Sharpe et Bonomi, The alabaster sarcophayus, II, B
4. Brugsch, Wôrt., p. 1494; cf. Lefébure, toc. cit., p. 37-38.
5. Ed. Naville, Deir el Bahari, I, pl. XI; II, pl. XLV. Sur le sens de sefekh, cf. Chabas, Recherches..., p. 155.
ANNALES DU MUSÉE GUIMET
verture des portes, le roi-prêtre retirait le voile dont on couvrait la face nue des dieux dans les intervalles du service sacré.
On peut aussi considérer « l’ouverture de la face » comme un rite abrégé de la cérémonie longue et solennelle de « l’ouverture de la bouche et des yeux ». Ce rite était peut-être le plus important du culte funéraire, puisqu’il rendait au corps momifié et emmailloté l’usage de la langue et la puissance créatrice que possède la parole, — puis la vue, l’ouïe, le goût, l’odorat, le toucher, et la liberté des mouvements des bras et des jambes; aussi, de l’époque des pyramides jusqu’à la fin de la période romaine, trouve-t-on dans les tombeaux ou sur les papyrus des éditions abrégées ou complètes, illustrées ou non, des formules employées pour « ouvrir la bouche, les yeux, les oreilles » du défunt'. Le titre ordinaire ap ro se trouve aussi sous la forme oun ro . /i i formule de sens et d’effet analogue, à rapprocher de oun her P qui définit le rite étudié ici. On pratique
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Yap ro ou Voun ro sur les dieux comme sur les morts.
1. Le détail de la grande cérémonie de \'ap ro arouï se trouve dans les rituels des funérailles publiés par Schiaparelli, 1. 1; il faut les compléter par les textes des pyramides et ceux publiés par Dümichen (reproduits en appendice du t. 11 de Schiaparelli). Cf. Maspero, Le rituel du sacrifice funéraire {Études de mythologie, I, p. 283). Dès les textes des pyramides, on trouve une édition très abrégée de \'ap ro ; on se contentait souvent, pour les morts et pour les dieux, d’« ouvrir la bouche » avec les mets énumérés sur la table d’oflrandes (cf. Maspero, La table d’offrandes, p. 71).
2. Voir par exemple Schia^^arelli, I, p. 118 ; le rite d'oun ro a les mêmes effets que Vapro; cf. Lefébure, Mythe osirien, p. 36. Au Todl., chap. LV, 1. 2, le défunt dit : a On m’a donné les souffles rajeunissants, avec
lesquels on ouvre la bouche d'Osiris ( ^ H q), et mes deux
yeux voient » ; ou bien, chap. lvii, 1. 4 : « La bouche du défunt est à lui et ses narines sont ouvertes ) dans Mendès » (cf. Schia-
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parclli. Litre des funérailles, I, p. 105). Le titre oun ro était celui du grand prêtre du nome Létopolite (J. de Rougé, Géographie, p. 10).
RITUEL DU CULTE DIVIN EN ÉGYPTE
Osiris eut le premier besoin de ces rites pour vaincre la mort', et après lui les hommes et les dieux h Au rituel funéraire, l’ouverture de la bouche suit immédiatement le dépeçage des animaux typhoniens et la restitution du cœur ou de Tâme à la momie : c’est précisément le point du service divin où le chap. x nous a amenés. Il semble donc que « l’ouverture de la face » rappelle et résume en une formule et un geste abrégés la longue et indispensable cérémonie d’« ouverture de la bouche et des yeux )), que dans les grandes circonstances on célébrait en son entier '.
1. M. Pierret {Étcdcs égijptolorjiqucs, I) a publié un « Livre des rites
pour Osiris », où il est dit que les prêtres d’Osiris « lui ouvrent la bouche
avec la formule de l’ouverture de la bouche » (
'\J I , p. 24). Dans la suite, le dieu Shou déclare : « Tous les
actes que j'ai faits à mon père Râ lors de la première fois, je les fais à
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Osiris Khontamenti et à l’Osiris (le défuntj N. » (
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N., p. 32). Ici, la première célébration des rites est attribuée
à Râ, parce que celui qui parle est Shou, fils de Râ ; la tradition constante dit que ces rites ont été inventés, pour Osiris, par Isis, Horus,Thot et Anubis. Au Todtcnhuch (chap. lv), c’est le chacal Anubis et Shou qui ouvrent la bouche à Osiris. L’herminette n — , avec laquelle on ouvre la bouche est appelée « l’instrument d’Anubis » (Schiaparelli, I,
2. Au Livre des funérailles (Schiaparelli, I, p. 105 et 161), au moment où l’on a ouvert la bouche du défunt, les textes affirment que le rite a été exécuté avec les instruments mêmes avec lesquels on ouvre la
bouche des dieux du Midi et du Nord (^.
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'=1 parfois on spécifie
que l’opération a été faite à Atoumou et à Phtah {ibid., p. 164). Au Todtenhuch, le chap. xxiii, « Chapitre d’ouvrir la bouche » (
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), dit que « Phtah ouvre la bouche au défunt avec cette lame de
fer dont on se sert pour ouvrir la bouche des dieux » (1. 2-3). — Enfin, au chap. xxxix de ce papyrus, il est dit qu’Amon « ouvre la bouche aux dieux qui sont au ciel ». En ce qui concerne Râ, voir note précédente. 3. Au rituel funéraire, l’ouverture de la bouche peut se faire non pas
Les rites d’(( ouvrir la face » sont accompagnés à Abydos de la figure du prêtre ouvrant à deux mains les portes du naos (cf. Abydos, I, appendice B, p. 78-79; Dendôrah, II, 64 a, et Edfou, I, pl. XII, p. 40). On a vu au cliap. viii que le naos du dieu est une image réduite de l’univers; les portes du naos sont appelées les portes du ciel et de la terre. Le tombeau et le naos où repose la momie représentant aussi l’univers, le même hymne retentit quand on ouvre leurs portes pour y déposer la statue du mort ou sa momie’. A ce moment-là, les textes des rituels funéraires comme des rituels divins mentionnent une offrande des dieux ter-
seulement avec les instruments spéciaux, herminette d’Anubis et autres, mais avec toutes les offrandes présentées au mort. De même, au rituel divin, on ouvre la bouche du dieu avec les grains d’encens ou de natron sman; voir chap. lix et LXiii. A côté de ces rites abrégés, une ouverture de la bouche solennelle est mentionnée, par exemple, au temple de Séti 1", pour Sokaris (Mariette, Abi/dos, 1, pl. 38 i»-39 a), au temple de Dendérah, pour Sokar-Osiris (Mariette, Dendôrah, II, 38). A Edfou, les jours de fêtes solennelles, on faisait le « grand ap ro » à la statue de la déesse Ilathor, quand elle venait rendre visite à Ilorus d’Edfou (Brugsch, Drci Festhalender, pl. VI, 13, X, 3, p. 17). Au temple d’El-Khargeh, une inscription, publiée par Brugsch {Zeitschrift, 1875, p. 53), mentionne les rites « d'ouverture de la bouche dans la salle d’or, et l’ouverture des deux yeux pour Amon, le grand dieu de
Ilib (El -Khargeh) », de la part du roi Darius ( ^ fxsn \/
); dans ce temple, Amon-Râ est si bien identifié à Osiris
qu’il prend le cartouche « Amon-Rà-Ounnofir » {Zeitschrift, 1875, p. 56). Il est à noter que le titre des Livres des funérailles est précisément
« faire l’ouverture de la bouche dans la salle
d’or » (iSchiaparelli, I, p. 22). L’identité des rituels divin et funéraire apparaît ici manifeste.
1. Schiaparelli, Libro dei fanerali, II, p. 217-219 : « L’officiant dit : « Prêtre, mets (le défunt) dans son naos. » Le domestique ouvre les deux portes. — Paroles à dire : « Les deux portes du ciel s’ouvrent, les deux
portes du temple divin ) so'it décloses, la maison est ouverte à
son maître. . . » — la fin, on a la rubrique « amener la porte sur le dieu », titre du 23' tableau dans la chambre d’Horus à Abydos, qui donne une version différente; on retrouve cette formule « amener la porte » à Dendérah (Mariette, III, 48 b, 71 a). — La phrase : « Les deux
RITUEL DU CULTE DIVIN EN ÉGYPTE
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restres, personnifiés par Seb, aux dieux solaires parmi lesquels va s’installer le dieu ou le mort qui reçoit le culte'.
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« Chapitre de voir le dieu ».