Richelieu, Mém., t. 1, p
5. Le mot fut dit à Duplessis-Mornay (Lettre de M. du Plessis envoyée à M. le duc de Montbazon le 23 octobre 1020, louchant l'assemblée tenue à Loudun par permission du roi, Paris, 1620, in-12, p. 3). Il fit scandale. Voir le Manifeste de M. de Bouillon envoyé à Messieurs de la religion, 1622, in-12, p. 22; Méditations de l'hermite Valérien, 1621, in-12, p. 26: Richelieu, Mém., t. I, p. 251.
afin de rendre celles-ci tout à fait sures. On conta mille traits : 11 envoyait impertinemment prier le roi de passer chez lui1; il s'opposait à une faveur accordée par le prince en chapitrant celui-ci et ordonnait de dresser des brevets conformément à ses volontés, contrairement aux décisions royales*; il parlait publiquement au roi « le bonnet sur l'oreille » 3 et l'interrompait pour le contredire : « Tout beau, sire4 ! » Il bravait le maître en se montrant plus généreux que lui afin de lui donner la leçon. Il n'avait plus de retenue. On le vit reprocher à Louis XI II d'être indiscret parce que le roi avait voulu savoir ce qu'il venait de dire ; se fâcher après lui un jour où le souverain avait disposé d'une compagnie en faveur de certain capitaine, sous prétexte que « c'étoit à lui, connétable, et non au roi à disposer » de cette compagnie5. Il fit espionner le roi6. Il osa raconter ouvertement, étant à Piquecos, pendant le siège de Montauban, « que si la lignée royale avoit manqué, le peuple jetoit les yeux sur lui »; et il ajoutait « qu'il ne tenoit sa fortune que de Dieu et de son épée7. Nous avons un billet de lui de 1621 ainsi conçu : « Je ne crains ni cette femme (Marie de Médicis), ni ses brigues, car l'homme (le roi) me craint
1. Seconde partie et réponse « à la Chronique des favoris », 1622, in- 12, p. 23, libelle émanant d'un témoin oculaire et qui cite des faits précis que le Journal d'Héroard rend d'ailleurs vraisemblables.
2. Voir un fait cité par l'auteur, également bien renseigné, de l'Ombre de Monseigneur le duc de Mayenne aux princes, 1622, in-12, p. 13.