‹ Le rituel du culte divin journalier en Egypte d'après les papyrus de Berlin et les textes du temple de Séti Ier à AbydosChapitre 24 sur 214 · Maspero, Mémoire sur quelques, papyrus du Lourre, p · texte numérisé non relu

Maspero, Mémoire sur quelques, papyrus du Lourre, p

RITUEL DU CULTE DIVIN EN ÉGYPTE

la peau» (j|jP^n mesekt) avant d’arriver à l’autre monde. D’autre part, à la momie inerte, un être vivant peut se substituer pour l’exécution des rites : c’est tantôt Horus ou Anubis, les prêtres du culte funéraire’; tantôt un personnage, le tikanou ("1^^^), dont le rôle est encore mal défini b L’examen détaillé de ces rites nous entraînerait trop loin : ici, le texte indique simplement qu’on affuble le dieu d’une peau, qui doit être « le bon linceul de la peau de Sit ».

Pourquoi revêt-on le dieu de la peau de l’animal? La raison en a été très bien définie par M. Lefébure : « S’affubler d’une peau de victime a toujours paru un des plus sûrs moyens de s’approprier la vertu du sacrifice^ . . » Or, un des effets du sacrifice était de faire dégorger par la victime l’œil d’Horus en qui se cachait l’àme du dieu ou du défunt. « Passer dans la peau de bête » était donc un moyen de rendre au dieu ou au défunt son âme’.

De lâ les emblèmes de peaux d’animaux, qui figurent aux rituels des cultes divin et funéraire. On sait qu’Osiris et Anubis ont l’un et l’autre pour emblème la peau d’animal attachée à un piquet Ab dans laquelle on reconnaîtra peut-

1. Voir les textes cités par Lefébure, dans les Procecdings S. B. A., XV, p. 437-443.

2. Le rôle du tikanou a été signalé par Maspero, Le tombeau de Montouhikhopsouf (Mission du Caire, V), et Lefébure, Le sacrifice humain (Sphinx, III, 3).

3. Lefébure, Procecdings, XV, p. 439. Voir, pour les exemples tirés d'autres mythologies, Hubert-Mauss, Du sacrifice, p. 76, n. 6.

4. Dans le Litre des funérailles (Schiaparelli, 1, 60-66), l’officiant appelé sa/n joue un rôle analogue à celui du tikanou et «se couche», comme celui-ci, dans un linceul qui remplace la peau; le rite a pour résultat que l’ombre du mort, c’est-à-dire une forme de l’âme, est rendue à la momie (cf. Maspero, Études de mythologie, I, p. 298-300).

5. Anubis porte fréquemment l’épithète -||- A//i-oaf, « celui qui est dans les bandelettes funéraires». Or, à Bubastis (Ed. Naville, The festical hall of Osorkon II, pl. VIII. n" 26), la peau ^ représente à elle seule le dieu Ani-out. La peau équivaut donc à l’appareil funéraire

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

être, d’après une vignette du TodtenbucJi' , la peau de la truie ou du verrat, dévorateurs de la lune, en (|ui Sit s’est personnilié. Dans le rituel funéraire, on sait ({u’au moment d’ordonner le sacrilice des victimes typlioniennes, rofliciant « prend une peau de panthère » 1

[1(1 i et s en revêt. Souvent aussi le défunt, (jui reçoit le culte funéraire, est lui-méme revêtu de cette peaiD; on voit, d’ordinaire, dans ce costume l’indication d’une fonction sacerdotale remplie par le défunt de son vivant; peutêtre doit-on y voir une allusion aux « rites de la peau » (pie le défunt a dû subir. Les dieux eux-mêmes peuvent revêtir la peau : à Dendérali, la déesse Safkliit « enveloppe son corps d’une peau de panthère » {inesek JioiU riches

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Ceci permettra de comprendre qu’a Edfou une des salles du culte ait pu s’appeler meskat% et que, dans les

hymnes au soleil, on disait au dieu allant à la mort, c’est-àdire se couchant dans la région occidentale ; « La région céleste de la peau te joint » ^ ). Ainsi que

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le dit M. Lefébure, « le mesek, d’abord simple linceul ou dais de cuir, était donc devenu le mesekt, c’est-à-dire la contrée de la peau du taureau typhonien, où s’engloutissaient les dieux comme les mânes. . . Traverser cette peau ou cette région, c’était se purifier pour passer, par la mort.

des bandelettes. Anubis traverse en effet la peau pour le compte d'Osiris; Ilorus joue le même rôle (Lefébure, ProcecdiiKjs, XV, p. ‘Dd et 41Üj.

1. Chap. c.vx.xviii, vignette où le défunt est en adoration devant l’cmblême du nome Thinite et la peau. Cf. chap. cx.xv, vignette.

2. Schiaparclli, I, p. 83. La pantlière est un animal typhonien.

3. Le défunt est vêtu de la i)eau de pantlière, par e.xemple, dans Lepsius, Denliiii., II, Iff, 83, 93, 97, etc.; cf. pyr. de Téti, 1. 144.

4. Dendèrali, IV, 82; cf. Lefébure, Proceedin/js, XV, p. 437-438.

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