CHAPITRE Il
Observations. — Fréquence. — Formes cliniques.
L'hypothèse que nous avons émise au nom de la pathologie générale, à savoir: qu'un processus infectieux, tuberculeux en l’espèce, déjà localisé à la peau, pouvait avoir un retentissement sur les synoviales articulaires en sollicitant d'elles des réactions d'intensité variable, nous fait un devoir d'en tenter la vérification et nous devons nous
demander si:
10 On trouve des cas de rhumatisme tubereuleux chez des porteurs de tuberculose cutanée;
20 Quelle est la fréquence de cette localisation articulaire ?
30 Quelles sont les formes cliniques qu’on rencontre le plus fréquemment ?
Les cas ne nous ont pas paru très nombreux dans la littérature médicale, mais cette rareté n’a rien qui doive nous étonner, attendu que le rhumatisme tuberculeux ne date que de quelques années et qu'il y a six ans son histoire était encore inconnue. On ne pouvait par conséquent envisager dans ses rapports avec d’autres affections une affection qu'on méconnaissait. Cependant, en parcourant les publications récentes, nous avons pu colliger quelques
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observations qui auraient assurément été plus nombreuses si les conditions avaient été autres. En effet, les dermatologistes qui en sont les auteurs, ayant à publier une observation intéressante au point de vue dermatologique pur, ne signalaient, en passant, que les manifestations articulaires assez graves pour avoir d'emblée attiré leur attention, et ils ont tout naturellement, pour ne les avoir point recherchées, passé sous silence les formes plus bénignes, arthralgiques sûrtout, qui sont, comme nous le montrerons, de beaucoup le plus fréquemment trouvées quand on les recherche par un interrogatoire soigné.
A. Rhumatisme tuberculeux et Lupus. — Pour compléter nos recherches bibliographiques autant que pour nous faire une 6pinion personnelle sur la question, nous avons examiné à la Clinique dermatologique de l’Antiquaille, vingt-neuf malades atteints de lupus, que nous présentait le hasard etsur six d’entre eux, nous avons noté la coexistence de manifestations tuberculeuses sur le tégument et au niveau des articulations. Nous y ajoutons la publication de neuf observations étrangères, où la même coexistence a été observée. On pourra y voir que les phénomènes rhumatismaux signalés se rencontrent surtout chez des individus atteints soit de lupus anciens, soit de lésions lupiques très étendues. Aucun enfant ne figure dans ce tableau, probablement parce que ceux que nous avons examinés (ils élaient cinq) étaient porteurs de lésions trop récentes ou trop peu étendues. De plus, nous avons évité de rapporter les observations d'individus ayant des antécédents héréditaires ou personnels entachés d’arthritisme, pour qu'on ne soit pas tenté de mettre sur le