‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 19 sur 349 · Cité par Avenel, Lettres de Richelieu, t. I, p · texte numérisé non relu

Cité par Avenel, Lettres de Richelieu, t. I, p

« La violence de leurs tyranniques déporlemenls est montée à tel excès, proclamaient les princes, que leurs artifices ne peuvent plus empêcher que la voix et la doléance publique, ne frappent l'oreille de Votre Majesté, et n'émeuvent vivement votre compassion1. » Et le duc de Bouillon, dans une lettre rendue publique, « supplioit le prince d'appliquer aux plaies du royaume les remèdes que toute la France attendoit avec soupirs de sa main salutaire »2. « Le remède est en vos mains et en votre puissance, appuyaient les seigneurs en armes; si vous n'en usez, le mal se rendra incurable; il n'est que de votre seule parole3 ». « Ne ressentez-vous point cette vigueur qui anime vos semblables d'un élan au delà du commun, cet aiguillon d'honneur et cette pointe de courage qui pique leur cœur? Votre pauvre peuple à genoux, les yeux pleins de larmes, n'a, ni veut avoir recours qu'à Votre Majesté4! » Et, par une démarche solennelle, les Etats de Guyenne assemblés disaient à Louis XIII : « La France ne peut supporter, ni demeurer muette parmi une si horrible calamité. » Nous venons, « en vous parlant librement, dire à Votre Majesté que puisqu'elle a l'âge et le cœur d'acquérir des royaumes en faisant le roi, elle doit sauver celui-ci de la domination de ces étrangers » 5. La France en appelait au roi! Le roi répondit.

1. ■ Lettre des princes au roi », Bilil. nat., ms. Dupuy 92, fol. 77 r°.

2. Lettre de Monsieur /<• duc de Bouillon au roi, (s. I.), 1017, in-'i . \>. 0. :. // monstrance présentée au roi //«/• les princes, ducs, pairs, anciens officiers de /•; couronne, (s. 1.), 1017, in-4°, p. 2.

4. Protestation des princes, ducs, pairs ri autres vrais François, (s. I. n.d.), ni-'i . |>. i : Déclaration et protestation des princes, 1017, in-4°, p. 19, .'i. / • ttre dr l'assemblée des États de Guyenne tenue en la ville d'Âgen, (s. I. in-'i . p. 2. Cf. la Restauration de l'État, (>. t.), 1617, in-12.

Avec le sentiment élevé de sa dignité et la jalousie excessive qu'il avait de son pouvoir royal, il n'était pas possible que Louis XIII n'en arrivât pas à considérer comme nécessaire de revendiquer pour lui la direction de l'Etat et de chasser ceux qui gouvernaient odieusement le royaume en son nom. Anne d'Autriche confiait plus tard à madame de Motteville que, « depuis sa majorité, le prince avoit témoigné en nombreuses occasions, — devant elle, — le dessein qu'il avoit de prendre connoissance des affaires » !. Mais que pouvait-il faire? Il essaya de hasarder auprès de sa mère des plaintes directes au sujet du maréchal d'Ancre : il fut mal reçu. De quoi s'occupait-il? A de nouvelles tentatives, l'accueil fut si emporté qu'il renonça à les renouveler. « Je ne peux rien dire à ma mère, avouait-il, parce qu'elle se met en colère2. » Peu à peu, l'idée de réclamer le pouvoir envahit son esprit. Il verra ensuite dans cette pensée pressante une inspiration divine3. A mesure, l'idée se transforma en décision, puis « en une résolution inébranlable ». C'est Louis XIII qui a eu l'initiative du « coup d'Etat » 4.

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