‹ Le Rhumatisme PsoriasiqueChapitre 37 sur 42 · TER · texte numérisé non relu

TER

tose. L’ensemencement pratiqué le 28 avril 1933 déterminait l'apparition de microcolonies le 24 mai 1933. Chez ce malade l'examen clinique et radiologique ne révélait aucun signe de tuberculose. L’intradermo-réaction et l’hypodermo-réaction à la tuberculine se montraient également très fortement positives, cette dernière déterminant une réaction de 4 em. de diamètre, phlycténulaire en son centre, avec induration. Ce même malade revient nous voir deux mois plus tard pour une nouvelle poussée de sa dermatose, à cette occasion, nous refaisions un ensemencement sur milieu de Lœwenstein qui, 26 jours après, entrainait l'apparition des microcolonies.

Chez ces deux malades nous n'avons pu repiquer ces microcolonies sur milieu de Læœwenstein et les inoculations au cobaye ne nous ont pas permis de provoquer de lésions tuberculeuses. Notons également que le jour des hémocultures. nous pratiquions des inoculations de sang au cobaye qui ne nous donnèrent aucun résultat.

Dans le premier cas un cobaye a été inoculé avec 2 cc. de Sang citraté, centrifugé, laqué. Ce cobaye a été sacrifié 70 jours plus tard et la moitié de la rate a été inoculée à un autre cobaye, trois mois après il était encore bien portant: l'autre moitié de la rate a été ensemencée sur milieu Læwenstein et n’a rien donné. Deux autres cobayes ont été inoculés deux jours après l'injection de tuberculine, l'un avec 10 ce. de sang citraté, centrifugé, laqué, l’autre avec 2 ce.; le premier est mort d'infection intercurrente, le deuxième a été sacrifié trois mois plus tard, il ne présentait aucune lésion tuberculeuse, la moitié de sa rate a été inoculée à un autre cobaye qui était, trois mois plus tard, bien portant.

Dans le deuxième cas, selon la même technique, deux cobayes ont été injectés lors de chaque hémoculture ; nous en avons perdu deux accidentellement, les deux autres ont été sacrifiés et nous n'avons pas trouvé de lésion tuberculeuse.

Chez 14 autres de nos malades, dont les 5 atteints de rhumatisme : hémoculture sur milieu de Lœwenstein, inoculation à deux cobayes de sang citraté, centrifugé, laqué, aux doses de 2 cc. et 10 cc., se sont montrées inactives et l’inocu!atiom de la rate des cobayes sacrifiés à d’autres cobaÿes ne nous a pas permis jusqu’à maintenant d'isoler le bacille de Koch.

Quelles conclusions tirer des deux résultats positifs ? L’impossibilité dans laquelle nous avons été de repiquer ces microcolonies dénuées de caractère pathogène vis-à-vis du cobaye et par contre le fait que par deux fois chez un même malade à trois mois d’intervalle l’hémoculture s’est montrée positive rendent toute interprétation délicate. Devons-nous les considérer comme dépourvus de toutes significations ou pouvons-nous admettre qu’il s’agit d'éléments de virulence atténuée ? Nous croyons qu’il est encore difficile de se prononcer avec certitude sur leur véritable signification, nous les mentionnons et les retenons comme un encouragement dans nos recherches.

Particulièrement remarquables sont les résultats que viennent de communiquer Weissenbach et Martineau.

Jusqu'à présent, les procédés classiques d’inoculation au cobaye du liquide articulaire même prélevé en poussée inflammatoire m’avaient pas permis de mettre en évidence le bacille de Koch. Nous avons

nous-même inoculé deux cobayes, l’un avec 2 cc. de

liquide articulaire, l’autre avec 5 cc. (Obs. 9), sans déterminer de lésion tuberculeuse, L’ensemencement sur milieu de Læœwenstein du même liquide est demeuré stérile. Employant la méthode de Nègre et Valtis basée sur l'injection méthodique prolongée aux cobayes inoculés d’extrait acétonique de bacilles de Koch et par réinoculation en série, Weissenbach a pu mettre en évidence au troisième passage le bacille de Koch, l’isoler et l'obtenir par culture pure. Par contre, les cobayes témoins qui ont reçu la même quantité de liquide articulaire mais qui n’ont pas été traités par l’extrait acétonique, vivent encore. Ces belles expériences démontreraient que le liquide articulaire ne contient pas de bacilles de Koch purs mais qu'il s'agirait d'éléments filtrables auxquels le traitement des animaux par l'extrait acétonique a rendu leur virulence.

Gardons-nous, ici encore, de toute interprétation trop hâtive ; les travaux de Weissenbach et Martineau viennent dans un cas de rhumatisme psoriasique d'en démontrer la nature tuberculeuse, il faut que de nouvelles recherches confirment ces beaux résultats avant que l’on ne soit en droit de leur accorder avec certitude l'importance qu'ils comportent. L'erreur inverse serait aussi grave, personne aujourd'hui ne peut se croire en droit d'éliminer systématiquement du rhumatisme tubereuleux une arthrite sous prétexte que l’on n’a pu en isoler le bacille de Koch, on risquerait d'écarter du cadre de la tuberculose le plus grand nombre des faits qui lui appartiennent.

nee

Nous n’avons pu réaliser qu’une seule fois (Obs. #) l'examen par biopsie d'un ganglion, il n’a montré qu'une réaction inflammatoire subaiguë avec hyperplasie lymphoïde discrète.

Nous n'avons, par contre, jamais pu obtenir de biopsie de la synoviale, malgré tout le prix que nous aurions attaché à de tels examens.

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