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RITUEL DU CULTE DIVIN EN ÉGYPTE
Conformément à ces nouveaux rites osiriens, les dieux et les morts reçurent des mains de leurs fils, rois ou gens du commun, les huiles, les fards, les bandelettes nécessaires à Fonction et à la toilette des momies. On conserva dans les temples l’image momiforme des dieux et dans les tombeaux les corps emmaillotés des défunts.
Le souvenir du démembrement primitif ne s’effaça point cependant : les formules archaïques qui supposent le dépècement réel des cadavres subsistèrent dans les rituels; mais on y introduisit d’autres formules contradictoires qui interdisaient de trancher la tète ou de frapper les cadavres des dieux et des morts'. Ces contradictions, parfois embarrassantes, sont cependant utiles en ce qu’elles nous indiquent les étapes du culte divin et funéraire en Egypte.
Ainsi, quels que soient les rites employés, l’étre divin pour les Égyptiens, c’est, avant tout, celui qui a franchi le seuil de la mort; aussi peut-on étendre à l’Égypte ces conclusions qu’inspiraient à Fustel de Coulanges l’étude des civilisations primitives chez les peuples de race aryenne : « C’est peut-être à la vue de la mort que l’homme a eu pour la première fois l’idée du surnaturel et qu’il a voulu espérer au delà de ce qu’il voyait. La mort fut le premier mystère; elle mit l’homme sur la voie des autres mystères. Elle éleva sa pensée du visible à l’invisible, du passager à l’éternel, de l’humain au divin b o
Par cette parenté des cultes divin et funéraire, l’Égypte ne s’écarte donc pas des conceptions des autres sociétés primitives; sur bien des points nous retrouvons d’ailleurs
1. Wiedeinann, loc. cit. (de Morgan, Recherches . . II, p. 209-210), donne des exemples caractéristiques. M. J. Baillet a soutenu l’idée que le dépècement des cadavres était un rite préparatoire à la momification, destiné aussi à préserver les corps de la putréfaction (Recueil, XXII, p. 180 sqq.). — Je vois au contraire, dans le démembrement et la momification, deux rites opposés et successifs, l’un impliquant le sacrifice du mort ou du dieu, l’autre sa conservation.