n’a débuté qu’une vingtaine d’années plus tard, à l’âge de 55 ans.

Le psoriasis est apparu au cuir chevelu. Il s’est progressivement généralisé, gagnant successivement le thorax, l’abdomen, puis les membres supérieurs et inférieurs, et en dernier lieu, les pieds et les mains.

L’éruption a évolué par poussées, ne se reproduisant qu’à intervalles de plusieurs années au début, mais laissant toujours persister entre elles quelques éléments psoriasiques.

Elle se présente actuellement sous forme de larges placards érythémateux généralisés à toute la surface du corps, séparés par de rares intervalles de peau saine. Ce sont de vastes nappes à contours irréguliers, recouvertes de squames épidermiques blanchâtres, tombant spontanément et par grattage. La peau est épaissie, parcheminée, plissée.

La face est à peu près respectée, ne présentant que quelques squames épidermiques, sans rougeur.

Le cuir chevelu en particulier est intact et les cheveux ne tombent pas.

Les ongles sont jaunes verdâtres à leur bord libre.

Au pieds : pachyonyxis des ongles des orteils, très grande friabilité, déterminant une véritable parakératose unguéale.

La dermatose ne semble ne jamais avoir entraîné d’altération de l’état général, et le malade a pu sans cesse exercer sa profession de charretier, ne déplorant qu'un léger prurit intermittent. Il avoue du reste ne pas avoir suivi de traite-

ment sérieux et s’est contenté d'appliquer sur les lésions les pommades préconisées par son pharmacien.

Histoire du rhumatisme : Ce sont les douleurs vives ressenties dans les membres inférieurs, sensation de broiement des mollets et, par instant, sensation d'écrasement de la région lombaire qui ont obligé le malade à inferrompre son travail et à venir consulter pour la première fois en 1927, dans le service Milian, mais il semble cependant que depuis 4 à 5 ans déjà il ressentait des douleurs sourdes de la colonne cervicale, sensation de tiraillements entraînant une gêne fonctionnelle de plus en plus marquée.

A cette date, mars 1927, l'examen révélait :

Genou gauche : Globuleux, avec hydarthrose importante, choc rotulien net ; la ponction permet de recueillir 55 cc. de liquide jaune verdâtre, légèrement louche.

Genou droit : Distendu, épanchement moins abondant.

Ces deux genoux sont en position de relâchement articulaire, l’extension est possible, mais la flexion par contre ne dépasse pas l’angle droit, la mobilisation révèle des craquements articulaires des deux côtés. Peu de douleurs à la palpation et à la mobilisation. Les muscles voisins sont atrophiés mais non sensibles à la pression.

Hanckhes : Ankylosées, à gauche et à droite, la flexion ne dépasse pas 30°, les mouvements d’abduction sont simplement ébauchés.

Epaules : Les bras ne peuvent être élevés au-dessus de l'horizontale. Il est impossible de porter la main à la nuque.

Colonne vertébrale : Entièrement soudée.

— Dans la portion cervicale : les mouvements de flexion, d’extension, de rotation de la tête sont absolument impossibles ; l’aspect est figé ; la tête, légèrement inclinée, est immobile.

—— Dans la portion dorsale et lombaire : raideur complète; aucun mouvement dans les différents segments, le malade se mobilise d’une seule pièce.

Un examen général attentif du malade, pratiqué à cette période, ne révélait rien d’important à retenir ; aucun signe de spécificité, aucune anoma'ie viscérale; l’étude minutieuse

SE

de ses antécédents personnels et héréditaires n’apportait aucune notion pathologique intéressante ; une femme bien portante, deux filles bien portantes. Retenons que le malade se plaint de bronchites fréquentes et que l'examen pulmonaire révèle des signes de bronchite diffuse, râles ronflants et sibilants, une respiration rude.

Evolution : Depuis 1927, sous l'influence des thérapeutiques habituelles du psoriasis, pommade à la chrysarobine, psothanol, il a été permis à plusieurs reprises d’obtenir le blanchiment des téguments, mais ces médications sympiomatiques sont restées sans action sur l’évolution progressive des manifestations articulaires.

Une série de 16 injections intramusculaires de lipiodol à la dose de 5 cc., faite en juillet 1929, n’a déterminé aucune amélioration notable du rhumatisme.

La crisalbine a été mal tolérée par le malade, les 9 injections qui lui ont été faites ont cependant agi de façon favorable sur les manifestations cutanées et détermine une sédation des douleurs.

Quoi qu’il en soit, de 1927 à 1933 les manifestations articulaires ont évolué de façon lente, mais progressive, déterminant une ankylose et des déformations de plus en plus importantes. Les douleurs sont demeurées relativement modérées, le malade a surtout éprouvé des douleurs sourdes, mais continues de la colonne cervicale, avec sensation de pesanteur et de tiraillement de la région interscapulaire, Au niveau des membres, les arthralgies ont été plus discrètes, supportables au repos mais exacerbées par toute tentative de mobilisation.

Progressivement sont apparues des déformations considérables des pieds et des mains (Fig. 2). L'impotence foncetionnelle, secondaire à l’ankylose, s'accentuant, le malade devenait un grand infirme confiné au lit, incapable de tout mouvement, au point de ne pouvoir changer de position sans le secours d’une infirmière.

A cette date, août 1933, l'examen montrait :

Pieds

— droit: hallux valgus ; les autres orteils sont également

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