‹ Le Rhumatisme Tuberculeux dans les Tuberculoses CutanéesChapitre 6 sur 20 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Etiologie. — Pathogénie.

Pendant longtemps, on a envisagé la tuberculose comme une affection bien déterminée, dont le tableau clinique répondait à quelque chose de bien défini et qui devait nécessairement se présenter à l'observateur avec un cortège de symptômes toujours identiques à eux-mêmes. Pour les anatomo-pathologistes et les histologistes, il semblait que seuls devaient être considérés comme tuberculeux les individus dont les lésions présentaient macroscopiquement les tubercules, les masses caséeuses, les abcès froids, les fongosités, et microscopiquement les follicules de Koœster, les nodules, les cellules géantes avec leur double ceinture de cellules épithélioïdes et embryonnaires. Un peu plus tard, en plus de ces lésions, on admit quelques productions auxquelles on reconnut une nature tuberculeuse, telles que les synovites à grains riziformes. Mais le cadre de la tuberculose n’était pas plus vaste et les cliniciens, à leur tour, se retranchant derrière les anatomopathologistes se refusaient à reconnaître tuberculeuse une lésion qui s’écartait de ces deux types : fornne granulique et forme caséeuse.

Mais actuellement, ainsi que l'ont fait remarquer plusieurs auteurs, M. le professeur Poncet entre autres, à la Société de Chirurgie : « la bacillose ne forme plus une

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€ unité, mais bien une trinité pathologique. À côté de la € tuberculose spécifique et classique prennent place, très € probablement, une tuberculose septicémique et certai- € nement une tuberculose rhumatismale et inflammatoire, « avec réaction simple, ordinaire des tissus, comme en pro- « duisent toutes les infections, tous les empoisonnements. » Or, la tuberculose est essentiellement protéiforme : elle peut s'attaquer aux viscères, au squelette, au tégument externe, en revêlant tel ou tel aspect, et en donnant des lésions qui sont variables suivant les cas. Il ne suffit pas que le bacille de Koch envahisse par quelque point que ce soit l’économie d’un individu pour que fatalement cet individu soit voué soit à une granulie rapidement mortelle qui l’emportera en quelques jours, soit à la progression lente de lésions qui aboutiront à la fonte caséeuse des tissus atteints. Certes, une infection tuberculeuse par voie sanguine est généralement d’un pronostic sévère, mais dans toutes les circonstances où le bacille de Koch devient un danger pour l'organisme, il n’est pas de cas assurément, où il soit moins redoutable que lorsqu'il se localise à la peau. Malgré cela, il n’en subsiste pas moins que nous devons appeler tuberculeux et le traiter comme tel, tout individu présentant, en quelque point que ce soit de son organisme, du bacille de Koch.

On admet depuis le rapport de Hallopeau au IT Congrès international de dermatologie et syphiligraphie (1896), que les manifestations tuberculeuses au niveau de la peau sont de caractères très différents. L’ulcération tuberculeuse, la gomme tuberculeuse, le tubercule sous-cutané, tragiquement illustré par Laënnec, le lupus vulgaire dit de Willan constituent les lésions les plus marquées ayant pour cause,

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