Sur la ixirticule (Aè. cf. Ed. Xaville, Recueil
t. XVill, p. 98. ^ “
Le roi fait RÜsser les verrous.
(Ahi/dOf, I, l>. Ô8. 22' Libleau.)
phète du dieu; c’est le roi qui m’envoie pour voir le dieu. » Le lien du sceau et la terre sigillaire étant rompus, il n’y avait, pour ouvrir la porte, qu’à faire glisser le verrou. Cette dernière opération est définie dans notre chapitre par un titre impropre, « délier le sceau » ; au rituel de Moût et aux textes d’Ahydos, l’intitulé
L=4 I « Cha-
pitre de faire glisser {Utt. passer) le verrou » correspond mieux à l’opération réelle qui est illustrée à Abydos par la figure de la chambre de Harmakhis (22® tableau) où l’on voit le roi tirer les verrous du naos’. Ainsi s’expliquent les paroles : « le doigt de Sit glisse », répétées deux fois parce qu’il y a deux verrous.
La formule indique que le verrou est divinisé, comme tous les objets qui ont un rôle quelconque dans les manipulations du service sacré : mais le verrou, faisant obstacle à la marche du prêtre vers le naos, est identifié au doigt de Sit : le faire glisser constitue sur l’être mauvais une victoire, dont le prêtre et le dieu sont redevaliles à la toutepuissance de l’œil d’Horus (l’âme) qu’on apporte précisément au dieu.
Il est question ensuite d’une peau de bête dchcr, ^
. On en liabille vraiment le dieiC, car la formule parle
1. Aux rituels funéraires des pyramides, le mort osirien ouvre les deux portes du ciel eu dégageant le grand verrou ( | ) et en faisant
glisser
) le doigt
(verrou, sceau.
) du grand
pylône céleste {Tc(i, 1. IGl-lGl; Mirinri, 1. 175-17ü; l’ùpi II, 1. G88; cf. Oiuias, 1. 2G9).
2. Aux rituels d’Abydos (22" tableau), deux textes (Isis et Phtah) ajoutent au mot pcati l’épithète « grande » ^ . ce qui concorde bien
avec l'interprétation proposée ici. Au texte du cliap. ix, ces rituels ajoutent une clausule qui se rapporte en partie à notre chap. xxii.
« sur le dos du dieu ». Il y a probablement dans cette
formule /ic/- .sa un jeu de mot avec sa, « fluide magique », qui se transmettait par des passes dans le dos. La locution hcr sa, « sur le dos, par derrière», évoque par homophonie toutes ces idées simultanément.
ANNALES DU MUSÉE GUIMET
ensuite des couronnes remises à Amon et conclut que le dieu, nu tout d’abord, est maintenant vêtu et ceint de bandelettes. Je vois ici une allusion à un des rites les plus anciens du culte divin et du culte funéraire : l’endossement de la peau de la bête sacrifiée.
Ce qu’était cette peau, l’identité du verrou avec Sit ou le doigt de Sit nous l’indique déjà : c’était la peau d’un des animaux typhoniens, porc, gazelle, vache, mouton, panthère, crocodile, hippopotame (sans parler des poissons et des oiseaux\ qui ont tenté d’avaler l’âme du défunt cachée dans l’œil d’Horus, et qu’on tue pour leur faire rendre gorge. Parmi ces animaux, deux ou trois jouent plus généralement le rôle de Sit : la vache, la panthère, le mouton, et c’est de leur peau qu’il est le plus souvent question. Le nom ordinaire de la peau d’animal est rnesek, et le sens général
du rite de la peau est défini par cette phrase du rituel de
l’embaumement adressée au mort
IIK
I I ŒIID Ci
.nniD « On a fait pour toi les bons rites et les
bonnes funérailles (ou le bon linceuli de la peau de Sit, ton adversaire, pour que ton cœur s’en réjouisse dans ta tombe’ ». — Ce qu’on faisait au mort, on l’avait fait pour Osiris, par conséquent, on le faisait à nouveau aux dieux honorés des rites osiriens : notons dès maintenant que la formule de notre chapitre, | ^^|P cefa le réjouit », apparaît dans le texte funéraire.
Comme d’ordinaire, les rites de la peau nous ont été mieux conservés dans le rituel du culte funéraire que dans le rituel du culte divin. Tout mort doit passer par le « lieu de
1. Les rites de la peau mpurh ont été minutieu.senient étudiés par M. Lefébure dans un article des Procerdinrjs of tho Sociefj/ of biblical Arcliœulo(/ii (XV, p. 433 sqq.j, intitulé ; « l’Otflee des Morts à Abj'dos».