Orthographe fautive pour Kamoutef
RITUEL DU CULTE DIVIN EN EGYPTE
M f^\ Vir (Cf. Rituel de Moût, I, 5 —
Mil ^ f J /ww« <2 ^
Paroles à dire : « Ames divines d’Héliopolis, vous êtes sauves si je suis sauf, et réciproquement; vos doubles sont saufs, si mon double est sauf à la tête de tous les doubles vivants; tous vivent si je vis. Les deux cruches de lait de Toum sont la sauvegarde magique de mes membres; la grande Sokhit, qu’aime Phtah, m’a donné la vie, la stabilité, la force derrière mes chairs, que Thot a assemblées pour la vie (?). Moi, je suis l’IIorus seigneur du ciel, beau de terreur, maître de bravoure, grand de crainte, qui lève haut les deux plumes, grand dans Abydos. — Le roi donne l’offrande, car je me suis purifié. »
Le chap. v et sa variante le chap. vi font allusion aux purifications solennelles que doit exécuter le roi-prêtre avant le service sacré'. Le roi déclare qu’il est « Horus»; cette identification se justifie ici doublement. D’une part, le prêtre du culte divin, — comme le prêtre du culte des morts, — joue le rôle qui incombe au fils d’Osiris vis-à-vis de son père, et prend le nom d’IIorus ; d’autre part, le prêtre est ici le roi, c’est-à-dire le fils du soleil Râ, véritablement né de la chair et du sang solaires; en cette qualité, le roi
1 . Voir, à ce sujet, mon étude Da caractère rclùjicax de lu ronaulè pharaonique, cliap. iv.
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assume aussi le nom d’Horus qui caractérise la filiation visà-vis de Râ comme vis-à-vis d’Osiris.
Or, le roi, Ilorus à double titre, par son droit de naissance et par son rôle de prêtre, ne peut exécuter avec efficacité le service sacré que si la puissance divine qu’il possède est renouvelée de fraîche date. La force divine qui lui permettait d’étre un prêtre n’était pas inépuisable : aussi devaiton prendre vis-à-vis du roi des précautions multiples pour (|ue sa divinité fût toujours en pleine activité. Tout roi recevait, « des l’œuf », la divinité, étant procréé par Amon lui-même dans le sein de sa mère; à sa naissance, l’enfant royal était reconnu par ses pères les dieux et consacré comme dieu; à l’avènement au trône, le roi était consacré à nouveau par les dieux; aux fêtes du renouvellement du couronnement (Jëtes Sed), la divinité du roi était encore renouvelée; enlin, en dehors de ces occasions solennelles, avant cha(|ue .service sacré, le roi subissait dans une partie spéciale du temple, la « chambre d’adoration » ^ {Padonaït), une consécration nouvelle'.
Cette consécration débutait par les purifications, et c’est pourquoi le prêtre, qui joue ici par délégation le rôle du roi, récite la formule des chap. ii et iii sur les purifications. Les
1 . Ce.s différentes scènes sont figurées en général dans les cours ou les salles liypostyles des temples, où les cérémonies préliminaires aux sacrifices étaient célébrées; à Edfou (Dümichen, Tcinpclinschriflen, 1)1. 8;{-84), une chapelle spéciale était ré.servée aux ablutions et au couronnement du roi. Le local fermé ou non s’appelait ^ Pa-doiiaif , « salle de l’adoration », sans doute parce que le roi y recevait l’adoration en tant que fils des dieux. Le Pa-dona'it est mentionné, dès la XII' dynastie, au temple de Koptos, et on peut admettre théoriquement sa présence dans tous les temples égyptiens. Les temples ptolémaïques, les mieux conservés de l'Egypte, comprennent toujours un local où les sccmes de purification, de couronnement, d’imposition des mains, d’allaitement, se retroin ent avec plus ou moins de développement, suivant les cas. Nous on citons un excellent c.xemple d’après la portion du temple de Karnak. ilécorée pai' l’hilip|)c Arrhidéc (pl. I). Voir, pour d’autres exemptes, mon étude Du caruclùre rcU'iicux. . ., chap. vu.
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tableaux des temples (pl. I) nous montrent dans le Padouaït le roi se tenant debout entre deux dieux, Horus et Sit, ou Horus et Tliot; ceux-ci le purifient avec le contenu de deux vases vidés au-dessus de sa tête, et l’eau qui en coule est souvent magique' et formée des signes de la vie, de la force, de la stabilité Cependant, une formule
répète la prière qui est prononcée au cliap. ii : « Tes purifications sont celles d’Horus, et réciproquement. « Après cette purification, deux dieux et deux déesses du Sud et du Nord posent sur la tête du roi les couronnes et ^ des deux régions; puis deux divinités, parmi lesquelles Toum figure généralement, prennent le roi par la main et le font monter solennellement ( ^ Jj P 1 Q royale montée vers le temple ») vers le sanctuaire du dieu principal du temple « pour qu’il voie son père » Le dieu
principal reçoit son fils, debout, et, le prenant par le milieu du corps-, il l’embrasse, ou bien le dieu est assis, son fils le roi, à genoux, lui tourne le dos; le dieu le couronne et exécute, le long de la nuque et du dos du Pharaon, les passes magnétiques ^ sotpou sa) qui lancent sur le roi le fluide de vie, sa anidi (^ ■^). Gt force divine ( |^)- Cependant une déesse, Isis ou Hathor, reçoit le roi sur ses genoux
1. L’eau nécessaire aux purifications du roi était fournie dans les temples par un « bassin » spécial, portant un nom symbolique. A Den-
dérah, c’était « le bassin de Toum » — « — , « on y prend de l’eau
pour le roi, afin qu’il s’en purifie» (iJ/'ndciah, 111,78/). Les textes d’Ombos, cités p. 8, n. 1, p. 79, n. 1, mentionnent aussi le bassin. A Edfou (Dümichen, pl. 81), on cite les vases d’or qui servent à purifier le roi. Un tableau du temple de Lou.xor nous montre Aménophis 111
remplissant d’eau divine le double bassin ( ' i — ^ ), où il fera ses
ablutions (Gaj’et, Lonxor, pl. VllI, fig. 47). Au temple d’Abousir, le roi Ousirnirî, de la V' dynastie, avait fait disposer dans la cour neuf ou dix grandes vasques d’albâtre destinées au même usage (cf. l’article et les photographies de Schâfer, Zeitschrift , XXXVll. p- 7 et fig. 3).
ANNALES DU MUSÉE GUIMET
et lui présente le sein pour qu’il y tette le lait divin (J| besa). Ces cérémonies achevées, la naissance divine du roi était comme renouvelée; Pharaon était confirmé dans sa dignité de roi-prêtre, c’est-à-dire de fils des dieux. Aussi les bas-reliefs des temples mentionnent-ils expressément, derrière toute figure du roi célébrant le culte, que « le roi N.
s’est levé, semblable au soleil, sur le trône d’Horus » (; e tk .n — "7 A O I
Il N.
été
I, ou que « le roi N. est à la
tête de tous les doubles vivants, comme le soleil à jamais »
pliquent l’idée qu’on a renouvelé les cérémonies du couronnement royal, qui est un véritable culte rendu au roi divinisé'.
Ce cérémonial compliqué ne pouvait être exécuté en entier tous les jours, avant chaque service sacré. Les formules du chap. V se contentent d’allusions précises aux rites que je viens d’exposer. L’Horus « qui est sauf à la tête de tous les doubles vivants », « qui lève haut les deux plumes du diadème », c’est le roi couronné à nouveau par son père. La mention de « deux cruches de lait de Toum », qui donnent « le fluide de la vie (sa) à ses chairs », rappelle l’allaitement du roi par les dieux ou les déesses, car nous savons par d’autres textes que le lait conservé aux vases mensaouV est
1. Voir, à ce sujet, la stèle de Piankhi, 1. 98. Ce roi, dans sa conquête de la Basse Ëgypte, va de ville en ville, visitant partout les sanctuaires, y célébrant le service sacré. Arrivé à Memphis. « il alla vers le temple du dieu; une fois faites ses purifications dans la chambre d'adoration (/'a-doun'il), on lui fit tous les rites officiels que l’on fait au roi ; et il entra dans le sanctuaire pour faire une grande offrande à son père Phtah »
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2. La présentation à fSokaris (Mariette, Abj/dos, I, pl. 38 b) de cruches rnensuou de lait s’accompagne de la formule : « Je t’ai lancé l’eau
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laiteuse (besa) qui est dans les deux mamelles de ta mère»; même
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celui de la déesse Isis elle-même, la mère d’IIorus, la mère du roi. — Enfin : « Sokliit et Tliot ont donné au roi vie, stabilité, force » ; lors des couronnements effectifs, le dieu et la déesse (généralement Safkliit) établissent en effet les noms officiels du roi, les inscrivent sur les livres sacrés ou les feuilles de l’arbre de vie Ashed, et assurent à cjui portera ces noms royaux les ressources de vie, force, stabilité, dont disposent les dieux de la magie. Tous les détails d’une série de cérémonies c[u’on célébrait réellement les jours de fêtes solennelles sont donc rappelés dans le texte de notre chapitre. Les jours de service ordinaire, la simple lecture du « chapitre de s’avancer vers le lieu saint » suppléait aux cérémonies effectives des jours de panégyries et à la « royale montée vers le temple' ».
formule pour la présentation du vase à lait (aritit) au dieu Min {Abydos, I, pl. 39 «); dans le rituel funéraire, quand on présente au mort divinisé les cruches'' de inensnou, on dit ; « Voici les prémices de la mamelle d’Horus, de son corps, je les présente à ta bouche ; lait (aritit); voici la mamelle de ta sœur Isis, l'eau laiteuse (bcsa) de la mère que tu as prise pour ta bouche, inensn » (Pyr. d'Ounas, 1. 29-31; cf. Maspero, La table d’ujfrandcs des tombeaux éyiiplicns, p. 14 et n. 1). Dans le cas du chap. V, le roi, fils des dieux, dieu lui-même, reçoit les mêmes rites que tout dieu ou tout mort divinisé.
1 . Au point de vue de la concordance du rituel divin et du rituel funéraire, il est utile de faire remarquer que les rites de purification et de couronnement renouvelé du roi, que celui-ci reçoit en tant que fils des dieux, sont célébrés aussi pour le compte de tout mort osirien, au moment où la divinification de celui-ci est complète. Comme le roi consacré dieu, le mort divinisé reçoit les purifications des dieux Horus, Sit, Thot, Sopou (Ounas,