AR, QU
le rire stéréotypie persiste avec ses modalités variables.
S1 l'agitation ne persiste pas dans l’état démentiel terminal, et c'est là le cas le plus fréquent, nous nous trouvons en présence d'une démence apathique.
Plus de délires, plus d'impulsions, peu de stéréotypies : « Ce qui est caractéristique, écrit M. Sérteux, c'est l’indifférence émotionnelle du malade, son extraordinaire apathie, la ruine de tous les sentiments affecüfs, altruistes, éthiques, avec un état de torpeur, plus ou moins profond de toute activité psychique (perte de l’attention, du jugement, ete.) Ces déments précoces recherchent la solitude, gardent le mutisme et l’immobilhté, alors même qu'ils ne sont ni délirants, ni désorientés, n1 amnésiques, ils ne s'intéressent à rien de ce qui les entoure, n1 à leurs compagnons d’infortune, ni à leurs parents dont ils apprennent la mort avec une indifférence complète, le monde extérieur a pour eux cessé d’exister. Bien plus, leur propre sort ne les préoccupe. pas Ils ne demandent jamais leur sortie ; ils ne connaissent point l'ennui ayant perdu tout besoin d'activité psychique et même physique ; ils ne cherchent pas à améliorer leur condition actuelle, ils ne font pas de projets : passé, présent, avenir, rien ne les intéresse, rien ne les émeut. Leur propose-t-on leur sortie, ils l’acceptent passivement : leur déclare-t-on ensuite qu'ils devront rester dans l'établissement, ils acceptent encore, sans protestation. Ils pleurent très rarement.
Chez les déments précoces, on n'observe, en général, ni l’euphorie des paralÿtiques généraux, des déments organiques ou séniles, on ne constate pas
Pt REA davantage rien qui ressemble à l'émotivité morbide des dégénérés. »
Chez de tels malades, plus de rires impulsifs, plus de fous rires, quelquefois des rires stéréotypés, mais le plus souvent une sorte de sourire qui donne au facies un aspect de sérénité parfaite. Ce rire n'est pas l’expression d’un état euphorique. Nous venons de voir par la description précédente que les malades sont aussi incapables d'exprimer un sentiment de joie qu’un sentiment de tristesse; 1ls sont isolés du monde extérieur, et pourtant, lorsqu'on s'occupe d’eux, lorsqu'on leur parle, le plus souvent un sourire a l'air de traduire un vague sentiment de plaisir sur leur visage.
Peut-être ce sourire n'est-1l dû, comme le pense Dumas, qu’à l'hypertonicité musculaire subsistant chez certains malades et se diffusant aux museles de la face suivant la loi de moindre résistance. En tous cas, n’estil pas curieux de voir que, tandis que, chez l’homme normal, le rire semble suivre une progression ascen dante depuis le sourire jusqu'au rire franc, chez nos déments, au contraire, à mesure que leur intelligence s’étiole peu à peu, le rire qui au début se traduisait par des manifestations bruyantes et exagérées subit, au contraire, une gradation descendante pour arriver au simple sourire de la période terminale, alors que l'intelligence a sombré définitivement.