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des moues que l’on a appelées bouche en groin, en coin, en museau. Toutes ces stéréotypies proviennent d'une excitation du nerf facial: or, cette excitation peut produire comme l'ont admirablement montré les expériences de Ducnexxe de Boulogne toutes sortes d'expressions mimiques, soit que l'on électrise directement le facial à la sortie du trou stylo-mastoïdien, soit que l'on agisse isolément sur tel ou tel groupe musculaire. Ges stéréotypies de la face et en particulier le rire qui sont si nettes chez les catatoniques existent néanmoins dans les autres formes de la démence précoce, car c'est également comme des stéréotypies que l’on doit envisager le maniérisme, les tics, les grimaces et l’absurdité du maintien qui sont si fréquents chez les hébéphréniques.
Telles sont les différentes manifestations du rire dans la démence précoce à la période d'état. Les rémissions de la maladie sont peu fréquentes, la guérison encore plus rare. Livrés à leur propre évolution, après un temps plus ou moins long, suivant les différentes
. formes de la maladie, les déments précoces subis-
sent un arrêt dans leur déchéance intellectuelle ou au contraire en arrivent à une période de démence terminale que nous allons envisager maintenant.
Les différentes formes de la démence précoce aboutissent toutes à un état d’affaiblissement psychique qui présente des caractères bien spéciaux. En effet, tandis
ein que l'on voit parfois subsister les stéréotypies de toute nature, les conceptions délirantes s’atténuent progressivement et finissent par disparaître.
Quelques malades paraissent conserver des hallucinations et, s'ils continuent à présenter parfois des idées hypocondriaques, de grandeur ou de persécution, elles sont bien puériles et bien stupides. Il est des formes frustes où l’affaiblissement psychique terminal est peu accentué : mais elles sont peu fréquentes. Ces malades peuvent à première vue avoir l'aspect d’un sujet normal : ils accomplissent avec ponctualité la tâche qu'on leur a donnée, mais si on les interroge, on s'aperçoit vite de la déchéance de leur activité mentale, de la diminution de leurs sentiments affectifs, de leur absence de curiosité et de souci de l'avenir. « Ils éprouvent parfois une satisfaction de leur situation présente, écrit M. Sérieux, sans rien cependant qui ressemble à l'euphorie du paralytique général ». Ces malades rient quand ils se trouvent dans des milieux où l’on rit, ils ont l'air de comprendre le comique des choses, mais leur esprit ne participe certes à cette gaîté qu'ils manifestent que dans une mesure bien minime.
Dans les cas où l’atteinte du mal a été plus profonde, où la déchéance intellectuelle est complète, la terminaison se fait par un état démentiel où peut persister l'agitation. Nous retrouvons alors le négativisme et les stéréotypies dans toutes leurs variétés. Les impulsions diminuent cependant, nous ne trouvons que bien rarement le rire impulsif qui caractérisait pour nous la période initiale ou la période d'état. Seul