‹ Le rituel du culte divin journalier en Egypte d'après les papyrus de Berlin et les textes du temple de Séti Ier à AbydosChapitre 45 sur 214 · Todt., chap. xxx · texte numérisé non relu

Todt., chap. xxx

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RITUEL DU CULTE DIVIN EN ÉGYPTE

même Horus a apporté son cœur à sa mère, de même Isis a apporté son cœur à son fils ...» L’association de ces formules à celle de l’ouverture de la bouche montre la relation qu’il y a entre YAp ro et l’apport du cœur'; l’identité du texte avec celui du rituel divin prouve qu’ici encore l’on faisait aux dieux ce qu’on avait accoutumé de faire après la mort à Osiris et aux mortels devenus osiriens.

La formule très concise, donnée par le rituel du culte divin de tous les jours, pouvait sans doute se développer quand on célébrait pour les statues des dieux la cérémonie de YAp ro dans tous ses détails. Aussi les bas-reliefs des temples' nous montrent-ils le dépeçage des victimes, le transport de la cuisse et du cœur par 1’ « ami » ou l’ a officiant», avec les mêmes rites que dans les tombeaux, lors de la « grande ouverture de bouche ». Il est donc permis de croire que, dans les temples comme dans les tombeaux, on mettait parfois en action des formules plus complètes, dont le chap. XVI ne nous donne qu’un abrégé.

Notons enfin qu’aux termes des rédactions du rituel divin, la remise en place du cœur se pratique réciproquement' de dieu à dieu, et qu’elle n’est pas une singularité du culte

1 . Sous sa forme abrégée, la formule figure déjà aux textes des pyramides de Mirinri, 1. 172-173, de Pépi II, 1. 690-691 (cf. Pépi P\ 1. 110) : « Je t’ai apporté ton cœur, je te le place dans ton ventre; de même Horus apporte le cœur de sa mère Isis ; de même on apporte le cœur de son fils Horus. » Il faut noter que cette formule est immédiatement suivie du récit où est rapporté le cri « Viens à moi » adressé par Osiris à son âme Râ, lors de la réunion de l’âme et du corps divins (voir cidessous, chap. xxiii). On peut considérer aussi comme une variante telle autre formule : « On a fait son cœur au père Pépi ; variante : on lui a pratiqué son emmaillotement. . . » {Pépi 7”, 1. 369; Pépi II, 1. 1145-1146; voir aussi Ounas, 1. 476; Pépi II, I. 746).

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