‹ Le rituel du culte divin journalier en Egypte d'après les papyrus de Berlin et les textes du temple de Séti Ier à AbydosChapitre 173 sur 214 · La cite antique, chap. ii · texte numérisé non relu

La cite antique, chap. ii

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

une analogie entre les rites osiriens et les rites divins de riiuinanité entière. La mort d’Osiris, qui a servi de thème aux développements du culte, est une « passion » du dieu qui, par sa mort, ouvre le ciel aux hommes et aux dieux; on retrouve les équivalents de cette idée dans la plupart des religions. En Égypte, comme ailleurs, le culte est « une répétition et une commémoration du sacrifice originel du dieu » ; on ne fait « sortir le dieu vivant de l’épreuve que pour l’y soumettre à nouveau; on compose ainsi sa vie d’une chaîne ininterrompue de passions et de résurrections » ; chaque jour, en effet, le dieu était censé subir la mort osirienne pour bénéficier ensuite et faire bénéficier les autres de la divinité’. L’offrande servie au dieu, en Égypte comme ailleurs, c’est le dieu lui-même sous la forme de son fils llorus ou de sa fille Màït; notion qui n’exclut pas, ici comme dans d’autres religions, cette idée que les victimes du sacrifice sont aussi les adversaires du dieuL Dans les détails du culte, il serait possible de multiplier les observations de ce genre; la déification nécessaire de l’officiant, la pratique des ablutions, des fumigations, la présentation dos voiles, des couronnes, l’endossement de la peau de la bête sacrifiée, la purification par le feu, sont autant de rites qui fout partie du patrimoine commun de l’humanité : aussi est-il utile d’en signaler l’existence dans les pratiques religieuses d’une des plus anciennes parmi les civilisations primitives qui nous soient connues.

L’extrême antiquité de ces rites dans la société égyptienne n’est en effet pas douteuse, malgré l’âge relativement récent des rituels que nous venons de commenter. Les textes d’Abydos ont été gravés sous la XIX® dynastie, les papyrus de Berlin sont de rédaction plus récente encore ; mais le sens et le texte

1. Voir, pour les éléments de comparaison, Hubert-Mauss, Essai sur le sacrifice, p. 127-128.

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