‹ Le Rhumatisme PsoriasiqueChapitre 34 sur 42 · ARE · texte numérisé non relu

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Schamberg étudia les rapports du psoriasis et Ja teneur du régime alimentaire en azote ; il a constaté une rétention azotée évoluant parallèlement à l’intensité de l’éruption. Le régime pauvre en azote eut une action favorable sur l’éruption.

Lipmann, Wulf, Grosz, Grube et Garrod considèrent que le psoriasis est une manifestation goutteuse, hypothèse que l’on ne peut même plus discuter aujourd’hui.

Pick a trouvé le taux du sucre augmenté et on « invoqué le diabète sucré.

Mais malgré tout l'hypothèse d’une diathèse urique dominait la question.

Plus récemment la question du métabolisme des graisses dans le psoriasis a été soulevée. Bernhardt et Zalenski ont constaté de l’hypocholestérinémie dans 70 % des cas. Schreiner et Bilger ont également noté que le taux de la lécithine et de la cholestérine se maintient chez tous les psoriasiques au-dessous de Ja normale. Le rapport de lécithine à cholestérine est inférieur au rapport trouvé chez les individus normaux. Les auteurs ont pu modifier l’index lipoïdique par des injections intraveineuses de lécithine et obtenir une modification favorable de l’éruption. psoriasique.

Par contre Grütz et Bürger, qui ont étudié de façon très complète le métabolisme des graisses chez les psoriasiques, en faisant des dosages successifs à jeun et après administration de cholestérine dissoute dans 100 cc. d'huile d'olive chaude, ont trouvé un chiffre

es

de cholestérine totale dépassant la normale. Ces constatations les ont amenés à soumettre leur malade au régime sans graisse, ce qui leur a également permis d'obtenir d'excellents résultats. Ces faits leur permettent de penser que, dans le psoriasis, l'abondance des lipoïdes de la peau est conséquence d’une lipémie anormalement élevée.

Ces résultats contradictoires montrent la fragilité des théories soutenues. Loin de méconnaître l’importance du terrain dans l'apparition du rhumatisme psoriasique, il est cependant permis de constater que toutes les recherches qui ont été entreprises pour le rattacher à une viciation de la nutrition ou à un trouble du métabolisme n’ont apporté aucune preuve. Ses plus ardents partisans ont peu à peu délaissé cette théorie. Gaucher, après l’avoir longtemps défendue, s’est rallié à la théorie infectieuse ; beaucoup le suivirent.

Tous les dosages que nous avons effectués nous ont toujours fourni des chiffres voisins de la normale ou tout au plus quelques perturbations isolées sans signification précise.

THÉORIE ENDOCRINIENNE

Depuis longtemps certains auteurs supposent qu'il existe une corrélation étroite entre le psoriasis et les glandes vasculaires sanguines. Bien qu’imprécise cette hypothèse est assez séduisante, car elle permettrait de concilier bien des mystères ; les troubles nerveux et ceux du métabolisme par exemple s’expliqueraient par l’entremise du système neuro-glandulaire.

Nous rappellerons brièvement les principaux arguments invoqués à l’appui de chacune de ces hypothèses qui ont successivement incriminé un dysfonctionnement des glandes génitales, surrénales. thyroïdes, parathyroïdes, de la rate, de l’hypophyse, du thymus et du pancréas.

Certains auteurs ont noté que les épisodes de la vie génitale chez la femme avaient une influence sur l'apparition et l'évolution du psoriasis, la puberté, la castration, la grosesse, l'accouchement jouent parfois un rôle qui paraît indéniable, Nous rappellerons l’observation de Chène et Clayeux, très suggestive à ce point de vue, concernant une jeune femme atteinte de rhumatisme psoriasique et chez laquelle les perturba-

fions ovariennes avaient une influence favorable et

régulière sur les manifestations articulaires ; celle de Celler qui traduit l’heureuse action du traitement folliculaire sur le rhumatisme psoriasique. Bertanzi et Verroti ont également signalé l’heureux effet de l’opothérapie ovarienne sur le psoriasis.

Mais plus nombreuses encore sont les observations où le rôle de l’ovaire n’est nullement démontré. D’autre part le psoriasis n’apparaît pas plus fréquemment chez la femme que chez l’homme dont les troubles génitaux ont été exceptionnellement incriminés.

Les glandes surrénales ont été l’objet de nombreuses recherches ; aux arguments cliniques : dermographisme, raie blanche, modifications des réflexes pilo-moteur et du réflexe oculo-cardiaque, aussi peu démonstratifs qu’inconstants, on a voulu associer d’autres tests. Richter, qui a étudié dans 11 cas de rhumatisme psoriasique la valeur des glandes à sécrétion interne, conclut à un trouble des glandes surrénales ; il en donne pour preuve que les injections intradermiques d’adrénaline déterminent une baisse considérable des leucocytes qui ne dure que peu de temps et est suivie d’une élévation anormale de leur taux, alors qu’une injection sous-cutanée détermine une leucocytose immédiate. L’examen des capillaires pendant et après l’injection d’adrénaline lui a permis de constater que l'injection intradermique est suivie d’une vaso-dilatation rapidement remplacée par une vaso-constriction intense. Grüneberg a établi que dans les efflorescences de psoriasis, il y a enrichissement de la peau en soufre. Puisque

les glandes surrénales et surtout l’écorce paraissent être l’organe régulateur principal du métabolisme du soufre de l’organisme au moment de la rémission, la desquamation représentant la tendance de la peau à s'enrichir en soufre traduirait une hyperactivité fonctionnelle des capsules surrénales. Il a donc traité ses malades par de l'extrait cortical de surrénales à très fortes doses et aurait obtenu des résultats surprenants. Nous ne pouvons apprécier avec certitude ces méthodes, leurs auteurs ne donnant aucun renseignement précis sur elles.

D’autres ont invoqué en faveur de l’origine thyroidienne les résultats de l’opothérapie, extraits thyroidiens : Meinéri rapporte un cas de rhumatisme psoriasique s’accompagnant d’un état d’hypothyroïdisme très amélioré par le traitement opothérapique thyroïdien (Busch, Brocq, Hobson) ; d'autres malades, au contraire, ont été améliorés par l’irradiation du corps thyroïde (Lévy-Franckel et Juster). Malheureusement le métabolisme basal n’a jamais permis de déceler des variations importantes en faveur d'un trouble thyroïdien. Au cours de deux interventions pour parathyroïdectomie, nous avons cependant noté une atrophie importante avec sclérose du corps thyroïde.

Leszcynsky avait émis l'hypothèse d'une relation entre le psoriasis et les glandes parathyroïdes, car il aurait trouvé le signe de Chvostek, trois fois plus souvent chez les sujets normaux, et par Wilson qui a obtenu de bons résultats à l’aide des extraits parathyroïdiens. Le signe de Chvosteck n'a pas été re-

trouvé par G. Vurchio et par ailleurs le dosage du calcium sanguin chez ces malades a tendance à être à la limite supérieure de la normale plutôt qu’abaissé. Tous nos dosages de la calcémie (Guillaumin) nous ont donné des chiffres normaux : pratiquée 12 fois elle s’est maintenue entre 0 gr. 095 et 0 gr. 107 ; Marcel Labbé, Boulin et Justin Besançon, par contre, ont trouvé chez un de leurs malades une hypercalcémie indiscutable : 125 mmgr. par litre de sang. Un bilan du calcium et du phosphore chez ce même sujet leur a montré par contre une rétention du calcium et du phosphore, fait paradoxal, étant donnée la décalcification importante du squelette de ce malade. Dans les 5 observations communiquées par Weissenbach, deux fois la calcémie est apparue supérieure à la normale : 126 et 113 mmgr., mais cet auteur rattache cette perturbation à un trouble de la fonction rénale qui, dans les deux cas, était caractérisée par une élévation de la constante uréo-sécrétoire ; il les considère donc sans signification pathologique. Cependant, étant donné les quelques résultats heureux récemments obtenus par la parathyroïdectomie dans certains cas d’arthrite ankylosante, dont l’hypercalcémie ne constitue qu’un critère de valeur bien relative, étant donné par ailleurs notre ignorance vis-à-vis du rhumatisme psoriasique, nous nous sommes décidés à confier deux de nos malades à M. Chifoliau qui à bien voulu tenter chez eux cette intervention (Obs. 7 et 9). Elle fut rendue très difficile par l'attitude penchée que présentaient ces malades, attitude qui fut

irréductible même sous anesthésie générale. Il fut impossible d'extraire la glande parathyroïde, mais l'intervention dans les deux cas a permis de constater une atrophie considérable avec sclérose du corps thyroïde.

Cette intervention ne fut suivie d’aucune modification notable de l’état des malades, c’est à peine s'ils ont accusé une légère sédation de leurs douleurs.

Certains auteurs se sont loués de l’irradiation de la rate et du thymus (Brocq, Lévy-Franckel, Carillon). L’insuline même a donné un certain nombre de bons résultats.

Enfin, l’hypophyse a été également incriminée. Rochlin et Schurmunsky (1926), qui étudièrent quelques malades au point de vue endocrinien, considèrent que la glande hypophysaire est toujours à l’extrême limite inférieure de la normale, que les mains prennent volontiers le type acromégalique et qu'ils ont observé assez souvent chez les psoriasiques des modifications des glandes à sécrétion interne.

Si les recherches effectuées au moyen de la méthode interférométrique (selon la méthode d’Abderhalden- Hirsch) ont révélé à Curth un certain degré d'action de l’hypophyse dans 12 cas sur 23, les autres auteurs n’ont rien constaté de caractéristique, qui permette de s'orienter en faveur d’un dysfonctionnement physiologique d’une glande : ovaire, parathyroïde, thymus, rate, surrénales, thyroïde ou hypophyse. Contrairement à la constatation de Curth, nous avons observé un résultat qui serait plutôt en faveur d’une hyperactivité hypophysaire (Obs. 8).

Retenons que jusqu'ici les troubles du métabolisme et les recherches interférométriques n’ont apporté aucun résultat valable.

Que conclure de résultats aussi disparates qui ont été suivis de traitements discordants et qui, chose plus étrange encore, déterminèrent les mêmes résultats, malheureusement inconstants et passagers ?

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