Ibid., t. II, p. 175, lettre du nonce du 17 janvier
Louis XIII en prit son parti; madame de Verneuil fit une querelle au nonce; puis il n'en fut plus parlé1.
Ne pouvant obtenir pour l'évêque de Metz le chapeau de cardinal, Louis XIII voulut, au moins, qu'il fut prélat instruit, éloquent, bon théologien. Il l'encourageait : « Mon frère de Metz, lui écrivait-il, votre bonne résolution à vous rendre toujours plus recommandable par vos études, me contente si fort qu'ayant appris par le rapport du P. A. les dernières actions que vous avez faites en public et comme vous avez depuis peu très doctement soutenu et emporté avec honneur et louange d'un chacun une énigme exposée aux disputes de votre classe, j'ai voulu vous témoigner par la joie que j'en reçois, combien j'affectionne l'avancement de vos études. En les continuant de la sorte, vous acquerrez par vos labeurs la gloire que je désire être jointe à votre qualité. Je vous donnerai toutes occasions de le faire; même étant à Paris, je veux assister aux premières disputes que vous ferez et, par ma présence, vous rendre encore plus assuré de mon affection 2. » Et Louis XIII faisait l'honneur à son frère de venir l'écouter au collège de Clermont. Lorsqu'en janvier 1624 le marquis de Verneuil se disposera à passer ses thèses théologiques, ce sera à son royal parrain qu'il les dédiera. La soutenance aura lieu solennellement au collège des Jésuites : le roi y assistera accompagné d'une brillante suite de princes, de cardinaux,
I Lettres du nonce <\r> M) et 2l> décemhre 1617, Bcntivoglio, Lettere, t. Il, p. 117, 136.
2. Lettre de Louis XIII à Henri de Verneuil (de vers 1623), Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 76 r". Le P. A. dont parle le roi, est peut-être Le P. Ignace Armand, recteur des jésuites à Paris, dont le nom est mêlé aux disputes du début du XVIIe siècle entre les jésuites et le Parlement ou l'Université.
FRERES ET SCEURS. 475
d'évêques, de seigneurs. Le Mercure français, publication officieuse, mentionnera l'événement1.
Tandis que, dans son collège, l'évêque de Metz mène une existence laborieuse et modeste, — il ne paraît guère aux fêtes de cour — sa sœur, mademoiselle de Verneuil, au contraire, figure au Louvre en un rangbrillant, celui des princesses, après les enfants de France, entre la princesse de Condé et la comtesse de Boissons2. Sans être méchante, mademoiselle de Verneuil est une personne un peu inconsidérée. Liée avec Anne d'Autriche et la duchesse de Luynes, elle fait partie, nous l'avons vu, de ce petit groupe des amies de la reine frivoles, gaies, hardies, et assez imprudentes. On sait comment Louis XIII finira par éloigner mademoiselle de Verneuil : il la confiera à la surveillance de la duchesse d'Angoulême3. C'était une disgrâce! ces mauvaises dispositions ne dureront pas. Louis XIII en voudra si peu à mademoiselle de Verneuil, qu'il s'occupera de la marier de façon brillante. Dès 1619 il a été question pour elle d'un seigneur italien, le duc Orsini di Bracciano. Le projet n'a pas eu de suite \
1. Mercure françois, 1623, t. X, p. 878. La thèse ne sera imprimée qu'en 1626. Les positions figureront sur une belle planche gravée offrant le portrait du roi. Louis XIII soutint Henri de Verneuil dans les discussions de celui-ci avec sa mère, la marquise de Verneuil, au sujet de la gestion de ses biens. Après la mort d'Henri IV, l'administration de la fortune d"IIenri de Verneuil avait été confiée à un certain Bernard Maire. Madame de Verneuil voulut exiger la jouissance de cette fortune. Elle cita Maire devant le Parlement. Par arrêt du conseil du 15 octobre 1613 le roi défendit au Parlement de connaître du litige. Voir des arrêts du conseil concernant cette affaire : Arch. nat., E. 58A, fol. 247 r°; E. 1685, fol 24 r°; 66 *, fol. 219 r°.