Chaulnes. Relation exacte, éd. Michaud, p
3. Lettres de Louis XIII au duc et à la duchesse d'Angoulême (s. d.), Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 90 v°. Voir plus haut, p. 423.
4. Lettre du nonce du 25 août 1619, Bentivoglio, Lettere, t. III, p. 458, 462, 475.
En 1622 mademoiselle de Verneuil trouvera un des plus grands partis de France, Bernard de Nogaret, marquis de la Valette, fils du duc d'Épernon. Il ne déplaira pas à Louis XIII de voir entrer sa sœur naturelle dans une telle famille ; il pouvait se rappeler le temps où son père voulant donner un de ses enfants illégitimes à un Montmorency, s'attirait du vieux connétable cette verte réponse : qu'il y « avait assez de bâtards comme cela dans sa maison1. » Le roi célébrera les fiançailles du jeune couple le 13 décembre 1622, à Lyon, dans la chambre de la reine2. Par un brevet daté du môme jour, il permettra à sa sœur de conserver à la cour son rang de princesse. Par le contrat, signé la veille, Louis XIII donnera à la fiancée 600 000 livres et une pension annuelle de 30 000 livres3.
Quoique devenue marquise de la Valette, mademoiselle de Verneuil ne cessera pas de subir l'autorité que Louis XIII fait éprouver à toute sa famille. Le roi continuera à la diriger, à se réserver le droit de lui permettre de se déplacer : « Mon cousin, écrira-t-il au duc d'Epernon, ma sœur de la Valette m'a demandé
1. Sur ce mariage de mademoiselle de Verneuil, voir les lettres de Sillery à Puisieux de 1622, Arch. des Air. étrangères, France 777, fol. 23 r°et suiv; Cf. le vicomte de Nouilles, le Cardinal de la Valette, Paris, Perrin, 1906, in-8°, p. 70. Nous avons la lettre par laquelle Louis XIII annonce le mariage à sa mère, Bibl. nat.. Cinq Cents Colbert O.S. p. 162.
2. A deux heures du matin : Ilcroard, Bibl. nal.. ms. fr. 4027, fol. 132 V. Voir aussi Bassompierre, Journal, éd. Chantérac, t. 111, p. 101; Fonlenay-Mareuil, Mém., éd. Michaud, p. \12.
3. La marquise de Verneuil assurait a sa lille 12 000 livres de rentes payables après sa mort; Henri de Verneuil promettait d'abandonner, au uniment de la liquidation de la future succession de sa mère, 3 000 livres de rente à sa sœur (texte du contrat, Arch. des Aiï. étrang., France 777, fol. 208 r° et suiv.). Pour le brevet dont nous parlons, voir Jbid., fol. 212 r°.
permission de vous aller voir : je le lui ai accordé à la charge qu'elle vous assurera de la continuation de ma bonne volonté et qu'elle demeurera aussi en cette assurance que je l'aimerai toujours comme une bonne sœur et que je témoignerai toujours, par les effets, l'affectionner bien fort Je vous prie de l'aimer étant ce qu'elle m'est : je vous saurai bon gré des témoignages que vous lui donnerez de votre affection et vous ferai paraître en avoir du ressentiment1. » La note paraît presque tendre : Louis XIII aime aussi « la petite Verneuil », comme son frère et conserve pour elle cette préférence qu'il a montrée à son égard dès son enfance.
Il n'a abandonné aucun des enfants de son père. Il en est une avec laquelle il a conservé des relations sympathiques : une religieuse de Fontevrault, coadjutrice du monastère : Jeanne-Baptiste de Bourbon, fille de Charlotte des Essarts, comtesse de Romorantin. Lorsqu'elle a voulu se faire religieuse, le jeune roi l'a félicitée et fortement encouragée. Il lui écrit de temps en temps des mots aimables, lui demande de prier pour lui. Il a soin de sa santé ; une épidémie se déclare-t-elle à Fontevrault, il lui commande de quitter la maison pour se mettre en lieu plus sain. A elle comme aux autres il -témoigne de cet attachement attentif, autoritaire, à la fois, et dévoué, qui caractérise sa sensibilité particulière et son caractère 2.
1. Lettre de Louis XIII à M. d'Epernon datée de Paris 1er juin 1625 : Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 195 r°.
2. Lettres de Louis XIII à madame de Romorantin, « sa sœur naturelle », coadjutrice de Fontevrault, Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 204 r°, 209, r°, 216 v°. En 1618 un individu, se faisant appeler Henri de Bourbon, parcourait le midi se disant fils d'Henri IV. Louis X1I1 le fit enfermer au château de Tarascon (Bibl. nat., ms. Clairambault 375, fol. 54 r°).