Richelieu, Mém., 1. 1, p
4. « 11 duca di Luynes mette studio non solo a rendersi benevoli quei che -du buoni a giovargli, ma quelli etiandio che gli ponno nocere. » (Bibl. nat.. ms. ital. 1774, p. 111).
•"). Arch. des Affaires étrangères, France 773, fol. 254 r°.
quoi celui-ci aurait voué à la reine mère une haine implacable. Et, en effet, il protestait. 11 faisait imprimer qu'il était absurde de penser que sa faveur eut pour condition nécessaire l'éloignement de Marie de Médicis1. Il assurait la reine mère de son respect et de son dévouement2. Au début, avant que la légende d'un M. de Luynes responsable de tout n'eût pris corps, Marie de Médicis lui témoignait sa sympathie, faisait des cadeaux à sa femme3. Lorsque les causes de plaintes se produisirent, elle ne pensa pas, au premier moment, que Luynes pût être incriminé, mais elle commença à soupçonner qu'il se laissait trop impressionner par son entourage : « Je me plains de Luynes moins que des autres », disaitelle, « car je suis bien informée qu'il n'a pas été le premier auteur de toutes les rigueurs et rudesses qu'on m'a tenues. Je me plains de ce qu'il a donné trop de créance et de pouvoir à ceux qui faisoient gloire d'oser tout contre moi4. » Elle l'estimait « très bon », peut-être trop facile « à recevoir de mauvaises impressions »5. Luynes n'avait cer-
1. Requête présentée au roi par Monsieur de Luynes, Tours, P. Martin, 1619, in-12, p. 3.
2. Par le P. Arnoux, qu'il chargeait de cette mission (Arch. des Affaires étrangères, France 772, fol. 195 r°).
3. « Ayant toujours reconnu votre bonne volonté en mon endroit..., etc. » (lettre de Marie de Médicis à Luynes de juin 1617, dans Avenel, Lettres de Richelieu, t. VII, p. 405). « 120 1. payées à l'écuyer de Villesavin pour avoir été à Paris trouver la dame de Luynes pour lui porter de notre part le présent que nous lui avons envoyé » (21 octobre 1617, Bibl. nat., Cinq Cents Golbert 92, fol. 154 r°). 11 s'agissait d'un bijou de 10,000 écus (dépèche de l'ambassadeur vénitien du 13 octobre 1617, Bibl. nat., ms. ital. 1771, p. 435).
4. J.-B. Matthieu, Hist. de Louis XIII, dans P. Matthieu, Hist. de Henri IV, p. 101.
5. Lettre de Richelieu à Luynes d'août 1621, dans Avenel, t. VII, p. 505 : « Elle (Marie de Médicis) vous tient très bon; j'use de ces mots parce que je lui ouï dire fort souvent en faisant jugement de vous. •>
tainement pas de haine contre la reine mère ni contre personne. Plus tard, Déageant l'affirmait à Richelieu1. Blainville racontait à Marie de Médicis que M. de Luynes s'était toujours opposé à la moindre mesure violente proposée au Conseil du roi contre elle a. Celui qui proposait ces mesures, c'était Déageant, — la reine mère le savait bien et la cour ne l'ignorait pas 3, — puis les ministres, impatientés des intrigues qui se faisaient autour de Marie de Médicis pour lui faire reprendre son ancien pouvoir et soucieux de mettre le gouvernement du roi en garde contre l'esprit brouillon dune femme aigrie.
La véritable pensée de M. de Luynes a été qu'il était de l'intérêt moral et religieux de la famille royale, de l'intérêt de l'Etat et de son propre intérêt à lui, que la brouille entre la mère et le fils cessât. Il priait M. de Béthune de le répéter à Marie de Médicis à Angoulême * : il l'écrivait lui-même à la reine mère5. Lorsqu'il vit que les préventions étaient plus fortes, qu'on l'accusait en termes blessants de tenir Marie de Médicis éloignée du roi, afin de dominer le souverain, qu'on le comparait à