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Le dément précoce au début se rend beaucoup moins bien compte de son état, il en souffre beaucoup moins, illui arrive quelquefois de pleurer, mais bien moins souvent qu'il ne rit, de ce rire que rien n'explique et qui vient souvent interrompre brusquement sa tristesse la plus profonde ZïEnEx insiste sur ce symptôme qu’il considère comme particulièrement intéressant lorsqu'on le rencontre au début de la démence précoce.
Ce seul signe, croyons-nous, peut, même à une époque si primitive faire penser à une faiblesse corticale. Il est, en effet, pour nous, un signe net d’affaiblissement intellectuel et nous croyons qu'il est commun à toutes les formes de début de la maladie, malgré l’opimon de M. RéGrs qui considère le rire morbide comme spécial au début hystériforme.
Le diagnostic est aussi délicat entre les formes mélancoliques de la démence précoce au début et la mélancolie. « Dans la mélancolie, écrit MI! Pascaz, la dépression et la douleur morale s'installent d'une façon aiguë à la suite d'un choc psychique. Dans la démence précoce on ne trouve pas toujours de cause morale, et les troubles psychiques sont plutôt des effets que des causes de maladie, La discontinuité des troubles affecüfs est le caractère le plus important de la mélancolie symptomatique de la démence précoce. Dans la mélancolie, la douleur morale tend à progresser, ou à s'’amélorer dans les cas bénins. Elle évolue sans solution de continuité. Dans la démence précoce la dépression la plus profonde est interrompue par des réactions morbides non adéquates à l’état de tristesse et d’abatte-
SEE TS ment. Parmi ces réactions, il faut signaler les impulsions, les grimaces, les colères violentes, le sourire et le rire sans motif. Ce dernier symptôme d'une importance capitale met en évidence l'absence de concordance entre les réactions mimiques et l'attitude douloureuse du malade. Les explosions de rire brèves peuvent passer Inaperçues ; de même les grimaces et les tics. La surveillance prolongée est alors absolument nécessaire. »
Le diagnostic peut encore devenir plus difficile dans les cas où le malade est plongé dans le mutisme, lorsqu'il s'agira d'établir si ce mutisme provient d’une inhibition mélancohique, ou d'une cause démentelle.
Si nous trouvons de tels éclats de rire, nous pouvons affirmer la cause démentielle.
Nous croyons avoir démontré l'intérêt qu'il peut y avoir pour le clinicien à reconnaître de bonne heure chez des malades en état de dépression ces rires, tant dans leur forme explosive et courte, que dans leur forme de fou rire. Ils doivent faire penser à l’affaiblissement intellectuel et faire porter un pronostic très réservé sur l’évolution de la maladie.
Tout autre est le tableau clinique que nous allons tracer du rire chez le dément précoce à la période état. Le rire est très net, très caractéristique, il apparaît au milieu d’une foule d’autres symptômes démentiels; il a gardé le plus souvent les mêmes formes
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d'expression qu'il avail au début de la maladie, mais il apparaît au milieu d'un ensemble de manifestations cliniques tout à fait différentes.
Nous prendrons comme type de notre étude la forme hébéphréno-catatonique et nous considérerons un malade en état dépressif ; il reste apathique, 1l est plongé dans une torpeur dont on ne peut le faire sortir, 1l demeure insensible à toutes les excitations extérieures, 1l sort parfois de cet état pour une eourte crise d'excitation, mais surtout d'autres symplômes ont apparu qui ont pu faire préciser le diagnostic, nous voulons parler du négativisme, de la suggestibihité et des stéréotypies. Nous savons dès lors que nous avons affaire à un dément.
Le négativisme est « une tendance permanente et instinctive à se raidir contre toute solhcitation venue de l'extérieur, quelle qu’en soit la nature ».
S1 par exemple nous saisissons le bras d’un catatonique, nous le voyons immédiatement contracter ses muscles pour s'opposer aux mouvements que nous voudrions luiimprimer, si nous essayons de tirer de lui une réponse, 1l se renfermera dans le mutisme le plus absolu. Si nous lui disons de rire, il fera une grimace, ou contractera les muscles de sa face pour éviter de rire malgré lui. Cette opposition devient systématique pour les actes naturels et les malades arrivent à refuser de se vêtir, de manger, etc.
Par contre, celte opposition systématique est remplacée de temps en temps chez nos malades par une suggestibilité exagérée, c'est-à-dire par « une tendance générale permanente et insunelive à adapter toute sol-
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hat licitation venue de l'extérieur, qu’elle qu’en soit la nature »,.
Cette sollicitation ne se manifeste pas seulement dans un ordre moteur (c'est la fleæibilitas cerea des auteurs allemands), les déments précoces tendent à reproduire les mots ou les phrases qu'on prononce devant eux : c’est l’écholalie ; ou encore à imiter les gestes où la mimique d’un individu. C’est ce qui produit chez ces malades cet air de se moquer qu'ils ont souvent, et quin’est qu'apparent : s'ils voient quelque malade de leur entourage rire, ils se mettent à rire, non pas que la gaîté de leur voisin ait suggéré en eux une idée drôle, ni pour se moquer de lui: ils rient simplement par imitation. C’est un phénomène d'échomimie.
Tandis que le négativisme et la suggestibilité constituent par leur coexistence ou leur succession, la stupeur catatonique, on décrit une excitation catatonique caractérisée surtout par des impulsions soudaines et par des stéréotypies : cette excitation n'est pas seulement spéciale aux catatoniques, on la trouve également chez les hébéphréniques ; c’est dans ces périodes d’excitation que se produit le rire.
Il peut être considéré comme une impulsion et comme une s{éréolypie.
Le rire impulsion se manifeste sous les deux formes que nous avons décrites dans la période de début: Il peut être explosif et s'arrêter brusquement, ou bien il peut prendre l'allure d'un fou rire que rien ne peut arrêter.
C'est par exemple chez un catatonique en état de.
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stupeur depuis plus où moins longtemps qu’il surviendra, soit isolément en une seule fois, soit à plusieurs reprises pendant toute une journée, et le malade retombera dans une stupeur qui pourra durer plusieurs Jours ou plusieurs semaines. Ce rire aura été l'équivalent d'une période d’excitation dont il aura pu être ou la seule manifestation ou bien un symptôme accompagné de plusieurs autres actes impulsifs.
D'autres fois, nous verrons un hébéphrénique rester des journées entières silencieux et immobile, plongé dans la tristesse etl’abattement du mélancolique, puis se mettre tout à coup à rire stupidement. ZIEHEN a beaucoup insisté sur ce phénomène qu'il appelle la paramimie hébéphrénique et qui consiste dans « la discordance entre les troubles intellectuels et les réactions mimiques ». Il considère cette dissociation comme un des caractères imprimés par la puberté à toutes les affections mentales apparaissant à cette époque de la vie.
Eten effet nous pouvons constater, dans les diftérentes formes de la démence précoce qu'il y a, suivant l'expression de Dromarp, « incongruence apparente entre l'expression émotive du sujet et la qualité émotionnelle de sa situation ».
Nous arrivons à l'étude du symptôme stéréotypie qui est très intéressant, puisque nous distinguons chez nos malades une forme de rire qui n'est qu'une stéréotypie.
Nous empruntons la définition de ce symptôme à KRAEPELIN : « La stéréotypie est caractérisée par la durée anormale des impulsions motrices, qu’il s'agisse
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d'une contracture permanente d’un certain groupe de muscles, ou de la répétition fréquente d’un même mouvement, »
Nous distinguerons, avec Ricer, Sécras et CAHEN, les stéréotypies des mouvements et des actes (stéréotypies parakinétiques) et stéréotypies d’attitudes (stéréotypies akinétiques.)
Les premières n’ont pour nous qu'un intérêt secondaire. Elles concernent les gestes qui sont exagérés, automatiques ou toujours les mêmes; le langage : « Exagérant la loquacité extravagante et l'affectation puérile de certains hébéphréniques qui répètent à satiété les mêmes mots, écrivent MM. Deny et Roy, les catatoniques qui ont de la verbigération, passent des journées entières à fredonner la même mélopée, à marmoter quelques mots ou quelques lambeaux de phrases, toujours les mêmes et, le plus souvent inintelligibles »: l'écriture, qui offre, comme le langage, les mêmes bizarreries, la même salade, la même verbigération,-les mêmes néologismes ; la.marche qui peut présenter les anomalies les plus invraisemblables ; et enfin les actes qui, le plus souvent, révèlent cette tendance générale à la stéréotypie.
Les secondes, ou stéréotypies d’attitude nous retiendront plus longtemps.
Elles peuvent : 1° concerner le corps tout entier : nous citerons l'exemple de ces malades qui restent dans un coin, toujours dans la même position bizarre, ou qui, couchés, se tiennent recroquevillés, où immobilisés, les genoux repliés, ou la tête sous le traversin.
2° Ne concerner qu'une partie du corps, le visage,
Ont par exemple, par la répétition ou la conservation anor male de certaines expressions naturelles ou artificielles. Ces stéréotypies du visages sont très nombreuses et très variables : le rire que l’on observe chez de semblables malades n’est qu'une stéréotypie : et tout d'abord, il est bien difficile de le caractériser tant 1l est variable dans sa durée et son expression mimique.
Tantôt, excessivement fugace, il naît et disparaît en l’espace d’une seconde, tantôt au contraire 1l dure beaucoup plus longtemps, mais 1l est toujours réduit à une contraction des muscles de la face ; jamais les mouvements respiratoires n'y participent. Mais ces contractions de la face n’élant elles-mêmes soumises à aucun contrôle mental, elles peuventse produire suivant les modalités les plus diverses : tantôt les muscles se contractent de façon homonyme exprimant nettement la gaîté, Lantôt au contraire les deux côtés de la face offrent les expressions les plus contradictoires et les plus paradoxales ; tel groupe musculaire indiquant la gaîté franche, tandis que tel autre exprime la tristesse, la colère ou même l'indifférence. C'est là un exemple de cette mimique dissociée si bien étudiée par M. le professeur Prerrer.
D'ailleurs ces stéréotypies du visage n’expriment pas seulement des sentiments que nos malades étaient autrefois capables d’éprouver (gaité, tristesse, colère, etc.) elles se manifestent également par toutes sortes de grimaces et de tics bizarres sans signification aucune : Les yeux, le nez, les joues, les lèvres, les màchoires se remuent et se contractent diversement de façon à réaliser des jeux de physionomie étranges,
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