Richelieu, Mém., éd. Michaud, t. I, p
2. Remarque déjà faite par V. Cousin (Journal des savants, 1861, p. 283). Malherbe écrivait à Luynes (dans Œuvres, éd. Lalanne, t. I, p. ;'.ilj : •< Pour ce qui est de votre fortune, ils ne peuvent pas nier que toute grande qu'ils la figurent, elle ne soit encore au deçà de beaucoup d"autres dont nous avons l'histoire dans le siècle et dans le royaume. »
homme qui est en haut d'une tour, à qui la tète tourne et n'a plus de discernement ' ». Des gens qui connaissaient bien le favori le lui avaient prédit en 1617 : « Combien de grands personnages se sont-ils perdus pour avoir trop tôt et trop haut logé leurs espérances et couru devant le temps à des incertitudes2! » Luynes n'écouta rien.
Dès 1617, premier gentilhomme de la Chambre, lieutenant général au gouvernement de Normandie et du Pont-de-1'Arche, capitaine de cent hommes d'armes, capitaine de la Bastille, il visa plus haut3. La lieutenance générale de Normandie étant trop mince situation, après avoir essayé, sans succès, de se faire donner le gouvernement de la province, il décida Mayenne à lui laisser la lieutenance générale de l'Ile-de-France, en mai 1618, sous réserve de s'attribuer le gouvernement de Paris4. Mais Paris était dangereux; par ailleurs, au lieu d'une lieutenance, il fallait à Luynes, avec un gouvernement en titre, un établissement sur qui le mît à l'abri des retours de la fortune. Il pensa à la Bretagne, à la Provence5: il choisit la Picardie, province maritime, et l'obtint le 26 novembre 1618, avec les gouvernements solides d'Amiens, de Calais, de Boulogne, de Saint-Quentin et de la Fère6.
Il se fit nommer duc et pair. Il acheta sur les bords de la Loire la terre et le comté de Maillé dont il fit