Déageant, Mém., éd. de 1668, p
2. Bentivoglio, Letlere, t. IV, p. 241 ; lettre du 20 mai 1620.
3. Richelieu, Mém., éd. Michaud, t. I, p. 179; dépèche de Contarini du 16 mars 1619 (Bibl. nat., m*, ital. 177:î, p. 34); lettres du uonce des 29 août. 21 novembre, 19 décembre 1618 (Bentivoglio, Lettere, 1865, t. II, p. 563; t. III, p. 103, 140). Déageant proteste n'avoir jamais rien proposé qui fut contraire à « l'honneur et au respect » qu'on devait à Marie de Médicis (Mém., éd. de 1668, p. 130).
4. Lettre de M. de lîéthune à Luynes lui rendant compte de sa conversation avec la reine mère (21 mars 1619, Bibl. nat., Cinq Cents Colbert 97, fol. 98 r°)-
5. Lettre de Luynes à Marie de Médicis de 1618 (Arch. des Affaires étrangères, France 772, fol. 46 r°).
Concini, il proposa au roi de se retirer de la cour : le roi n'accepta pas '.
Il travailla à la réconciliation. Après la fuite de Marie de Médicis de Blois, Modène disait au nonce qu'il « fatiguait » Louis XIII de ses instances2. Ce fut lui qui tlécida le roi à envoyer M. de Béthune à Angoulème pour négocier cette réconciliation. Il suivait dans le détail l'affaire avec le roi et le secrétaire d'État Pontchartrain3, recommandant à Béthune de présenter sa défense, espérant que la reine « ne voudroit pas continuer de négliger, pour ne pas dire mépriser, sa soumission et ses respects, accompagnés d'un véritable désir de la servir4 ». Et la négociation ayant enfin abouti, pouvant parler, il protestait à Marie de Médicis de ses véritables sentiments : « Après avoir prié M. de Béthune et le P. de Bérulle », lui écrivait-il, « de témoigner à Votre Majesté avec combien de passion je désire l'honneur de ses bonnes grâces, je prends la plume pour confirmer leurs paroles par cette lettre et supplier Votre Majesté de la recevoir pour gage du très tendre service que je lui dois et que je m'oblige de lui rendre tout le temps de ma vie, me soumettant d'être tenu le plus infidèle homme du monde si les effets ne correspondent à ce devoir... Si je savois quelques
1. Luynes le fit publier, mais la chose passa inaperçue. Requête présentée au roi par Monsieur de Luynes, Tours, 1G19, in-12, p. 5.
2. « Ghe il re avrebbe fatto quanto avesse potuto per dare ogni possibile soddisfazione alla madré, e che Luynes avrebbe faticato in questo quanto avrebbe potuto » (lettre du nonce du 2 mars 1619, dans Bentivoglio, Lcttere, 1867, t. III, p. 228).
3. Voir les lettres de Pontchartrain à M. de Béthune (Bibl. nat.. Cinq Cents Colbert 97).
4. Lettre de Luynes à Béthune du 25 mars 1619 (Ibid., fol. 100 r°).
inventions pour lever à Votre Majesté les mauvaises impressions qu'on lui a voulu donner de moi et l'assurer de mon extrême affection, il n'y en a aucune à laquelle je n'eusse recours pour lui en rendre témoignage ' ». Et deux mois après il lui mandait : « Je ne saurais vous témoigner l'extrême contentement que j'ai d'avoir reçu par M. de Montbazon nouvelles assurances de la confiance que Votre Majesté veut avoir en moi et de l'honneur qu'elle me fait de prendre créance aux protestations que je lui ai faites par lui de la servir avec toute la passion qu'elle sauroit désirer. La joie que m'apporte la résolution qu'elle a prise de venir à la cour sur la parole que le roi lui a donnée qu'elle y recevra toute satisfaction est si grande qu'il m'est impossible de l'exprimer2. » Témoignage plus grave encore, le P. Arnoux, se portant garant de la bonne foi de ses pénitents, Luynes et Louis XIII, osait écrire : « Comme leur confesseur, je réponds volontiers des intentions que je recognois être telles au fond de leurs consciences... Je voudrois de mon propre sang signer ce que j'en crois3 ». Aussi l'entrevue de Marie de Médicis et de Luynes à Couzières, le 5 septembre 1619, après tant d'événements depuis la mort de Concini, fut-elle relativement cordiale. Luynes mit un genou en terre et dit : « Je suis heureux, Madame, toute la France est heureuse et se réjouit extrêmement de votre venue. Le roi votre fils et mon seigneur demeurera très content de votre présence
1. Lettre de Luynes à Marie de Médicis, datée de Tours, le 13 juin 1019 (Arch. des Affaires étrangères, France 772, fol. 94 r°).