‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 248 sur 349 · i'd., par exemple, fol. 619 r°, 635 r · texte numérisé non relu

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durera quelques mois. C'est dans ces quelques mois qu'il a cherché à tout accaparer. Au Conseil, le poids de sa charge encombra le gouvernement. Pareille grandeur eut troublé esprit mieux équilibré que le sien; M. de Luynes perdit la tète.

Il se posa en Majesté. Il affecta des manières souveraines. Les seigneurs les plus illustres durent attendre des heures à sa porte avant d'avoir l'honneur d'être admis1. Luynes donnait audience à table à toute la foule des officiers qui avaient des ordres à prendre du connétable : il écoutait, répondait négligemment et expédiait les affaires en mangeant2. 11 se mit à tutoyer tout le monde : « Il estimoit obliger les grands quand il leur donnoit en passant un regard du coin de l'œil avec un petit sourire ». Il parla et il agit comme s'il disposait de tout3 : « Il en étoit venu jusqu'à ce point que, sans plus parler de la personne du roi, il disoit : « Je vous ferai donner une charge de maréchal de France ; je vous ferai ceci, je vous ferai cela' ». Il osa articuler que « sa parole donnée valait des brevets », comme si le roi n'était plus là5. Il confirmait des promesses de Louis XIII

1. Son beau-père lui-même, M. de Montbazon, « piqua le coffre » dans l'antichambre. Les coffres, placés dans les antichambres, servent de siège. L'Horoscope du connétable, avec le passe-partout des favoris, 1622, in-12, p. 27; Seconde partie et réponse « à la Chronique des favoris », p. 25.

2. Dépèche de Priuli du 2 mai 1621 (Bibl. nat., ms. ital. 1776, p. 105).

3. VOmbre de Monseigneur le duc de Mayenne, 1622, in-12, p. 18; Seconde partie et réponse à « la Chronique des favoris », p. 24-25.

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