LE ROCHER DE SISTTHE
MONTBEL, très-embarrassé.
Mais rien! n’écoutez donc jamais les femmes, il faut toujours qu’elles se fassent plaindre, même pour les souffrances d autrui . Plus tard, vous dis-je, nous discuterons toutes ces graves question, monsieur le diplomate.
HENRI
Il n’y a pas de danger, n'est-ce pas?
MONBEL.
Non, non ! (a Madeleine.) Venez-vous, mon enfant?
MADELEINE, qui causait avec Léonard.
Je vous suis, docteur.
HENRI
Que dis-tu là tout bas, à Léonard? Je parie que vous complotez quelque bonne œuvre.
LÉONARD, souriant.
Je n’en sais trop rien.
MADELEINE, avec reproche.
P Ah ! Léonard! (a Henri.) Tout à l’heure, mon ami, j ai vu deux paysans qui grelottaient sous la pluie dans la cour de 1 hôtel ; l’envoyai savoir ce qu’étaient ces malheureux : ce sont deux pauvres Bourguignons qui attendaient le retour de monsicui le marquis. Pauvres et vos compatriotes! c’est là, vous 1 avouerez, un double litre à ma sympathie, et je veux pour eux une aumône libérale.
HENRI
J^Tu as raison, cher ange adoré : qui donne au pauvre, prête à Dieu !
Alors, ce n’est plus de la charité, c’est de l’usure. madeleine.
Encore!...
LÉONARD
Je vous assure que c’est un mauvais placement.
HENRI
Madeleine ne peut se tromper.
léonard.
Veux-tu me permettre de te contredire?
HENRI
Si je uc le le permets pas, prends-en.la permission sur toi.
LÉONARD
Eh bien! faites votre aumône, et lorsqu’elle sera tombée de votre cœur dans les mains tendues par ces drôles, je vous éclairerai sur le compte devos obligés.
MADELEINE
Oui, certes, et je vais vous confondre.
HENRI, regardant au dehors.
Le fait est qu’ils paraissent bien malheureux!