‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 18 sur 349 · N. Pasquier, Lettres, 1623, p · texte numérisé non relu

N. Pasquier, Lettres, 1623, p

2. Déposition de Desdiguières(Bibl. nat., Cinq Cents Colbert22i, fol. 60 r°). '■). Nous avons indiqué ailleurs tous ses mouvements d'argent (la Vie

intime d'une rrine.de France, p. 385). Arnauld d'Andilly, Journal, 1857, p. 287.

4. Dépositions d'André de Lizza (Iîibl. nat., Cinq Cents Colbert 221,

fol. 407 r°), d'Alvarez (fol. 380 v°). Cf. Richelieu, Mém., t. I, p. 15:5, 170;

Déageant, Mém., 1668, p. 42; Matthieu, la Conjuration de Conchinc, p. 261.

le coup d'état du 24 avril 1617. 37

à la retraite; il achèverait sa vie tranquillement en Italie, casant son fils, jouissant de ses biens ; et il énumérait avec candeur les richesses immenses qu'il avait ramassées. Seulement, ajoutait-il, sa femme ne voulait pas s'en aller; il l'avait « conjurée à genoux »; elle lui avait « reproché sa lâcheté et son ingratitude de vouloir abandonner la reine »J. Déguisait-il la vérité? Léonora avait-elle reculé au moment où Concini se fut décidé? Plus sûrement, ainsi qu'un joueur enivré par le succès, Concini ne voulait réellement pas quitter la partie; il s'entêtait, lançant son quitte ou double et il prétendait, par dilettantisme de condottiere, savoir l'extrémité où ce bonheur pouvait le conduire : il le dit : « Je veux voir jusques où la fortune peut pousser un homme2. » Il s'acharna !

Alors, de toutes parts, dans le royaume, une clameur s'éleva. Elle monta cette fois jusqu'au trône. Que faisait donc le roi? Lui « qui avoit la charge et le soin de l'essaim raisonnable et civil de ses sujets, alloit-il demeurer insensible et impassible, sans sentir aucune passion du mal public «? S'il avait du jugement, n'avait-il donc pas de courage3? « Sa prudence » n'était-elle que de la « fétardise » et sa « longanimité » de la « poltronnerie » 4? «Il est temps, Sire, s'écriait-on, que vous commenciez à parler en roi, autrement tout s'en va en désordre3 ».

1. Bassompierre, Journal, éd. Chantérac, t. II, p. 106 et suiv.

2. Ce mot, qu'il dit pour la première fois à Magny en Normandie, un soir où, dans une auberge, il était demeuré assez longtemps rêveur, assis devant le feu (Chaulnes, Relation exacte, p. 463), il le répéta plusieurs fois. Tous les auteurs contemporains le mentionnent.

3.N. Pasquier, Lettres, 1623, p. 563;Bentivoglio, Lettere, 1863, t. I,p.46.

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