‹ Le Roc-aux-MoinesChapitre 2 sur 12 · I-E ROC-ATîXMOlNKS il · texte numérisé non relu

I-E ROC-ATîXMOlNKS il

dans un autre car venant en sens inverse.

Un écrivain français a dit en parlant d'eux : « Devant leur air entendu, on est tenté d'interroger ces précoces hommes d'affaires sur les bénéfices de leur commerce el le profit qu'ils peu vent en tirer. »

Et c'est vrai. J.es moins bien doués se font cireurs de bottes, une autre profession laissée aux enfants.

Ceux-ci, les petits vendeurs de journaux, ont presque tous des figures in telligentes et avisées, et combien parmi It^s célébrités américaines d'aujourd'hui, combien, a commencer par Edi son, ont débuté ainsi !

Tout eu pomsuivant ses réflexions et. ses observations, Sylvette arriva de vant sa porte et descendit du tram.

L'ascenseur la conduisit au dixième étage d'une maison moderne et pra tique.

Ee terrain se paye, à New-York, an poids des dollars, et les architactes créent des merveilles d'ingéniosité pour tirer le meilleur parti possible de la place mesurée ; le loyer du plus petit appartement confortable atteint

LE BOG-AllX MOÏNES

des proportions inconnues des habitants des villes européennes.

1 /a I ) pai tenien l o h pénètre Syl vette se compose de trois pièces, d'une cuisine et d'une salle de bains.

Les deux chambres à coucher sont petites, mais, sans être très grande non plus, la pièce principale est si bien installée quelle paraît presque vaste.

Une fenêtre-balcon, large et profonde, laisse entrer autant de jour et de soleil qu'il est possible dans la ville des (( gratte-ciel ».

Les quatre coins de la salle ont une attribution différente.

De nombreux rayons chargés de livres, au-dessus d'une banquette d'angle devant laquelle se trouve un guéridon, indiquent la bibliothèque.

En face, on reconnaît le salon au sofa et aux profonds fauteuils garnis de coussins.

De l'autre côté de la fenêtre se trouve un grand bureau carré supportant un casier à cartons verts, des piles de gros livres, des instruments cL optique, de

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longues feuilles de papier couverles dr chiffies et de signes cabalistiques, des compas ; et enfin le quatrième angle est occupé par une table oii, pour l'instant, un couvert élégant et simple attend les convives.

A l'entrée de la jeune fille, un homme d'un certain âge, qui lisait sous la lampe, se lève vivement, et une servante paraît, portant un plateau chargé de plats fumants qu'elle dépose sur la table prête, puis souhaite un rapide bonsoir et disparaît.

l^es domesti(|ues se font en Amérique, à New-York surtout, de plu>s en plus rares, et heuieuses s'estiment les maîtresses de maison de condition moyenne qui peuvent s'assurer le service sérieux et régulier d'une femme de journée. Et encore, ce service ne comprend-il pas certains travaux jugés déshonorants.

Le blanchissage, par exemple, est l'ouvrage des Chinois, et pour rien au monde un domestique ne consentirait à cirer les chaussures.

Cette besogne est réservée exclusivement aux gamins qui étalent leurs caisses et leurs brosses au coin des

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lô îTi r;0< -AUX MOINES

rue:?, ou ;iu\ 1res jeufiies geiiis qui ouvreiiL une boutique pluis ou moins élégante dans laquelle honnnes et femmes vont, à toute heure du jour, au milieu d une eourse, faire remettre en état leurs ehaussures.

Chaque matin, Sylvette s'asseyait, eomme la plupart de ses eoneitoj^^eimes, sur irne des hautes chaises placées cji rang le long d'une de ces boutiques longues et étroites (prV^lte rencontrait sui son chemin et oi^i un gamin accrou|)i à ses pieds se mettait en devoir de l'aire reluire du plus br\ éclat, <'n quelques minutes, sa petite chaussure.

l>onc, a|)rès avoir déposé le plateau sur la table, la femme de ménage de Sylvette avait disparu pour ne revenir que le lendemain.

La jeune lille s'assit en face de son père et se mit à servir le thé, accompagnateur indispensable de tout dîner américain,

— Tu SOI s, ce soir ? dit M. de Lange.

— Oui, père ; Miss Green vient me prendre à 8 heures, en automobile.

Nous allons ensemble à la lecture de Hacheil Gold. Venez avec nous.

— Non, pas ce isoir.

— Je régie lie diî vous laisser seul, \)bve eliéii, mais y) dois donner demain un compte rendu à la Rcvlcw. On dit ces lectures de Sliakespeare fort iiitéressanles. Ilaciiel est, paraîtil, incomparable. On n'a jamais vu cela depuis l'a n n y Kendj le . i^o urtj uoi ne venezvous pas ?

— Je préfère, ce soir, ma trancpiillité.

(kiekjue chose de cliangé dans la \tù\ dr son pèiv i'ra|)]>a Syhetie, <pii se penciia sous I abat jnur pour Icxanjiner plus allentivemenl.

— <.^u'y a-t il, papa ? lit-elle.

M de Lange re[H>nssa la demitraïKbe d<^ rosbif saignant (|ui resta il dans son assiette et prit une mincei tar- \[iw beurrée avec sa tasse de thé.

— J'ai reçu des nouv(dles qui vont te surprendie et sans doute te contrarier, lit-il seulement.

— Des nouvelles i^ Lesquelles P

— De Bourg-Saint-Mathieu. Je vais être obligé de partir sans retard... dans quelques jours, pour la France.

— Qu'y a-t-il ?

— Mon ami, le D' Pierre est mort ;

iiiii présence est indispensable... iii~ gente, au Roc-aux-Moines.

Sylvette, repouissanti gon assileitie à son tour, se leva pour s'approcher de son père.

— Au Roc-aux-Moines ! répéla-t-elle, pour longtemps ?

— Je le crains... je le crois... Le D"" Pierre était chargé de mes intérêts là-bas. Lui mort, personne ne peut le remplacer.

— Oh ! père, partons, partons tout de suite ! Si vous saviez comme je serais heureuse de partir !

M. de Lange se tourna vers sa fille pour la regarder bien en face.

— Sylvette, dit-il, tu connais mon désir... Je ne dirai pas ma volonté y car toi seule est maîtresse de ta vie... Mais si, un jour ou l'autre, tu dois suivre la voie commune et quitter ton vieux père pour fonder un foyer, que ce soit ici, dans ce pays devenu le tien !

Une expression de peine passa sur le visage de la jeune fille.

— Père, fît-elle, pourquoi tenez-vous tant à vous séparer de moi ?

— Me séparer de toi !

— Mais oui ; votre rêve, je le sais

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bien, est d'aller vivre au Roc-aux- Moines, et vous Avouiez me marier ici ! Le père tressaillit visiblement.

— Je ne veux pas te marier, reprit-i!

avec vivacité. Je pense qu'il vaudrait mieux pour toi vivre ici... Je recule à ridée de t'ensevelir avec moi dans un village au fond des Vosges... Mais, dans le fond de mon cœur, je désire te garder toujours près de moi ; je désire que tu y trouves ton bonheur.

— Faut-il donc vous répéter encore que mon seul désir est de vous soigner toujours, en conservant ma liberté ?

Faut-il vous lappeler' à combien de reprises j'ai refusé de me marier ? Ce soir encore, j'ai, une fois de plus, fermé la bouche à Mr Smith, qui était prêt à m'offrir, pour la troisième ou quatrième fois peut-être, son cœur et sa l)ourse.

— Tu ne regretterais rien, ici ?...

Pense que tu quitterais cette vie active pour tomber tout d'un coup au fond d'im désert de tristes sapins, enfoui sous la neige plus de six mois de l'année. Tu abandonnerais lo confort raffiné auquel lu es habituée povu' vivre douze mois par an au fond d'un

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antique prieuré presque en ruines, sans autre compagnie que ton vieux père et une servante... dans le voisinage d'un couple de serviteurs en retraite... âgés, malades et originaux... que Ton ne voit jamais.

— Oui, je sais tout cela, je vous Tai déjà redit bien des fois. Je rêve de repos, de campagne, de grand air et d'espace, et il me semble que des êtres intelligents! peuvent se créer partout une existence agréable et intéressante s'ils savent tirer assez de ressources d'eux-mêmes. J'aurai mes livres, mon travail, car si nous nous étlablissons en Europe, je suisi assurée de conservei^ ma collaboration hebdomadaire à la Review. J'enverrai, de temps à autre, quelques articles à VEvening Nen}^, J'aurai des promenades, des pauvres et... père chéri... pourquoi ne nte permet triez-vous pas de partager vos soucis ?

— Mes soucis .^^... Mes soucis viennent de propriétés... d'affaires un peu embrouillées... de biens difficiles à gérer, dont le D' Pierrei savait se débrouiller... et que je ne veux plus confier à personne.

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— Eh bien ! nouts partironsi avec joie tous les deux. Vous, heureux de revoir votre cher pays ; moi, heureuse de le connaître.

Sylvette embrassa son père qui ta pressa contre lui avec atlcndrissement, puis, se relevant bien vite :

— Et Miss Green qui va arriver, dilelle, et je ne serai pas prèle ! Je cours chanoner de robe.

Quand, un quart d'heure plus tard, la petite silhouette velue de surah bleu foncé à grands ramages blancs eut disparu derrière la porte, M. de Lange se Itna, et, poussant un profond soupir, se mit à arpenter la salle de long en large d'un air préoccu|)é. Après quelques instants d'ime promenade silencieuse, il ouvrit une f)orte et |)énétra dans la chambre de sa lille.

La lumière d'uiue ampoule électriqu(^ suspendue au plafond tomba sur une table de travail couverte de livres et de papiers.

Des rayons chargés de volumes aux reliures sérieuses faisaient face à une

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petite armoire de chêne sculpté, au panneau central formé d'une glace longue, et, dans un coin, le lit étroit de cuivre doré était recouvert de taffetas d'un vert ancien, d'une nuance morte pareille à celle des rideaux dont se drapait la fenêtre.

Seules quelques roses jaunes, trois superbes « gloires de Dijon » qui s'épanouissaient dans une flûte de cristal, mettaient une note féminine dans l'ensemble sérieux.

M. de Lange fit le tour de la petite pièce, puis s'assit dans le grand fauteuil de cuir fauve placé devant le bureau.

De larges feuilles blanches, d'autres couvertes de lignes serrées, s'étalaient sur la table.

Le père prit, un à un, quelques volumes placés ï* portée de sa main :

des dictionnaires ; quelques ouvrages anglais, français et allemands : Corinne, un volume de la Légende des Siècles, une brochure de Lenôtre, la Captivité et la mort de Marie-Ajitolnette, dont les pages annotées en anglais prouvaient l'intérêt de la lectrice pour cette époque de notre histoire ;

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un volume de Tennyson, un poème de Schiller, puis trois ouvrages de Franz Millier, dont les pages indiquaient une lecture fréquente.

M. de Lange parcourut longuement plusieurs passages de chacun de cas trois derniers volumes où Fauteur décrit, dans un style élégant et sonore, la vie de son pays, raconte les vieilles légendes lorrain^^s ou chante l'intense poésie et la beauté sauvage des forêts noires et des « ballons roux ».

De nombreuses « coupures », les derniers nrmiéros des journaux où SylveMe écrivait, s'amoncelaient sous un pressopapier.

Le père relut plusieurs artic^s sur les sujets variés que traitait la Reviev) ou la Page Féminine de VEvening 'Sc'ws : actualités, modies, critiques, etc., bien écrits, d'un style élégant et simple comme leur auteur, dont quelques-uns même étaient remarquables, surtout ceux où Sylvette rendait compte des œuvres de plusieurs de ses concitoyennes entièrement dévouées à la classe ouvrière.

La patiente énergie, l'effort continu de ces femmes généreuses fopl des

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merveilles et parviennent à adoucir la terrible misère du pays des dollars, à inspirer confiance à des êtres aigris ou ensiauvagés et à les aider à se suffire et a se relever en rendant, le plus possible, leur misérable travail attrayant (^t leur vie agréable.

Plus d'une heure passa ainsi en lectures et en réflexions silencieuses. Puis M. de Lange se leva et dit en jetant autour de lui un dernier regard satisfait :

— J'avais tort de m'inquiéter ; c'est une de Lange dans F A me, les Pambrey son t va i ncus ! . . . Partons donc. . . Mais mieux vaut, peut-éire, ne rien lui dire encore... Après tout, la maison est assez grande poui^ les contenir toutes les deux sans qu'elle s''en doute, et le hasard est souvent un bon conseiller.,.

Laissons-le agir...

Puis it rentra do nouveau dams la grande salle et fut bientôt plongé dans les livres et les calculs qui absorbaient la plus grande partie du temps qu'il ne passait pas au club de la Société astronomique, dont le Français Xavier de Langa était l'un des membres les plus distingués.

Un peu après ii heures, Sylvette descendit devant sa porte de rautomobile de raroie qui la ramenait, et, sanlant dans rascenseur, fut bi^ntol dans le petit appartement où elle trouva son père absorbé dans sa lecture.

Pour le vieux savant, ces quelques heures avaient passé comme des minutes.

Quand, un quart d'heure plus tard, Sylvelte se retronva senle dans sa chaml^re, elle se laissa tomber dans le fauteuil placé devant son buirean ef, ap- (uiya sîi léle au dossier, dnn air lassé.

Après cinq minutes d'immobilité, les yeux fermés, elle se redressa, prit à son tour l'un des volumes de Franz VluUei', fenillelés par son |)èrei quelques bernes plus tôt, et parconrut plusienrs pa^es avec atlention.

— Gomment hésiter une seconde !

mm mura I -elle cnli n en reposa n I 1 o livre. Ici, l'existence brûlée, le travail à outrance sans une minute pour se sentir vivre ; le labeur égoïste ne permettant pas de disposer d'une seconde paujT voir vivre les autres et les aider,

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peut-être, autrement que par l'abandon facile de quelques maigres dollars. Une vie active, intellectuelle, certes, mais qui est surtout la chasse à l'argent dans la cohue qui se le dispute, avec, pour idéal, un Hroit coin de ciel. Là-bas, le repos... Enfin !.,. Le grand repos dans un travail aime fait à loisir et seulement aux heures où Ja plrune se place d'elle-même entre les doigts... Les promenades à petits pas dans la vraie campagne où, sans lever la tête, on peut voir le ciel de tous côtés ; dans votre beau pays, Franz Millier, que vous m'avez fait si bien connaître. L'hiver, de longues lectures devant la flamme des bûches d'une immense cheminée, et de bonnes grandes nuits où l'on peut dormir... Ah ! dormir... Plus de travail nocturne où le cerveau s'use, plus de journées de dixhuit heures où la tête s'en va... Une vie large avec, sans doute, le (uiait de ce que nous dépensons ici, et donner le reste. Oh ! oui, surtout, surtout, se donner soi-même ; pouvoir, dans un cercle étroit, soidager plus facilement. Bourg-Saint-Mathieu, un village de deux mitle aruv^s à peine, je crois,.,

Cela doit être, le paradis ierresire.

Elle se leva, enleva sa robe, prit dans un long peignoir blanc de laine douce, un long peignoir b^anc de laine douce, et ouvrit la fenêtre où elle s'appuya.

A cette hauteur, et dans ee quartier un peu éloigné du centre, la vue s'étendait assez loin, c est-à-dire que la haute maison moderne de douze étages dominait d'autres maisons plus petites et anciennes, appelées à disparaître prochainement comme leurs voisines déjà démolies pour faire place à de nonveaux ((gratte-ciel ».

Sylvette leva d'abord la tête et contempla un long moment quelques étoiles un peu voilées, visibles dans l'étroit espace de ciel.

Puis son regard tomba sur une place qu'il connaissait bien pour s'y reporter ainsi chaque soir, c'est-à-dire sur de nombreuses fenêtres éclairées dans les vieilles mxaisons dont la façade donnait sur une petite rue voisine.

Plusieurs de ces feinêtres à guillotine étaient ouvertes ; d'autres, dépourvues de rideaux, permettaient de distinguer quelques silhouettes dans la clarté de la chambre.

cyéiaioiil des Iravailleurs pauivres (luiii ia tâche du jour n'était t;aiLs doute pas teraiinée ou qui, rentrés dr la fabrique ou de râtelier, repreiiaieul une autre besogne. Travailleurs et travailleuses sérieux, ignorant le cabaret ou le ehib.

Sylvclte regarda longuement, une a LUie, les l'enêtres claires, puis ses yeux se I élevèrent de nouveau vers les jH'tites étoiles voilées, à denii éclipsées par la clarté aveuglanlo de Timmense (ilé, et elle niurinura :

— O Christ ! Je ne sais (>as le lV\ru prier, mais de toute mon ame je crois en toi et j'a|)|)rendrai peut être un jour à m'agenouiller souvent avec ferveiu' counne les petites Lorraines de Franz \hdler... Toi qui as tant aimé les pauvies, aie pitié de tous ceux qui souffrent... Il y eri a tant!... Il y <*n a tant!.-. De lout-e mon ame, je le prie pour eux.

lllevé(î dans un milieHi piotestant par un père indifférent, bien que baptisée catholique romaine, la jeune fille pratiquait sa religion d'une manière assez vague, se contentant de la communion pascale et d'une messe basse le di-

manche quand les exigences de son métier lui permetlaient de se rendre à la chapelle catholique, très éloignée.

l^t c'était déjà très beau que, dans le milieu où elle vivait, dans le tourbillon de la chasse aux dollars, coiirme elle disait, elle eût pu conserver à peu près intacte la foi dans son Eglise.

Chaque soir elle faisait ainsi, à hi fenctre, sa prière originale, qui, dans sa simplicité, devuit monter tout droit au cœur de Dieu ; mais, cette fois, elle resta plus loiiglcnq^s que d habitude, et lant qu(^ les |nmvres travailleuis luuassés coidirmèrent leur tiH-lic de misère, Sylvetle |»ïia pour eux dans 1 ombre.

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