Abijdüs donne ^ au lieu de Æ’, puis conclu sans autre dé
veloppement : « Dire quatre fois : tu es purifié, tu es purifié. » — La formule des rituels funéraires (Pyr. d'Ounas, 1. 14-18, de Pcpi II, 1. 238- 242, et iSchiaparelli, I, p. 38-39) est, au contraire, aussi développée que celle de notre chap. lix.
4. Le rituel de Moût supprime ce membre de phrase, depuis le début de la ligne 4 jusqu’à àshesh-
RITUEL DU CULTE DIVIN EN ÉGYPTE
Paroles à dire : « Le parfum, le parfum ouvre ta bouche! tu goûtes son goût, chef du pavillon divin. O Amon-Râ, seigneur de Karnak, je te lance l’œil d’Horus. Il a goûté le dégorgement d’Horus, (qui est) le sinàn, le dégorgement de Sit, (qui est) le smàn, ce qui fonde le cœur d’Horus et de Sit, (qui est) le smàn. Ta purification est la purification des dieux serviteurs d’Horus. Purifié, purifié est Amon-Râ, seigneur de Karnak. (Dire) quatre fois. »
La statue divine, une fois établie sur le sable, était purifiée par le smàn, qu’on portait quatre fois autour d’elle. La comparaison avec les rites funéraires ici encore est utile : au début des cérémonies, quand on installait la momie ou la statue sur le sable de la c( chambre d’or », les officiants du culte familial tournaient de même autour d’elle en présentant un parfum qui porte aussi le nom générique de smàn, mais appelé en même temps natron'.
En effet, la formule du natron est, à cette désignation près, la même que celle de notre chap. lix; aussi le tableau correspondant à ce chapitre dans les rituels d’Abydos est-il intitulé : « Faire les purifications avec le natron du Nord et de Sher-Pet. » Il y a donc ici, entre le rituel divin et le rituel funéraire, correspondance d’actes et de paroles.
La fumigation par le parfum smàn avait pour effet d’ouvrir la bouche du mort et du dieu. Ce rite, le plus important peut-être du culte osirien, puisqu’il rendait à la momie emmaillotée et desséchée le libre jeu des muscles,
1. Schiaparelli (Libro doi funerali, I, p. 47) fait d’ailleurs dériver
AA/VWA Q ^iiuiiuti^ O
de Q 1 « natron »; Maspero {La table d’offrandes,
O y, l A'V^A/V^ I 1 1 p. 10, n. 3) se range à cette opinion. Le chapitre du smàn peut donc se
confondre tout naturellement avec celui du natron.
ANNALES DU MUSÉE GUIMET
le fonctionnement des sens, la possession de la parole, ce rite est seulement rappelé ici. La formule, qui identifie les purifications reçues par le dieu ou le mort à celles dont les dieux osiriens bénéficient eux-mêmes, avait à elle seule la valeur de toute la cérémonie de Yàp ro, et pouvait, au besoin, la remplacer'. Aussi mentionne-t-on Yàp ro à propos de ces purifications (cf. p. 208). Pour le mort aussi, quand il était mis au naos, on répétait sommairement les rites de Yàp ro.
Notons qu’ici Amon est appelé « chef du pavillon divin », comme Anubis dans son naos. L’usage de cette formule nous confirme dans l’idée que la statue du dieu a été remise au naos dès le chapitre précédent.