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ces caractères sont, pour Cadet de Gassicourt, caractéristiques de la pleurésie rhumatismale, même en dehors de toute manifestation articulaire. Cependant, elle peut rester unilatérale dans toute son évolution, et Cadet de Gassicourt rapporte sommairement un cas, assez semblable à notre cas personnel, d'une pleurésie unilatérale pendant toute son évolution, qui s'accompagnat de péricardite et d'endocardite, et dans lequel les douleurs arliculaires et musculaires ne firent leur apparilion que deux jours après la disparition de la pleurésie.
La péricardite rhumatismale s'observe aussi bien dans les formes graves que dans les formes bénignes, c'est elle qui, par.sa bégninité ou sa gravité, imprime son cachet à la maladie tout entière.
Elle peut être sèche, c'est-à-dire caractérisée par une production abondante de fausses membranes, ou comporter un épanchement abondant. La gravité dépend, soit de l'étendue des fausses membranes, soit de l’abondance de l’épanchement. La péricardite sèche est caractérisée par un bruit de frottement, la péricardite avec épanchement par l'éloignement des bruits du cœur, par laugmentalion de la matité cardiaque et par la voussure de la région précordiale qui peut parfois être considérable. L'enfant éprouve une dyspnée dont l'intensité est très variable el une douleur en général peu intense.
À côté de ces trois manifestalions qui sont fréquentes, nous pouvons encore signaler la pneumonie et la congestion pulmonaire rhumatismale ; pour Cadet de Gassicourt, celle dernière complication serait toujours secondaire à une complication cardiaque. Le tube digeslil n'est influencé par le rhumatisme que dans sa partie toute supérieure, et l'angine rhumatismale est assez
fréquente chez l'enfant, elle peut marquer le début d'une attaque.
Enfin, il est une série de manifestations qui semblent spéciales à l’enfance, c'est le rhumatisme des gaines tendineuses, du tissu fibreux et du tissu cellulaire souscutané.
Ce sont les nodosilés de Meynet, qui sont généralement nombreuses, indolores, sauf au moment de leur apparition. Du volume d'un pois ou d’une noisette, semblant adhérer par un pédicule au périoste, aux tendons et aux aponévroses. Elles peuvent exister en dehors de toute manifestalion articulaire, et s'accompagner de péricardite ou d'endocardite.
Il ne nous reste plus qu'à mentionner le rhumatisme cérébral, rare chez l'enfant, caractérisé surtout par le délire, le coma survenant rapidement, et l'évolution fatale. Parfois d revèt une forme méningitique, parfois une forme choréique.
Enfin, nous ne pouvons que rappeler les rapports du rhumatisme et de la chorée.
En somme, il résulle de tout ce que nous venons de voir que le rhumatisme viscéral chez l'enfant est une affection grave.
La Contribution des Auteurs Modernes à l’'Étude
de cette gravité
Celle gravité du rhumatisme viscéral chez l'enfant, démontrée ainsi que nous l'avons vu par IH. Roger el Cadet de Gassicourt, a retenu également l'attention d'auteurs modernes, et nous pouvons ciler, comme contribution à cette question, la thèse de Landry (Paris,
1903) et un mémoire de Weill et Thévenot paru dans les Archives de médecine des enfants, en 1907.
La thèse de Landry, intitulée : « De la gravité du rhumalisme chez les enfants », inspirée par M. Barbier, contient vingl-{rois observations qui mettent en relief la fréquence des complications cardiaques et leur gravité.
Cette fréquence, cette gravité des lésions rhumalismales du cœur donnent au rhumatisme infantile une physionomie spéciale.
Chez l'adulte, les lésions cardiaques sont relativement rares et ne surviennent que dans les cas d'arthropathies intenses généralisées.
Au contraire, le cœur est souvent atleint, même dans les cas d’arthropathies légères et limitées (arthralgies, torticolis).
Chez l'adulte, l'endocardile évolue lentement, est longtemps compensée. Chez l'enfant, il y a aussi des cas de compensalions parfaites et durables, mais souvent l'endocardite se complique chez lui de péricardite qui vient assombrir le pronostic, en précipitant l'apparition de l'asystolie, de la syncope. La péricardite domine le pronostie du rhumalisme cardiaque el, par suile, du rhumalisme infantile, en général. Comme l'avait dit Cadet de Gassicourt, le rhumatisme lue par la péricardite.
Le mémoire de Weil et Thévenot, paru dans les Archives de médecine des enfants, 1907, décrit un {ype clinique caractérisé par :
[° Par l'absence presque complète d'accidents articulaires au début ;
2° Par des lésions cardiaques et péricardiques à marche {rès insidieuse, mais pourtant continue et progressive ;
ÉTOl
3° Par des fluxions viscérales, pulmonaires en particulier ;
4° Par une évolution fatale, la mort survenant au cours du syndrome décrit par lun d'eux comme caractéristique de la myocardile parenchymateuse.
Voilà les trois observalions qui leur ont servi de {vpe, elles méritent d'être consignées ici.