‹ Le Rhumatisme Tuberculeux dans les Tuberculoses CutanéesChapitre 10 sur 20 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Recueillie à la clinique des maladies de la peau.

Lupus de la face. — Arthralgies intermittentes et tenaces.

D..., Charles, 18 ans. Aucun antécédent bacillaire héréditaire ou collatéral, Adénites dans l’enfance. Début de l'affection actuelle il y a deux ans. Il y a six mois apparition, pour la première fois, de douleurs aux genoux. Elles étaient intermittentes, mais duraient plusieurs jours.

Actuellement, le lupus qui a débuté par l’angle nasogénien offre l'aspect d’un vaste placard mamelonné et ulcéré par endroits. Les bords irréguliers tranchent mal sur les tissus restés sains. La lèvre supérieurc est infiltrée et ligneuse; elleest surmontée par un reliquat des cartilages du nez dont tout le reste a été détruit. Du côté des articulations rien d’anormal. Pas de douleurs à la pression. Pas de craquements lors des mouvements. Pas d’hydarthrose.

5 juin 1903. — Les douleurs sont survenues dans les deux genoux, surtout à l’occasion des mouvements, sans que l’examen objectif des articulations permette de rien déceler.

20 juin. — Disparition de la douleur dans les genoux, qui à duré avec une acuité égale pendant quinze jours.

45 Octobre. — Il y a eu desalternatives de douleur et de rémissions sans que les articles atteints aient présenté de gonflement ni de rougeur. Aujourd’hui c’est le coude gauche qui est malade. Les mouvements d'extension et de flexion sont pénibles et causent de la douleur. Le coude est augmenté de volume. La pression exercée de chaque côté de l’olécrane, le membre supérieur étant dans la rectitude déterminé un maximum de douleur. On note de la fluctuation.

29 octobre. — Malgré l’antipyrine, la douleur ne cédant pas, on immobilise le coude gauche dans une gouttière après révulsion à la teinture d’iode. La région périolécrannienne est toujours très douloureuse.

à novembre. — Le repos a calmé la douleur. Elle n’est pas réapparue dans les genoux. Le lupus ne s’est pas amélioré beaucoup à cause de la profondeur des lésions.

OBsERvaTION HI

Recueillie à la clinique des maladies de la peau,

Lupus tuberculeux de la face. Ostealgies du tiers inférieur des fémurs. Arthralgie de date récente.

R..., Marie, 51 ans. Père et mère non tuberculeux apparemment et non rhumatisants. Sœur morte de phtisie. Frère bacillaire, Enfance chétive, privations de toute sorte. Début du lupus à l’âge de 25 ans, à là tempe droite. Un an après, apparition de sensation de faiblesse dans les membres inférieurs avec douleurs spontanées et provoquées par des pressions à la partie inférieure des fémurs. A 29 ans, nouvelle plaque lupiuqge à la pommette droite, A3) ans, nouvelle plaque à la narine gauche.

Actuellement, etat général assez bon. La malade s’enrhume bien chaque hiver, mais l’auscultation ne décèle rien de positif aux poumons. La plaque de la tempe est cicatrisée à peu près. Les deux autres n’ont guère subi de modifications malgré le traitement. Il y a hyperproduection cornée de l’épiderme. Les tubereules sont très visibles, et n’ont subi aucun aucun ramollissement ni ulcération. Ils sont étendus de six centimètres sur cinq chacun. L’examen minutieux des articulations elles-mêmes ne permet pas de noter autre chose qu’une douleur à la pression des deux fémurs au-dessus de l’espace interarticulaire.

22 juin. Toujours la même faiblesse des membres inférieurs, localisations identiques de la douleur. La malade boite en marchant.

27 octobre. Le lupus n’u guère changé d’aspect malgré les pointes de feu et l’acide picrique. La pression est toujours douloureuse au tiers inférieur des fémurs. Symptôme nouveau : La pression sur l'interligne articulaire eveille de la douleur. Pas d’hydarthrose.

Roi Es

OBsERVATION [V

Recueillie à la clinique des maladies de la peau (Consultation externe).

Lupus de la joue. — Arthralgies. Arthrite sèche.

C..., Gustave, 19 ans, se présente à l’Antiquaille pour une affection ulcéreuse de la joue droite datant de six ans et de la faiblesse. Antécédents héréditaires entachés de bacillose surtout du côté maternel.

Pas de maladies graves de l'enfance qui a été chétive. Aspect lympathique, visage pâle, amaigri. L'ulcération qu’il présente à la joue a débuté, il y a 6 ans, par un petit bouton, dans l’angle nasogénien. Ce bouton n’a pas guéri et s’est étendu au point d’atteindre une dimension supèrieure à celle d’une pièce de cinq francs. A cette époque, il y a trois ans, le malade a été amélioré par la photothérapie, méthode de Finsen.

Actuellement, surface ulcérée de troïs centimètres sur trois centimètres environ, d'aspect gaufré, circonscrite par de petits nodules présentant une coloration jaunâtre quand on tire la peau à la périphérie. Un liquide séropurulent rare, sourd lentement et se concrète en croûtes. Les tissus environnants sont plutôt infiltrés. Ganglions cervicaux et retro-parotidiens tuméfies. Pas de généralisations ganglionnaires. Le malade dit s’enrhumer facilement les hivers. Il cracherait peu. Appétit conservé. Pas de sueurs nocturnes, pas d’hémoptysie. Amaigrissement notable, Depuis quatre ou cinq ans, douleurs dans les articulations, particulièrement dans le membre supérieur droit. Ge sont des douleurs vagues, sans localisation précise, contre lesquelles un traitement salicylé n'aurait donné aucun résultat. Pendant les crises, tout travail est impossible. Elles durent cinq à six jours. Actuellement quelques craquements dans l'épaule droite à l'occasion des mouvements provoqués. Les jointures n’ont jamais été gonflées.

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