Litt. : «en ce tien embrassement
5. Ncraou, lierait, est un des noms de l’uræus de la couronne royale ou divine; l’uræus est fille du soleil, elle « rayonne de ses deux yeux ouzaiti » (chap. iv, p. 14), elle est l’œil d’Horus lui-même.
ANNALES DU MUSÉE GUIMET
sans que je sois empêché de revenir sur le chemin, en ce jour, en cette nuit, en ce mois, en cette année où l’on est. Certes, viens à moi, Amon-Râ, pour que tu m’ouvres les deux portes du ciel, que tu disjoignes pour moi les deux portes de la terre, fine tu délies pour moi l’enceinte du temple ’ .
» J’ai vu le dieu! Je suis venu vers lui; ses deux uræus ont fait leur ronde autour de moi. J’entre avec la statue de Mâït pour qu’Amon-Râ, seigneur de Karnak, s’unisse (ou : se complaise) à sa belle Mâït de ce jour. »
A en juger d’après son titre, le chap. xxii (et aussi le chapitre suivant) nous ramène en arrière avant l’entrée du roi-prètre au temple, et fait double emploi avec le chap. v; de fait, le texte mentionne l’ouverture des portes et la « vue du dieu », qui sont autant de moments du rituel détaillés aux chapitres précédents; enfin, les faits relatifs à la quête de l’œil d’Horus et à l’apport de cet œil au dieu, dispersés dans les textes antérieurs, sont, ici, clairement et brièvement condensés. Pour toutes ces raisons, le chap. xxii se pré.sente à nous comme une version résumée des chap. vii- XXI, (jui pouvait, à elle seule, remplacer ceux-ci, car, à Kom-Ombos, par exemple, on la trouve employée isolément*.
Ce chapitre fort important se réduit à l’analyse au développement de deux idées : 1® Thot a fait la « quête » de l’œil d’Horus; il a trouvé l’œil et l’apporte à son maître Ilorus; 2'' llorus, remis en possession de son œil, peut l’ap-
1. L'expression oiüià senti (Oinbos : onûh senti) peut signifier aussi « déployer le cordeau d’enceinte » du temple ( Brugsch, Wôrt., Suppl., p. 1078,1; mais, ici, le parallélisme avec oun et scs/i doit faire adopter le sens « délier », « ouvrir », qu’a aussi ou'/tû (Brugscli, Wôrt., p. 1709).
2. M. von Lemm (Ritualhach, p. 42) pense qu’au début du chap. xxii, le prêtre quitte le sanctuaire, stationne dans la partie antérieure du temi)lc, récite les formules et rentre. Je vois jdutôt cette évolution au début du cliap. xxv (cf. p. 103); le chap. xxii appartenait sans doute à une édition plus abrégée du rituel.
RITUEL DU CULTE DIVIN EN ÉGYPTE
porterai! dieu et lui rendre l’âme qui y est cachée; il embrasse le dieu et le couronne roi du ciel. Le commentaire doit porter sur ces deux points.
1® J’ai déjà énoncé brièvement comment, à la mort d’Osiris, c’est-à-dire à la mort de tout dieu et de tout homme qui reçoivent les rites osiriens, son âme avait pris résidence dans l’œil solaire ou lunaire, ou::a (l’œil d’Horus ou Ilorus lui-même), tandis que son corps gisait à terre privé de son âme. L’œil solaire était sujet à de brusques éclipses, l’œil lunaire y était exposé aussi, mais subissait do plus chaque mois une diminution progressive qui allait jus(|u’à l’anéantissement. L’âme d’Osiris et des dieux ou des êtres osiriens, qui y résidait, partageait ce sort malheureux; aussi, quand le moment était venu de rendre l’âme au corps remis en état par la momification, l’âme avait pu disparaître avec l’œil solaire -ou lunaire’. Il fallait donc rechercher celui-ci
), le rendre
JiU.
ui-ci puisse
a), le retrouver
compter) à son maître Horus‘% pour que cel l’offrir à son tour au dieu ou au défunt.
La quête de l’œil d’Horus, — M. Leféliure l’a démontré \ — se présentait sous des aspects variés. Tantôt, le G" tableau des rituels d’Abydos nous l’atteste, Ilorus partait lui-même à la recherche de son œil ’ ; tantôt un des yeux
1. D’où la formule fréquente « Tâme au ciel, le corps à la terre » (Onnas, 1. 582). Sur Osiris dans la lune, cf. p. 112.