‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 193 sur 349 · Dépêche du même du 20 novembre 1623, Ibid · texte numérisé non relu

Dépêche du même du 20 novembre 1623, Ibid

:j. Lettre de Puisieux à Sillery du x\ mar< 1622, Arch. des kff. . France TTH. fol. 38 r°.

4. Lettre de Sillery a Puisieux du 2 mai 1022 et réponse de Pu le 16, Ibid., fol. 105 r , 121 r. L'écuyer Benjamin apprend au prince a monter a cheval; il est suppléé par M. de Pontrincourt (fol. 146 r°).

el le roi fait semblant d'être satisfait : « Mon frère, lui écrit-il, le plaisir que vous prenez en vos exercices me contente bien fort ». Il le laisse chasser : il espère que les facilités qu'il lui donne, seront une raison de plus, chez Monsieur, de se montrer empressé et dévoué à l'égard du roi. « Je suis bien aise, lui mande-t-il, du plaisir que vous prenez à la chasse et d'avoir vu de vos prises. Passez votre temps doucement; ayez soin de votre santé; je me promets que vous prendrez toujours peine de me plaire, comme je m'efforcerai de vous faire ressentir les effets de ma bonne volonté. » Il lui donne un beau cheval en ajoutant aimablement : « Je suis satisfait de vous avoir baillé chose que vous aimez et qui puisse aider à votre contentement et à votre plaisir1. » C'est qu'au fond, malgré les raisons qu'il a d'éprouver peu de tendresse pour ce frère qu'on a essayé de lui opposer, il ne peut se défendre de ces sentiments d'attachement que lui inspire toute sa famille. Apprend-il que Gaston s'est blessé, il s'inquiète; il lui écrit : « Je ne puis demeurer en repos ayant appris l'accident qui vous est arrivé, sans envoyer savoir l'état de votre santé. Bien que j'ai été assuré qu'il n'y avait nul péril à votre blessure, mon affection vers vous me rend si sensible à vos maux que les moindres me sont de très grande considération : » et il signe : « votre affectionné frère 2 ». Le sentiment est sincère. Louis XIII étant à Paris et Gaston se trouvant malade à Saint-Germain, le roi montera à cheval, ira rendre visite à son jeune frère afin de

1. Lettres de Louis XIII à. Gaston des 2 mai 1623, 2 avril et 1er juin 1624, Bibl. nat., ras. fr. 3722, fol. 57 r".

2. Lettre de Louis XIII ù Gaston, datée d'Avignon, 19 novembre 1622, Ibid., toi. 57 v° et 58 v .

savoir de ses nouvelles, l'encourager, le consoler1. Ce sont ses heures de sollicitude. Cette sollicitude se manifestera encore en laissant les gens autour de lui chercher à le marier, quoique le prince soit encore bien jeune et que la naissance d'héritiers de ce côté, pour le roi qui n'en a pas, puisse devenir un sujet d'inquiétude et d'appréhension2. Louis XIII n'est pas aussi indifférent qu'il le paraît.

Mais cet esprit de famille, cette affection fraternelle qu'il ne peut s'empêcher d'éprouver, c'est surtout à l'égard de ses sœurs, « ses petites sœurs », qu'il en a fait preuve.

Voici rainée, Elisabeth, celle qu'on appelait autrefois « Madame » et qui a été mariée en 1615 à l'infant d'Espagne, futur Philippe IV. Comme on l'aimait, quand elle était petite! Comme Louis XIII, dauphin, se montrait pour elle gracieux, plein d'attentions et de prévenances, s'amusant à la servir à table en gentilhomme servant, lui répétant : « c'est ma petite femme3! » Lorsqu'il a fallu se séparer d'elle, en 1615, et probablement pour toujours, car en ce temps les visites entre princes régnants sont d'une rareté telle qu'on peut dire qu'elles ne se produisent pas, le jeune roi de France en a eu le cœur déchiré : les adieux se sont faits avec un véritable désespoir : « Larmes, sanglots, dit Héroard, cris mêlés avec les baisers <•( les embrassements, le

I. Héroard, 23 avril 1019, Bibl. nat., ms.fr. 4020. fol. 164 i .

''. Lettre de Luca Fabbroni degl'Asini à Marie de Médicis du 0 janvier 1024 concernant un projet de mariage entre Monsieur et la prini ■ Anne de Toscane : Bibl. de l'Institut, collection Godefroy, vol. 20'.», a 96.

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