‹ Le Rire Dans la Démence PrécoceChapitre 5 sur 21 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les monographies modernes sur la démence précoce retrouvent la trace chez les anciens auteurs de descriptions de malades qui certainement étaient des déments précoces.

En 1809, Pixez. dans son Chapitre de l’Idiotisme, en 1818, SPURZHEIM, sous le nom d'idiotisme accidentel, décrivent des cas de cette maladie. On en trouve également des descriptions frustes dans Esquiror (1814), plus précises dans le Traité des maladies mentales de Morez, (1857). Mais chez tous ces auteurs, tant de types cliniques sont confondus qu'il nous paraît bien difficile parmi les états de gaîté auxquels ils font allusion, de trouver une description se rapportant de façon typique à nos malades.

Il nous suffira de citer pour mémoire, parmi tant de descriptions confuses des anciens auteurs, ces quelques lignes empruntées à GUISLAIN (1852), Leçons orales

sur les phrénopathies, Leçon XXII ; Parlant de phré-

Ps Ye nopathies survenant chez des individus jeunes, il signale des éclats de rire alternant avec des pleurs. « Que, chez quelques aliénés on trouve un éclat de contentement, même de folâtre gaité, rien n’est plus vrai, je l'ai déjà dit antérieurement. Mais voici précisément le point culminant de la matière : les phénomènes sont des actes consécutifs, même secondaires, tertiaires, qui témoignent des progrès qu'a fait la maladie, et souvent l'intensité avec laquelle ont agi les causes morbides. L'homme ne passe pas d'un coup d'un état physiologique complet à la gaîté morbide ; il y a chez lui des prodromes : il commence à être inquiet, affecté, anxieux, mélancolique ou mécontent.

« La douleur devance la joie, et le plus souvent, cette dernière ne se manifeste que lorsque la maladie a déjà duré longtemps. »

Cette courte description nous paraît présenter un vif intérêt, les malades auxquels fait allusion GuisLain, ressemblant étrangement à des déments précoces.

Mais il faut arriver à KanzBaum (1863) et à Hecker (1871) pour trouver sous les noms de catatonie et d’hébéphrénie des descriptions plus précises, plus cliniques de ces malades.

KauLBaum dans son Étude sur la catatonie écrit : « Dans le stade catatonique qui peut durer des semaines et des mois, 1l faut noter la monotonie des actes, le mutisme, les rires subits ; le stade terminal est la démence, »

Hecxer décrit un processus morbide qui survient à la fin de la puberté, met obstacle au développement ultérieur de l'intelligence et détermine une forme spé-

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